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6 avril 1994

Attentat contre les présidents du Burundi et du Rwanda

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Juvénal Habyarimana

Le président du Rwanda, Juvénal Habyarimana, et son homologue du Burundi, Cyprien Ntaryamira, perdent la vie lorsque l'avion à bord duquel ils prennent place est abattu. Au cours des semaines qui suivront, le Rwanda sera déchiré par des massacres qui feront des centaines de milliers de victimes.

Un accord de paix signé le 4 août 1993 interrompt temporairement la guerre civile qui oppose la minorité tutsi et la majorité hutu du Rwanda. Des différends subsistent néanmoins. Ils prennent des proportions sans précédent à partir du 6 avril 1994, date à laquelle le président Juvénal Habyarimana, un Hutu, est tué lorsque son avion est abattu près de l'aéroport de Kigali. Des milices extrémistes hutu se livrent à des représailles sanglantes, exterminant des centaines de milliers de Tutsi et de Hutu modérés. Une des victimes est la première ministre du pays, Agathe Uwilingiyimana, une Tutsi. Les rebelles tutsi du Front patriotique rwandais (FPR) prendront à leur tour l'initiative, poussant des Hutu à se réfugier dans des pays voisins. L'envergure du carnage amènera les occidentaux à déployer davantage de troupes. Elle incitera également l'Organisation des Nations unies (ONU) à mettre sur pied un Tribunal pénal international à Arusha, en Tanzanie. Selon les estimations, la tragédie aurait fait au moins un demi million de morts et plus d'un million et demi de réfugiés.

Dans les médias...


S.A., « Rwanda-Burundi : la poudrière »

«...les Rwandais n'ont connu qu'un pouvoir hutu depuis l'indépendance. Mais les Tutsis devaient faire leur entrée au gouvernement et au Parlement, à la suite d'accords de paix signés, l'an dernier, après trois ans de guerre avec l'armée gouvernementale. Ces accords sont restés lettre morte. La mauvaise volonté dont le président Habyarimana a fait preuve lorsqu'il aurait fallu les faire entrer en application n'est peut-être pas étrangère à sa mort violente. La région des grands lacs, qualifiée de « poudrière » depuis les massacres d'octobre et de novembre derniers au Burundi, mérite plus que jamais cette triste appellation. Dans les deux pays, les déplacements de populations, qui touchent aussi le Zaïre, l'Ouganda et la Tanzanie, accroissent les risques de violences entre ethnies. Et les extrémistes, hutus comme tutsis, risquent de chercher ainsi à profiter de la peur des deux communautés. »

Le Monde (France), 8 avril 1994, p. 1.

S.A., « Comment déjouer le piège colonial »

«...Y a-t-il encore un espoir pour les Hutus et les Tutsis ? Les conditions pour réaliser cohésion nationale, paix et démocratie sont bien difficiles à réunir. Dans les deux pays, toutes les forces démocratiques - et surtout les officiers engagés dans cette voie - doivent se mobiliser autour des valeurs de développement pour tous, des droits des hommes et de la paix. Les familles, les écoles, les universités et les églises doivent aider nos deux peuples à reformer une image positive d'eux-mêmes. Un vaste programme s'impose dans les domaines de l'agriculture, de l'industrie et du commerce. Le règne du droit doit être rétabli. Tout comme une politique axée sur la non-discrimination dans le recrutement des fonctionnaires. Mais punir les responsables des massacres est essentiel. Et assurer l'ordre public avec une police et une armée professionnelles reste primordial. Burundais et Rwandais doivent reconnaître, les uns comme les autres, que le bien et le mal ignorent les frontières ethniques. Il est temps pour nous de nous sauver. »

Le Nouvel Afrique-Asie (France), juillet-août 1994, p. 29.

Frédéric Wagnière, « Au coeur du continent du désespoir »

«...Peu avant l'attentat qui leur a coûté la vie, les présidents du Burundi, Cyprien Ntaryamira, et du Rwanda, Juvénal Habyarimana, écoutaient leur collègue tanzanien leur dire au sujet de l'instabilité chronique de leur pays : « Le moment est venu de dire « non » à une Bosnie devant notre porte. » Comme la sauvagerie de l'attentat le montre, la Bosnie, et même pire, était déjà bien ancrée dans les moeurs politiques. (...) L'assassinat des deux présidents ne doit pas être simplement l'occasion d'augmenter le nombre de casques bleus au Burundi et au Rwanda. C'est plutôt le cri du coeur d'un continent en détresse et on ne peut plus l'ignorer. C'est l'occasion pour l'Organisation de l'unité africaine de faire son examen de conscience et de constater qu'elle n'a ni maintenu la paix, ni assuré le développement. C'est aussi l'occasion pour les Nations unies de reconnaître quelles n'apportent ni l'aide matérielle, ni le soutien politique nécessaires. L'Afrique noire est un continent pas comme les autres, qui a besoin d'un régime de faveur. »

La Presse (Québec, Canada), 8 avril 1994, p. B2.

Éditorial

«...What can the world do besides gape in horrified wonder ? Should it do anything ? After all, Rwanda and Central Africa is of virtually no strategic interest to the United States or most of the West. Furthermore, the United Nations' record on peacekeeping in African civil wars is one of repeated failure - in Somalia, especially, but also in Liberia and Angola. The purely pragmatic case for doing nothing, short of humanitarian aid to the refugees, is compelling. But the horror in Rwanda begs larger questions. If the United Nations is more than just an instrument of big-power security interests, it must assert its principles for peace, human rights and humanitarian concern wherever they are challenged, even under the most trying circumstances. Acting need not mean intervening with peacekeeping forces in the midst of barbarous anarchy, but it most definitely does not mean pulling back in hopeless disgust. (...) By confronting the awful horror (...) we may at least save ourselves from the disgrace of turning a blind eye on inhumanity. »

San Francisco Chronicle (États-Unis), 7 mai 1994.

Gouvernance et gouvernement [ 6 avril 1994 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Burundi
TransitionSylvestre NtibantunganyaAnatole Kanyenkiko

Rwanda
FaibleJuvénal HabyarimanaAgathe Uwilingiyimana

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1984 - 2004



septembre
1987
Renversement du président burundais Jean-Baptiste Bagaza

avril
1994
Attentat contre les présidents du Burundi et du Rwanda

juillet
1996
Renversement du président burundais Sylvestre Ntibantunganya


Dans l'actualité


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