Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

15 novembre 2018

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11 mars 1990

Proclamation d'indépendance de la Lituanie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Vytautas Landsbergis

L'élection du Parti sajudis et de son chef Vytaustas Landsbergis est suivie par la proclamation de l'indépendance de la Lituanie, une république de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). L'URSS refusera de reconnaître cette proclamation.

Après avoir été indépendante de 1920 à 1939, la Lituanie a été réintégrée au sein de l'URSS en 1939 avec l'adoption du pacte germano-soviétique Ribbentrop-Molotov. Les réformes qui secouent l'URSS pendant la deuxième moitié des années 80 donnent un nouvel élan aux nationalistes lituaniens, regroupés à partir de 1988 au sein du Parti sajudis. Les manifestations se multiplient dans les rues et les élections du 24 février et du 4 mars 1990 permettent au Parti sajudis, ainsi qu'à son chef Vytaustas Landsbergis, de prendre le pouvoir. Le 11 mars, la Lituanie est la première république balte à proclamer son indépendance. L'URSS s'y oppose. Elle impose des sanctions économiques et intervient même militairement au début de 1991. Toutefois, le 5 mars, les Lituaniens se prononcent à 90% en faveur de l'indépendance. En pleine crise, l'URSS reconnaîtra finalement la sécession de la Lituanie en septembre 1991. L'Organisation des Nations unies (ONU) fera de même le 17 septembre. Vilnius est la capitale du nouveau pays qui compte 3,7 millions d'habitants.

Dans les médias...


Suzanne Pourchier, Yves Plasseraud, « Vers l'indépendance des pays baltes ? »

«...Le chemin parcouru en un an est prodigieux et l'évolution des mentalités extraordinaire. Les communistes lituaniens, traditionnels bons élèves, ont rompu les ponts avec la « maison mère » faisant constitutionnellement de la Lituanie le premier État démocratisé de l'URSS. Cette évolution doit être considérée sous deux angles. Elle montre d'abord une souplesse et un sens stratégique remarquable de la part des dirigeants d'un parti communiste réputé orthodoxe; en choisissant l'indépendance, Brazauskas redresse spectaculairement l'image du PC qui reprend ainsi la première place au Sajudis en matière de popularité. Communiste et patriote font pour la première fois bon ménage en Lituanie. Par ailleurs, la revendication d'indépendance officiellement tolérée permet à Moscou de gagner du temps en évitant un « clash » imminent sur la Baltique au moment où le Caucase s'enflamme. Avec la condamnation officielle de tout séparatisme - réitérée par Gorbatchev le 25 décembre devant le plénum du comité central du PCUS - on a là une application exemplaire de la fameuse doctrine des « deux fers au feu ». »

Esprit (France), mars-avril 1990, p. 36.

K.S. Karol, « Bouchées doubles à Moscou »

«...Il n'est pas sûr que la Lituanie puisse former, sur le plan économique, une entité vraiment viable : elle ne peut pas se passer des matières premières que l'URSS lui fournit à des prix préférentiels, et sa production est invendable en dehors du marché soviétique. Devant des réalités aussi contraignantes, la négociation entre Moscou et Vilnius devrait nécessairement aboutir à un compromis, d'autant qu'aucune puissance occidentale n'a reconnu jusqu'à présent l'indépendance de la Lituanie et ne lui a offert son aide économique. Si Mikhaïl Gorbatchev, qui fête justement le cinquième anniversaire de son arrivée au pouvoir, ne veut pas engager la négociation avec les Lituaniens tout de suite, c'est parce qu'il tient à ce que l'URSS devienne le pays des lois. Il a engagé une bataille de longue haleine pour mettre fin à l'arbitraire des époques précédentes. Il veut, dans le même esprit, s'opposer aux faits accomplis, d'où qu'ils viennent, s'ils n'ont pas de « fondement juridique ». D'où le problème vital que lui pose la décision de Vilnius. S'il acceptait la dissidence lituanienne, un précédent serait créé, et il n'aurait plus d'arguments valables à opposer aux républiques bien plus grandes qui seraient tentées de suivre le même exemple. »

Le Nouvel Observateur (France), 15 au 21 mars 1990, p. 44.

Albert Juneau, « L'indépendance de la Lituanie »

«...Il est vrai que la Constitution soviétique reconnaît le droit à l'autodétermination des républiques, mais on ne sait trop quelle interprétation Moscou donnera à ce principe maintenant que l'unité du pays est de moins en moins assurée par la domination du Parti communiste - qui s'effrite - mais par le président, en l'occurrence Mikhaïl Gorbatchev. Le Kremlin écarte, semble-t-il, la méthode forte; il s'est convaincu sans doute que l'indépendance des pays baltes était inéluctable. La question qui préoccupe Moscou concerne plutôt la nature des relations - économiques et militaires - à entretenir avec ces futures nations souveraines et aussi les répercussions de ces mouvements séparatistes sur les autres régions. La plupart des républiques soviétiques occupent une position géographique stratégique, à commencer par les États baltes qui ont un accès privilégié à la mère. Bref, M. Gorbatchev cherchera à gagner du temps de manière à ne pas se laisser déborder par les événements. »

Le Devoir (Québec, Canada), 13 mars 1990, p. 6.

Éditorial

«...Lithuanians are nonetheless aware that their political destiny still depends on the Soviet Union. They have now entered into a political dialogue with their captors about the terms for ending their captivity, and that dialogue will be affected by the unpredictable course of events in the Soviet Union. Nevertheless, there will be hard bargaining about the terms of Lithuanian independence. The Soviets feel justified in demanding compensation for « investments » in Lithuania's economy. Lithuanians feel equally justified in demanding reparations for the hundreds of thousands of their compatriots deported, murdered and imprisoned by the Stalinist regime that seized their nation. Whatever the practical outcome of those negotiations, the Lithuanian independence movement has already blazed a path for Soviet citizens. Even Russians may benefit from the Lithuanian example of grass-roots political action culminating in a pluralist democracy. »

The Boston Globe (États-Unis), 14 mars 1990.

Gouvernance et gouvernement [ 11 mars 1990 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Lituanie
FaibleVytautas Landsbergisinformation non-pertinente

Russie
FaibleMikhail GorbachevNikolay Ryzhkov

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie 1980 - 2000



mars
1990
Proclamation d'indépendance de la Lituanie

septembre
1991
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