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29 juillet 1981

Mariage du prince Charles et de lady Diana Spencer au Royaume-Uni

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Le Royaume-Uni est en liesse alors que le prince Charles, héritier direct au trône britannique, unit sa destinée à celle de lady Diana Spencer dans la cathédrale Saint-Paul de Londres. De nombreux chefs d’État étrangers assistent à ce « mariage du siècle » qui aurait également attiré environ 750 millions de téléspectateurs à travers le monde.

Le prince Charles, fils aîné de la reine Elisabeth II et du prince Philip, est né le 14 novembre 1948. Premier héritier à la couronne britannique, il portera le titre de prince de Galles. Cette situation accentue l’intérêt de la presse pour ses relations féminines, dont celle qu’il a avec Diana Spencer en 1980. Descendante d’une famille célèbre, celle-ci est assistante dans un jardin d’enfants. Les fréquentations mènent rapidement à une demande en mariage en février 1981. Cette annonce suscite un grand intérêt au Royaume-Uni. La jeunesse de la mariée, 20 ans alors que Charles en a 32, et le fait qu’elle n’a pas de sang royal, ce qui est peu commun pour l’épouse d’un prince héritier, donne à cette union l’image d’un « conte de fées ». Le 29 juillet, plus d’un million de Britanniques sont dans les rues et environ 750 millions de personnes devant leur téléviseur pour assister au « mariage du siècle » qui se déroule dans la cathédrale Saint-Paul de Londres. Plusieurs souverains d’Europe ainsi que d’autres chefs d’État étrangers, comme le nouveau président français François Mitterrand, sont présents pour l’occasion. Arrivée au bras de son père, la mariée, qui portera le nom de princesse de Galles, prononce ses vœux sans jurer obéissance à son époux, un précédent pour un mariage princier auquel ce dernier est consentant. La somptueuse cérémonie et les festivités l’entourant auraient coûté quelques 48 millions de dollars. Cette somme suscite des critiques, particulièrement à un moment où le Royaume-Uni vit une période économique et politique difficile, dont la menace terroriste de l’Armée républicaine irlandaise et la mort récente de l’activiste irlandais Bobby Sands. Le couple princier aura deux enfants, William et Henry (Harry), avant de se séparer en 1992, puis de divorcer en 1996. Diana décédera dans des circonstances tragiques en 1997, alors que Charles se remariera le 9 avril 2005 avec Camilla Parker Bowles.

Dans les médias...


Bernard Brigouleix, « Le mariage princier a été célébré comme une grande fête du nationalisme »

«...On attendait, au mieux, un grand hommage populaire à la famille royale; au pire une de ces démonstrations de niaiserie collective par lesquelles les foules manifestent parfois leur passion pour les amours célèbres. Ce fut une des plus fortes, une des plus vivantes explosions de nationalisme qu’ait connues la Grande-Bretagne [...] Ce qui frappait, c’était le caractère national et même nationaliste du rassemblement. Impression d’autant plus forte que ce public était bien davantage composé de jeunes que de vieilles dames [...] Ce mariage était, en un sens, un défi à la misère des temps, à l’effacement d’un empire, à l’impopularité extérieure, aux divisions intérieures. Bref, à soi-même et au monde. On avait fini par se demander si ce très vieux navire ancré à quelques encablures de l’Europe et que l’on appelle le Royaume-Uni existait toujours malgré les tempêtes. Un million d’Anglais, toutes étiquettes confondues ont répondu mercredi : c’est oui. »

Le Monde (France), 31 juillet 1981, p. 6.

