Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

11 décembre 2018

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25 juin 1991

Proclamation d'indépendance de la Croatie

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Franjo Tudjman

La proclamation d'indépendance de la Croatie, une des six républiques qui forment la Yougoslavie depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, est à l'origine de vives tensions et d'un conflit meurtrier qui fera des dizaines de milliers de morts.

La victoire de l'ex-général Franjo Tudjman et du parti de la Communauté démocratique croate lors des élections tenues en Croatie au printemps 1990 confirme la montée du mouvement indépendantiste. Cette situation inquiète la minorité serbe qui souhaite demeurer au sein de la République fédérative socialiste de Yougoslavie. Le 19 mai 1991, les Croates se prononcent à 94% en faveur de l'indépendance avec une possibilité d'association. La proclamation du 25 juin 1991 se heurte à l'opposition du gouvernement de Belgrade et à celle de la minorité serbe. Une guerre civile éclate alors que des provinces à forte population serbe font sécession et se regroupent au sein d'une fédération qui n'est pas reconnue par le gouvernement croate. Il faut attendre le début de 1992 avant que la communauté internationale ne reconnaisse l'indépendance de la Croatie. Un plan de paix est accepté et des troupes de l'Organisation des Nations unies (ONU) dépêchées, mais les affrontements à caractère ethnique persisteront. Au moment de son indépendance, la Croatie compte 4,6 millions d'habitants, dont environ un demi million de Serbes.

Dans les médias...


Joseph Krulic, « Yougoslavie : chronique d'une agonie annoncée »

«...Toutefois, la position croate, dans la mesure où elle voudrait se fonder sur le droit international, se heurterait à des difficultés ; la seule circonstance d'avoir proclamé une indépendance unilatérale, contre l'avis des États européens et de deux république fort conciliantes, la Bosnie-Herzégovine et la Macédoine qui ont tenté de jouer les go between, a fait que la sécession s'est produite par rupture de l'ordre international existant ; certes, la dite sécession s'est faite démocratiquement (90% des voix lors du référendum du 19 mai 1991), mais au nom de quoi décréter que les Serbes de Croatie n'ont pas le droit de faire eux-mêmes sécession dans les quelques communes de Croatie où ils sont majoritaires ? La réponse est soit historique, mais elle est alors insuffisante (la « Croatie historique » du roi Tomislav, qui a régné de 910 à 925 et dont se réclament les nationalistes croates, englobe toute la Bosnie-Herzégovine), soit juridique (le maintien de frontières existantes), mais elle se heurte alors à la difficulté mentionnée : il est difficile de vouloir à la fois briser l'ordre établi et en réclamer le bénéfice ; la hiérarchie des normes juridiques, fussent-elles internationales, ne se divise pas. »

Esprit (France), décembre 1991, p. 133-134.

Marc Epstein, « Yougoslavie : les désarrois du Dr Europe »

«...Plusieurs centaines de civils ont été tués depuis la fin du mois de juin, quand les Slovènes, au nord, et les Croates, plus au sud, ont déclaré unilatéralement leur indépendance. La Slovénie a, pour le moment, magistralement réussi sa sortie de la fédération. Mais la Croatie, elle, doit composer avec le fait qu'elle abrite un nombre important de non-Croates. La minorité serbe, notamment, représente environ 12% de la population. Si la Serbie voisine est aussi nationaliste que les deux républiques déjà citées, elle reste pour sa part attachée à la fédération yougoslave - ne serait-ce que pour de simples raisons économiques. Le conflit est donc aigu, d'autant que les Serbes de Croatie demeurent traumatisés par les massacres perpétrés pendant la Seconde Guerre mondiale par des Croates pro-fascistes. Slobodan Milosevic, le démagogique président de la Serbie, semble déterminé à éteindre les frontières de sa république pour y intégrer les zones croates à dominante serbe. Avec la complicité de l'armée fédérale, les Serbes s'en prennent donc aux Croates (qui rendent les coups), avec une sauvagerie dont les communiqués, de part et d'autre, n'épargnent aucun détail. »

L'Express (France), 16 août 1991, p. 31.

Frédéric Wagnière, « Les frères ennemis serbo-croates »

«...Le gouvernement communiste a cherché à développer un sentiment national yougoslave mais le jour où il s'est révélé inepte et corrompu, les nationalismes serbes et croates sont remontés à la surface. Contrairement à ce qui s'est passé en Pologne, en Hongrie et en Tchécoslovaquie, l'opposition au pouvoir communiste n'est pas venu de démocrates libéraux mais de nationalistes traditionnels. Cela explique pourquoi l'indépendance croate se fait le fusil à la main contre le pouvoir de Belgrade et contre une partie de sa propre population. (...) La déclaration d'indépendance de la Croatie est dangereuse non parce qu'elle modifie l'équilibre politique des Balkans mais parce qu'elle provoquera trop de déchirement humains et de pertes de vie. Si la Yougoslavie a cessé d'avoir un gouvernement effectif, le moment est venu pour les Serbes et les Croates de négocier soit leur séparation soit une nouvelle confédération. Le rôle des pays européens et de l'Amérique du Nord n'est pas d'approuver ou de désapprouver des faits accomplis mais de pousser Serbes et Croates à adopter des structures plus démocratiques avant de négocier leur avenir. »

La Presse (Québec, Canada), 27 juin 1991, p. B2.

Gouvernance et gouvernement [ 25 juin 1991 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Croatie
FaibleFranjo TudjmanJosip Manolic

Serbie
FaibleSlobodan MilosevicDragutin Zelenovic

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie 1981 - 2001



juin
1991
Proclamation d'indépendance de la Croatie

mai
1992
Admission à l'Organisation des Nations unies (ONU)

juin
1997
[Résultats] Élection présidentielle

janvier
2000
[Résultats] Élection présidentielle


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