Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

15 janvier 2019

Pays | Statistiques | Années | Événements | Analyses | Biographies | Vidéos | Documents | Glossaire | Notes | Valeurs | Jeux | Recherche

1 janvier 1993

Division de la République fédérative tchèque et slovaque en deux États séparés

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Vaclav Havel

Des divisions au sein de la République fédérative tchèque et slovaque entraînent la création de deux États séparés qui compteront respectivement 5,3 et 10,3 millions d'habitants : la Slovaquie et la République tchèque.

Minoritaires au sein de la République fédérative tchèque et slovaque, fondée en 1990, les Slovaques expriment rapidement le désir d'une plus grande autonomie politique. Leur mécontentement est exacerbé en 1992 par la décision du gouvernement d'aller de l'avant avec des réformes économiques qu'ils désapprouvent. L'élection du 5 et du 6 juin 1992 révèle l'ampleur du différend. La victoire du Mouvement pour une Slovaquie démocratique de Vladimir Meciar précède de peu l'adoption d'un vote au Parlement slovaque largement favorable à l'indépendance. Des négociations définissant les modalités de l'indépendance sont entreprises. Un vote au Parlement fédéral prévoit la dissolution de la République fédérative tchèque et slovaque pour le 31 décembre 1992 et la création de deux États séparés : la Slovaquie, dont la capitale est Bratislava, et la République tchèque, dont la capitale est Prague. Meciar est le premier ministre de la Slovaquie dont Michael Kovac deviendra le président en février. Vaclav Klaus est le premier ministre de la République tchèque dont le président sera Vaclav Havel.

Dans les médias...


Jean-Claude Eslin, « La Slovaquie à découvrir »

«...Pour nous, il y a cette incompréhensible séparation de la Tchécoslovaquie, liée à notre difficulté à comprendre les passions nationales. Inquiétante cependant, la façon dont la revendication nationaliste slovaque a été aussitôt entendue comme une volonté d'isolement et traitée comme telle, alors qu'elle était peut-être d'abord ou aussi la recherche d'une bonne querelle, d'un conflit avec les Tchèques. Tchèques qui les ont aussitôt pris au mot, comme un père à l'égard d'un adolescent : tu veux ton indépendance ? tu l'as ! Les Tchèques ont laissé partir les Slovaques, ils ont laissé se défaire le pays, pour avancer plus vite vers l'Europe occidentale, vers l'Union européenne, au nom du progrès, sans voir que la République tchèque devenait politiquement plus petite, géographiquement plus dépendante de l'Allemagne, culturellement moins métissée, humainement moins riche. »

Esprit (France), juillet 1994, p. 157.

Marie-France Calle, « Divorce de velours entre Tchèques et Slovaques »

«...Divorce à l'amiable ou fédération à deux vitesses ? Les Tchèques et les Slovaques qui ont résolu de se séparer au 1er janvier 1993 conserveront d'inévitables liens, du moins dans les mois qui viennent, notamment au plan économique et monétaire (une monnaie commune est envisagée jusqu'en juin 1993). Même s'ils se querellent déjà sur le partage des biens. La partition, désormais inéluctable, devrait se passer sans liesse mais sans violence. En clair: il n'est à redouter aucune situation « à la yougoslave » entre Tchèques et Slovaques bien que les incidents racistes deviennent de plus en plus fréquents dans la région. Ils éclatent la plupart du temps en Slovaquie - plus pauvre que la Bohème-Moravie - entre les Slovaques et la minorité hongroise, forte de 600.000 habitants dans cette petite république qui en compte 5 millions (contre 10 millions en Bohème-Moravie). Les matches de football ont jusqu'à présent fourni l'occasion des débordements les plus violents... »

Les Échos (France), 30 décembre 1992, p. 2.

Sylvie Kauffmna, « Les derniers jours de la Tchécoslovaquie »

«...Les événements s'accélérant, les Tchèques, qui sont des gens pragmatiques, ont fini par se faire une raison et paraissent aujourd'hui se satisfaire, à une petite minorité d'intellectuels près, de l'argument selon lequel la partition était inéluctable et que, dans ces conditions, mieux valait en finir de manière civilisée. Les voilà donc seuls, débarrassés du fardeau slovaque. Heureux ? C'est beaucoup dire. « Au bistrot, on fanfaronne sur ces imbéciles de Slovaques. Mais le soir, devant la télé, on pleure », résume un haut fonctionnaire qui, lui, a « arrêté de pleurer cet été », mais dont la femme, « une sentimentale, pleure encore ». Si ordonnée soit-elle, cette séparation est douloureuse. Et ce qui fait mal, ce n'est pas tant de perdre les Slovaques que de perdre la Tchécoslovaquie. Les Tchèques, qui s'étaient identifiés à la Tchécoslovaquie, doivent aujourd'hui se redéfinir - un effort que n'ont pas à fournir les Slovaques. La nation tchèque, l'Etat tchèque, qu'est-ce que c'est ? »

Le Monde (France), 30 décembre 1992, p. 1.

Frédéric Wagnière, « La vie de Bohême »

«...Née des décombres de l'empire austro-hongrois en 1918, la Tchécoslovaquie avait disparu une première fois en 1939 pour renaître six ans plus tard. Cette fois, le démembrement du pays se fait dans la paix et avec un minimum de rancune. (...) Dès la chute des gouvernements communistes en 1989, la Hongrie, la Pologne et la Tchécoslovaquie ont formé un groupe de coopération régionale. Il y a quelques semaines, ce groupe de Visegard est devenu une zone de libre-échange dont les deux nouvelles républiques seront membres. C'est une chance qu'au moment où les liens politiques sont dissous il y ait un mécanisme pour préserver les liens économiques et, même, les développer. La République Tchèque - Bohême et Moravie - attire de considérables investissements étrangers à cause de sa longue tradition industrielle. Son économie pourrait rapidement s'intégrer à celle de l'Europe de l'Ouest. La Slovaquie, en revanche, a une économie davantage développée selon le modèle soviétique et aura besoin d'une période de transition beaucoup plus longue. Mais ni l'une ni l'autre n'aurait profité de l'isolement qu'une longue querelle politique leur aurait imposé. »

La Presse (Québec, Canada), 31 décembre 1992, p. B2.

Gouvernance et gouvernement [ 1 janvier 1993 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Slovaquie
IntermédiaireJan StráskýVladimír Meciar

Tchèque (Rép)
IntermédiaireVáclav KlausVáclav Klaus

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1988 - 1998



juin
1990
[Résultats] Élections législatives

juin
1992
[Résultats] Élections législatives

janvier
1993
Division de la République fédérative tchèque et slovaque en deux États séparés

janvier
1993
Admission à l'Organisation des Nations unies (ONU)

octobre
1994
[Résultats] Élections législatives

octobre
1998
[Résultats] Élections législatives


Dans l'actualité


septembre
2018
L'assassinat d'un journaliste provoque la chute du gouvernement slovaque

septembre
2016
Victoire amère du Parti social-démocrate en Slovaquie : la montée de l'extrême droite

février
2016
Élections législatives en Slovaquie : un Conseil stable ?

février
2009
La zone euro accueille un 16e membre le jour de son 10e anniversaire

novembre
2006
Regard comparatif : participation électorale Europe de l'Est et Europe de l'Ouest

septembre
2006
Slovaquie : Une coalition hétéroclite prend le pouvoir


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour visionner la vidéo d'introduction
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 6.7.2016