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6 février 1952

Décès du souverain britannique George VI

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

George VI

Après 15 années de règne comme souverain du Royaume-Uni, George VI décède d’une thrombose coronaire le 6 février 1952 à l’âge de 56 ans. De nombreux hommages du pays et de l’étranger sont rendus au défunt alors que sa fille aînée, la princesse Elizabeth, lui succède sur le trône à l’âge de 25 ans.

Né le 14 décembre 1895 sous le nom Albert Frederick Arthur George, George VI accède au trône le 11 décembre 1936 à l’âge de 40 ans. Ce couronnement fait suite à l’abdication de son frère aîné Édouard VIII, qui a choisi d’épouser une divorcée américaine. La réputation de la monarchie britannique ébranlée auprès de la population, le nouveau roi opte pour le nom George VI, exprimant une volonté de stabilité et de continuité avec son père, George V, décédé en 1935. George VI, qui a une formation militaire, est un homme effacé, peu flamboyant et en proie au bégaiement. Le climat de tensions en Europe l’amène à effectuer des tournées en France et en Amérique du Nord afin de resserrer les liens avec les alliés du Royaume-Uni, avant que la guerre n’éclate en septembre 1939. Au lieu de quitter le pays, comme il leur aurait été possible de le faire, le roi et sa famille demeurent à Londres pendant le conflit et partagent ses affres avec la population, ce qui leur vaut l’estime des Britanniques. Ils deviennent même un symbole de leur résistance face à l’Allemagne. Malgré la victoire alliée, le pays perd de son influence après la guerre, notamment avec l’indépendance de l’Inde et du Pakistan en août 1947. George VI demeure un roi respecté lorsque ses problèmes de santé, forçant l’ablation d’un poumon cancéreux en septembre 1951, commencent à s’accentuer. Sa fille aînée Elizabeth et son époux, le prince Phillip, le remplacent à quelques occasions avant qu’il ne décède le 6 février 1952. Les hommages se multiplient, dont celui du premier ministre Winston Churchill. Des foules immenses respectent le deuil alors que des représentants de plusieurs pays, dont plusieurs têtes couronnées d’Europe, assistent à ses funérailles. Elizabeth succède à George VI à sa mort. L’épouse de ce dernier, la « reine-mère », ne décédera pour sa part que 50 ans après son mari, soit le 30 mars 2002.

Dans les médias...


S.A., « Seize ans de règne »

«...l’abdication d’Edouard VIII fit du duc d’York, qui s’était tenu jusque-là à l’écart des affaires publiques, le nouveau roi d’Angleterre. Le sérieux, la modestie, la discrétion, avec lesquels il devait s’acquitter de ses fonctions dès les premiers moments lui rallièrent vite tous les cœurs. Son attitude pendant la guerre, le comportement exemplaire de la famille royale, confirmèrent la première impression de la nation britannique, qui trouvait dans la maison royale la meilleure image d’elle-même. Le roi George VI, qui avait accompli un voyage en France en juillet 1938, aux États-Unis et au Canada au printemps 1939, s’était rendu en Afrique du Sud en février 1947. Depuis son état de santé l’avait amené à repousser à plusieurs reprises, puis à décommander, la visite qu’il devait faire en Australie et en Nouvelle-Zélande. Il avait cependant prévu une croisière de convalescence au printemps prochain en Afrique du Sud. »

Le Monde (France), 7 février 1952, p. 1.

James de Coquet, « Un Anglais est mort mais l’Angleterre continue »