Michel Capron, « Mariage au Royaume-Uni : un cocktail très britannique »

«...Dans le concert assourdissant de la presse et des medias se surpassant en qualificatifs d’extase devant le mariage du siècle, trop rares furent, à mon sens, les commentaires critiques situant cet événement dans le contexte économique, politique et social actuel de la Grande-Bretagne. Et ce contexte contraste violemment avec le faste affiché par la couronne britannique : tandis que défilaient carrosses et gardes chamarrés, que se déroulait à Saint-Paul la traine sans fin de la mariée, que des dizaines de milliers de spectateurs excités brandissaient des drapelets « Union Jack », que des milliers de flics, déguisés ou non, veillaient au grain, le Royaume comptait 2,6 millions de chômeurs, connaissait de nouvelles nuits d’émeute à Liverpool et laissait au bagne de Long Kesh deux jeunes militants de l’IRA mourir à petit feu. Une pareille hypocrise, des dépenses fabuleuses (par exemple 800.000 FB pour le seul gâteau de mariage!) en une des périodes de crise les plus brutales qu’ait connues le pays, cela a de quoi révolter. »

Revue nouvelle (Belgique), septembre 1981, p. 174-75.

Jean Pellerin, « Pourquoi les cérémonies royales fascinent-elles tant de gens? »

«...Qu’y a-t-il donc, dans ce genre de spectacle qui, non seulement fascine, mais impressionne et souvent même émeut un très grand nombre de personnes? [...] Les esprits forts ont beau s’en moquer, mais les traditions – surtout celles qui se rattachent au pouvoir et qui, telle la monarchie, prennent racine dans la nuit des temps – ont de quoi imposer le respect sinon la vénération. On peut en dire autant de l’onction et du faste des rites qui, de tout temps, ont accompagné les cérémonies de la Cour et de l’Église. Au Moyen Âge, les grandes cathédrales étaient conçues en fonction des rites et traditions auxquels l’homme reste attaché beaucoup plus qu’il n’ose se l’avouer. En Angleterre, c’est incontestablement la Couronne qui incarne le mieux la continuité. Les partis se chamaillent et se succèdent, mais la Couronne demeure, sereine et immuable, au-dessus de la mêlée. De plus, on peut ajouter que la vénérabilité de cette continuité est due au fait que la monarchie britannique s’est toujours efforcée d’écarter du trône tout scandale qui pourrait en ternir l’éclat. On ne peut nier que la reine Elisabeth II a toujours eu une conduite irréprochable, même si sa famille a pu parfois se rendre coupable d’incartades. »

La Presse (Québec, Canada), 30 juillet 1981, p. A6.

Jay Cocks, « Why Ever Not? »

«...This was a day of rejoicing that suggested, at a time of violence and unccertainty, nothing less than a national renewal. Three-quarters of a billion people the world over watched the full panoply of the British monarchy and discovered, behind the gilded coaches and swirling colors, a grand but homey occasion. A family affair, laid on for love. The world has wondered often enough why the British cling to their monarchy. The British have frequently bestirred themselves to reply, sounding off in essays, epistles to the Times and innumerable speeches, all of which sounded as muck like pep talks to the home team as reasoned answers to a curious – and sometimes bemused – off-island audience. As Leonard Mather, 50, a spectator along the processional route, put it : « We haven’t got much any more in this country, but we do have our monarchy. It’s a big part of what gives us self-respect. » […] If anything, the new Princess seems to have stirred a heightened interest in the monarchy among the young, probably because she gives them, at last, some representation. « Since Lady Diana has come on the scene, the royal family have sort of come alive for me, » says Rosemary Harrison, 18, who spent three nights with her mother camped out along the mall. »

Time (États-Unis), 10 août 1981, p. 11 et 18.

Gouvernance et gouvernement [ 29 juillet 1981 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IIMargaret Thatcher

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1976 - 1986



juin
1976
Proclamation de l'indépendance des îles Seychelles

décembre
1977
Remise du prix Nobel de la paix à Amnistie internationale

mai
1979
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Margaret Thatcher

mai
1979
[Résultats] Élections législatives

août
1979
Attentats contre des cibles britanniques revendiqués par l'ARIP

juillet
1981
Mariage du prince Charles et de lady Diana Spencer au Royaume-Uni

juin
1983
Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Margaret Thatcher

juin
1983
[Résultats] Élections législatives

mars
1985
Fin d'une grève des mineurs au Royaume-Uni

juillet
1985
Présentation du concert musical Live Aid


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