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24 mai 1993

Proclamation de l'indépendance de l'Érythrée

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Issayas Afeworki

Un mois après la tenue d'un référendum auquel plus de 99% des électeurs ont répondu positivement, l'Érythrée, un État de 3,2 millions d'habitants situé aux abords de la mer Rouge, proclame officiellement son indépendance.

Colonie italienne jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, l'Érythrée passe ensuite sous administration britannique avant de faire partie d'un État fédéré avec l'Éthiopie. La décision de cette dernière d'annexer l'Érythrée et d'en faire une de ses provinces marque le début d'une guerre civile que livrent différents mouvements de libération, dont le Front populaire de libération de l'Érythrée (FPLE), à partir de 1970. Le conflit fait des centaines de milliers de morts et de réfugiés avant que le FPLE ne réussisse à s'imposer en 1991 avec la prise de la capitale Asmara. La situation évolue rapidement en faveur de l'accession à l'indépendance qu'approuvent 99,8% des électeurs lors d'un référendum tenu du 23 au 25 avril 1993. L'Éthiopie ne s'opposera pas à la sécession qui est proclamée le 24 mai 1993 en présence du président éthiopien Meles Senawi. L'Organisation des Nations unies (ONU) reconnaîtra rapidement le nouveau pays dont le gouvernement de transition, en place pour quatre ans, sera présidé par Issayas Afeworki.

Dans les médias...


Th. Moosnitec, « Naissance d'une nation »

«...Après trente ans de lutte contre le régime d'Haïlé Sélassié, puis, contre celui de Mengistu Haïlé Mariam, les trois millions d'Érythréens vont enfin pouvoir réaliser leur rêve : se gouverner eux-mêmes. (...) La cause de l'Érythrée est défendable. Les deux pays ne se ressemblent en rien. Addis Abeba est une métropole où se côtoient immeubles de béton et cabanes de tôles ondulées. Tandis que la capitale érythréenne, Asmara, mêle son style indien à une jovialité typiquement méditerranéenne, comme en témoignent les villas, les cafés et les palmiers laissés par les premiers colons italiens. Mais en dehors d'Asmara, le pays vit dans la misère. Trois personnes sur quatre ne peuvent survivre sans aide alimentaire étrangère et rares sont celles qui atteignent l'âge de 45 ans. Comment vont être accueillis, logée et nourris, les 500 000 réfugiés qui se trouvent actuellement dans des camps au Soudan d'où ils vont participer au référendum et qui souhaitent rentrer en Érythrée ? Dirigée par un gouvernement provisoire, l'ex-province dissidente ne reçoit aucune aide financière extérieure. »

Jeune Afrique (France), 22 au 28 avril 1993, p. 28-29.

Nicolas Jouandet, « La volonté d'indépendance »

«...Finalement, une seule chose n'est pas équivoque en Érythrée : la volonté farouche d'être indépendant. Les résultats du scrutin l'ont largement prouvé (99,8% de « oui » et une participation presque totale) mais plus encore les manifestations massives dans la rue, qui, pendant la période des élections et récemment encore, à l'occasion de la proclamation officielle de l'indépendance, ont indiqué un choix unanime : le souhait d'en finir une bonne fois avec le souvenir de cette guerre contre l'Éthiopie qui a touché toutes les familles érythréennes. L'accumulation des atrocités commises par le régime de Mengistu avait fini par souder l'ensemble des Erythréens derrière l'idée de la séparation. Une question se pose dorénavant : ce projet étant réalisé, l'indépendance était acquise, comment prolonger cet élan national ? Il existe un grand décalage entre la joie immédiate, sans calcul, de l'immense majorité des Erythréens et le sens cataclysmique que les nouveaux responsables veulent donner au changement, un clivage entre la libération, bien accueillie par tous, et la révolution, souhaitée seulement par certains. »

Le Nouvel Afrique-Asie (France), juin 1993, p. 13.

François Brousseau, « L'Érythrée indépendante »

«...L'Érythrée souveraine qui renaît aujourd'hui de ses cendres, c'est l'aboutissement positif d'un long combat, la victoire de l'une des causes « sacrées » (à l'instar de l'Afrique du Sud ou de la Palestine) des internationalistes de tout poil dans les années 70 et 80, et l'illustration, à coup sûr, des difficultés de la transition démocratique. Une transition qui n'est certes pas garantie par la simple grâce de la souveraineté nationale, dans un pays dont l'économie en est encore aux balbutiements et où les armes tenaient encore lieu, il y a peu, de seul argument politique... L'indépendance du nouveau pays était acquise de facto depuis la chute, en 1991, de la dictature éthiopienne (puissance occupante) de Menguistu Hailé Mariam, puisque la libération de la capitale Asmara avait été le fait du Front populaire de libération de l'Érythrée, aujourd'hui au gouvernement. Mais l'indépendance veut-elle dire démocratie ? Pas nécessairement. »

Le Devoir (Québec, Canada), 28 avril 1993, p. A8.

Laurent Bijard, « Ruth l'Érythréenne, fille de guerre »

«...Trente ans de guerre, trente ans de privations. Les Erythréens se sont à peine réhabitués à marcher sur les trottoirs dallés, il n'y a pas si longtemps encore interdits par les soldats fous de Mengistu. Mais c'est tout un pays qu'il s'agit de faire marcher. Tout est à revoir, à repenser, à reconstruire. La tâche du gouvernement d'Issayas Afeworki, un moustachu longiligne et flegmatique, est gigantesque. Ce jeune ex-marxiste en sandales, formé à l'école chinoise, numéro un du FPLE, doit - sous la pression de Washington et de la communauté internationale - se présenter en champion du libéralisme : mettre sur pied une démocratie multipartite, relancer l'agriculture (qui occupe 80% de la population), mettre au point une économie de marché, lancer des privatisations, attirer les investisseurs étrangers... Cela fait beaucoup. Le gouvernement, qui regroupe quelques guérilleros qui ont plus l'expérience du bush et du combat rapproché que des couloirs du pouvoir et des politiques à long terme, cherche encore ses marques. Deux ans après la victoire, l'électricité est revenue, les marchés sont réapprovisionnés, les bus roulent, et le business a retrouvé ses droits. Le pays n'est pas dépourvu d'atouts. Il reste à les exploiter...»

Le Nouvel Observateur (France), 13 au 19 mai 1993, p. 37.

Gouvernance et gouvernement [ 24 mai 1993 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Érythrée
Non disponibleinformation non-pertinente

Éthiopie
TransitionMeles ZenawiTamirat Laynie

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1983 - 2003



mai
1993
Proclamation de l'indépendance de l'Érythrée

mai
1993
Admission à l'Organisation des Nations unies (ONU)


Dans l'actualité


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