«...Si l'on s'attendrit sur la mort du roi, c'est qu'il rassemblait dans sa personne les traits et les vertus qui caractérisent l'Anglais moyen: le courage tranquille, le flegme, la courtoisie, cet amour de la campagne et cette pointe de mysticisme qui habitent le coeur de chaque insulaire, une élocution laborieuse et un civisme à toute épreuve -même à l'épreuve de la royauté. En pleurant leur roi les Anglais pleurent d'abord un compatriote, un ami. [...] Le pays le plus démocratique de la terre et le plus farouchement attaché aux droits de l'individu contemplait avec une ferveur religieuse ce symbole de la monarchie. C'était le moment culminant de la cérémonie et l'on sentait que la foule communiait par la pensée. Et, devant ce peuple si féru de rites, si fort de ses traditions, qui regardait s'éloigner son défunt roi comme s'il eût été le Saint-Sacrement, on comprenait pourquoi l'Angleterre avait rompu avec Rome. Parce qu'elle est, elle aussi, une Église au service d'une autre religion révélée: le Britannisme. Demain, au lever du soleil, la triple croix de l'Union Jack flottera de nouveau dans le ciel de Londres en l'honneur d'Elizabeth II. Un Anglais est mort, mais l'Angleterre continue. »

Le Figaro (France), 16-17 février 1952.

Omer Héroux, « Sur un tombeau : L’aurore d’un nouveau règne »

«...L’humanité civilisée s’incline avec respect devant la mémoire de l’homme que la Mort vient si inopinément d’abattre. Il lui avait donné l’exemple d’une vie très digne et, surtout, d’une admirable fidélité au devoir d’état. Quoique né sur les marches du trône, il pouvait espérer que la vie lui épargnerait le terrible fardeau de la couronne. Il devait ardemment souhaiter qu’il en fût ainsi. Tout paraissait déceler chez lui une vive répugnance pour les manifestations publiques. Mais un événement dramatique, et sur lequel il serait pénible d’insister ici, vint le mettre en face d’une obligation tragique. Son frère aîné avait abdiqué. Le cadet n’hésita point à prendre sa place. [...] certaines choses sont d’ores et déjà certaines. C’est d’abord le tranquille courage avec lequel George VI a accepté la succession au trône; c’est aussi la très grande dignité avec laquelle la Reine et lui se sont acquittés de leurs lourdes fonctions. Ils ont ajouté au prestige séculaire de la monarchie. Ils n’ont reculé devant aucune des obligations que leur imposaient ces fonctions. Pas plus qu’ils n’ont songé à quitter leur pays quand la guerre ravageait ses villes, y accumulait les ruines. »

Le Devoir (Québec, Canada), 7 février 1952, p. 4.

S.A., « The King is Dead »

«...In postwar Britain, it was George’s constitutional duty to approve legislation that created the welfare state and wrested from the crown its brightest single jewel, the Indian Empire. Yet in drabe, austere, Socialist Britain, the popularity of the monarchy reached a new zenith. Britons clung to the royal family as the last source of traditional color and ancient ceremony. And the royal family was something much more, though more intangible : the visible embodiment of good form – what the British call « decency. » King George’s quiet courage, his unostentatious persistence in meeting the everyday duties of his job, personified to Britons their own stubborn refusal to be downed by adversity. [...] He had won his people’s hearts in the only way left to majesty, which no longer can stir by bold decisions or amaze by feats of derring-do. He made ordinariness shine. Exhausting himself by faithful performance of the tedious ceremonial rounds, exemplifying in his family life a warm blending of affection and rectitude, he gave his people a standard of conduct to rally to. »

Time (édition canadienne), 18 février 1952, p. 27.

Gouvernance et gouvernement [ 6 février 1952 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Royaume-Uni
ÉlevéGeorge VIWinston Churchill

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1947 - 1957



janvier
1947
Entrée en vigueur de l'étatisation de l'industrie du charbon au Royaume-Uni

juillet
1948
Ouverture des Jeux olympiques de Londres

février
1950
Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Clement Attlee

février
1950
[Résultats] Élections législatives

octobre
1951
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Winston Churchill

octobre
1951
[Résultats] Élections législatives

février
1952
Décès du souverain britannique George VI

mai
1952
Premier vol commercial d'un avion de ligne à réaction entre Londres et Johannesbourg

octobre
1952
Explosion d'une première bombe atomique par le Royaume-Uni

avril
1953
Découverte de la structure de l’acide désoxyribonucléique (ADN)

juin
1953
Couronnement de la reine Elizabeth II d'Angleterre

mai
1955
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Anthony Eden

mai
1955
[Résultats] Élections législatives


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