Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

14 novembre 2018

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8 décembre 1991

Création de la Communauté des États indépendants

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Mikhail Gorbatchev, leader de l'URSS
The Nobel Foundation

La signature du traité de Minsk, qui prévoit le regroupement de la Russie, de l'Ukraine et du Belarus (Biélorussie) au sein de la Communauté des États indépendants (CEI), précède de quelques jours la dissolution officielle de l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS).

L'année 1991 est celle des grands bouleversements en URSS. Après la reconnaissance de l'indépendance des États baltes -Estonie, Lettonie, Lituanie- , en septembre, la Russie, l'Ukraine et le Belarus (Biélorussie) décident le 8 décembre 1991 de former la Communauté des États indépendants (CEI). Le traité de Minsk, que signent le président russe Boris Eltsine et ses homologues ukrainien et biélorusse, prévoit une coordination entre les trois États dans une multitude de secteurs -économie, environnement, affaires étrangères, etc.- tout en favorisant leur transition vers une économie pluraliste. Le 21 décembre, huit autres républiques joignent les rangs de la CEI. Il s'agit de l'Arménie, de l'Azerbaïdjan, du Kazakhstan, du Kirghizistan, de la Moldavie, du Tadjikistan, du Turkménistan et de l'Ouzbékistan. Membre de facto, la Géorgie ne joindra officiellement les rangs de la CEI qu'en 1993. L'existence de l'URSS prendra fin le 25 décembre 1991, mais les questions de défense et les rivalités ethniques ne tarderont pas à aviver les tensions entre les membres de la CEI.

Dans les médias...


Guy Sitbon, «La grande illusion de Mikhaïl Gorbatchev»

«...Pour mettre Gorbatchev dehors, il ne restait plus qu'un seul moyen : mettre fin à l'existence du pays qu'il gouvernait. Si vous êtes président, disons de l'Australie, et que l'Australie sombre dans l'océan Pacifique, vous n'êtes plus président de rien du tout. Avec Gorbatchev, on a procédé ainsi : depuis Staline, la Constitution stipulait le droit des républiques au divorce. C'était pour de rire. Mais puisqu'on avait dit - vous vous souvenez- que maintenant, c'était la liberté, elles ont toutes pris la blague au sérieux et plébiscité leur divorce d'avec Gorbatchev. A Alma-Ata, elles se sont regroupées en club des divorcées qu'elles ont appelé Communauté des États indépendants. Elles ont donné à un général le commandement de l'armée. Comme l'avait fait la Yougoslavie. Elles ont instauré une présidence tournante : comme en Yougosalvie. Chaque république est égale à l'autre : comme en Yougoslavie.»

Le Nouvel Observateur (France), 26 décembre 1991 au 1e janvier 1992, p. 39.

Marie Mendras (propos de), «La Russie en mal d'empire»

«...Eltsine pense être l'héritier d'une structure étatique et d'une structure de pouvoir en Russie alors qu'il hérite d'une ancienne structure soviétique par rapport à laquelle sa position est extrêmement ambiguë : il se pose en héritier de l'URSS, mais en même temps il essaie de créer une légitimité nationale russe. On a vu depuis un an qu'il joue sur les deux tableaux. Il y a là un problème spécifique à la Russie, qui n'existe pas dans les républiques périphériques. Mais le problème structurel principal, c'est le manque de lien entre le pouvoir central à Moscou et les différentes provinces en Russie. Auparavant l'URSS était gérée par un système pyramidal. Cette pyramide fonctionnait plus ou moins bien, elle était contournée, il y avait des fiefs qui s'étaient constitués dans les différentes provinces comme dans les anciennes Républiques, mais malgré tout il y avait un pouvoir central, les directives politiques qui venaient de Moscou et du parti communiste étaient tant bien que mal appliquées. Aujourd'hui cette structure pyramidale est en pleine décomposition, d'où cette situation étonnante où Eltsine dispose théoriquement des pleins pouvoirs exécutifs tout en ayant très peu de moyens de s'assurer que ses décisions sont appliquées.»

Esprit (France), mars et avril 1992, p. 72.

Martine R.-Corrivault, «La vacillante flamme de l'espoir russe»

«...Le mur de Berlin enfin tombé à la fin de l'automne 1989, plus rien ne pouvait protéger le régime, en URSS. Le vent de liberté qui soufflait sur l'Est secouait violemment les volets clos de l'Union. En voulant ouvrir les portes avec ses deux clés, la perestroïka et la glasnost, le réformateur président Gorbatchev risquait d'être emporté par la tourmente qu'il cherchait à contenir. C'est pourquoi il procédait avec une extrême prudence. Aujourd'hui, pour avoir été trop prudent dans la mise en place de nouvelles structures, Gorbatchev doit abandonner le gouvernail à moins patient et moins respectueux que lui. L'URSS vole en éclats et les vieux démons qu'avait neutralisés la puissante machine mise en place par Staline, se réveillent (...) Il faut à la nouvelle communauté, de nouveaux leaders avec de nouvelles idées. Peu d'indices permettent cependant de croire qu'un Boris Eltsine en soit.»

Le Soleil (Québec, Canada), 27 décembre 1991, p. A12.

Éditorial

«...Despite a few tactical errors and slips of timing, his own major actions on the stage of history still seem to him correct and necessary. The last emperor of all the Soviets departed form the Kremlin with a different judgment of his rivals. In lamenting their policy of «dismembering this country», Gorbatchev intimated that he could have held the Soviet Union together, and that those who have pulled it apart are defying the unwritten laws of historical necessity. History will likely forgive Gorbatchev these and other illusions. He proved himself more humane, more enlightened, and more a citizen of the world than his blood-drenched predecessors. The world owes Gorbatchev a debt of gratitude -not for inducing the collapse of communism and the fall of the Soviet empire, but for adapting to the inevitable as deftly and peaceably as he could.»

The Boston Globe (États-Unis), 27 décembre 1991

Gouvernance et gouvernement [ 8 décembre 1991 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Russie
LimitéMikhail GorbachevBoris Nikolayevich Yeltsin

Azerbaïdjan
FaibleAyaz Niyazi oglu MutalibovHasan Hasanov

Arménie
IntermédiaireLevon Ter-PetrosyanGagik Arutyunyan

Kazakhstan
FaibleNursultan Abishuly NazarbayevSergey Tereshchenko

Kirghizstan
Non disponibleAskar Akayevich AkayevAndrey Andreyevich Yordan

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1986 - 1996



février
1986
Ouverture du XXVIIe Congrès du Parti communiste de l'Union soviétique

avril
1986
Explosion d'un réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl

juillet
1990
Ouverture du 28e et dernier Congrès du Parti communiste de l'Union soviétique

juin
1991
[Résultats] Élection présidentielle

août
1991
Proclamation d'indépendance de l'Ukraine

décembre
1991
Création de la Communauté des États indépendants

décembre
1993
Tenue d'élections législatives et d'un référendum en Russie

décembre
1993
[Résultats] Élections législatives

décembre
1995
[Résultats] Élections législatives

juin
1996
[Résultats] Élection présidentielle

août
1996
Signature d'un accord de cessez-le-feu entre la Russie et la Tchétchénie


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octobre
2016
La guerre du Donbass et l'escalade des tensions OTAN-Russie


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