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29 décembre 1996

Signature des accords mettant fin à la guerre civile au Guatemala

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Alvaro Arzu

Les représentants du gouvernement et les chefs de l'Union révolutionnaire nationale guatémaltèque (UNRG) concluent des accords de paix (Accord de paix ferme et durable) visant à mettre un terme à la guerre civile qui déchire le Guatemala depuis plus de trois décennies.

À partir des années 60, de sanglants affrontements entre la guérilla et le gouvernement font plusieurs dizaines de milliers de morts au Guatemala. Les négociations entre les belligérants prennent un nouvel élan au cours des années 90. Lors de l'élection présidentielle du 7 janvier 1996, les Guatémaltèques accordent leur confiance à Alvaro Arzu du Parti pour l'avancement national. Favorable au libéralisme économique, cet ex-maire de Guatemala City a fait campagne sur la promesse de rétablir l'ordre et de mettre fin à la guerre civile. Il procède à des réaménagements au sein de l'armée et obtient un cessez-le-feu avec les rebelles le 4 décembre 1996. Quelques semaines plus tard, des accords de paix sont signés en présence du secrétaire général de l'Organisation des Nations unies (ONU), Boutros Boutros-Ghali. Des dispositions prévoient le démantèlement des mouvements rebelles, une réduction des effectifs de l'armée ainsi que la promesse par le gouvernement de se pencher sur la discrimination dont les Indiens, qui constituent un pourcentage élevé de la population, sont victimes.

Pour en savoir plus: Accord de paix ferme et durable

Dans les médias...


Alain Hertoghe, « Alvaro Arzu, le président artisan de paix du Guatemala »

«...Blanc, blond, aux yeux bleus dans un pays à majorité indienne, accusé par la gauche d'être le « candidat des riches », Alvaro Arzu aura démontré en moins de douze mois qu'il ne se payait pas de mots durant sa campagne électorale. Classé comme conservateur, le candidat Arzu avait promis de remettre « chaque singe sur sa balançoire ». Dans un pays où l'armée régnait depuis des décennies et refusait la paix, seul un représentant des milieux d'affaires pouvait mettre au pas les prétoriens les plus brutaux d'Amérique latine. Avant même d'être président, il avait rencontré en secret les chefs de la guérilla. Aucun homme politique guatémaltèque n'avait jamais osé faire un tel affront aux militaires. Une fois au pouvoir, il prenait part à une manifestation contre l'impunité, avant d'épurer l'armée de ses pires assassins... Fort de cette détermination, son principal conseiller, lui-même un ancien guérillero, pouvait alors conclure rapidement des négociations enlisées depuis des années. »

La Croix (France), 31 décembre 1996, p. 5.

Raymond Giroux, « 472 ans plus tard, le retour des Mayas ! »

«...Le défi était de taille. Il fallait à la fois retourner l'armée dans ses casernes, redonner les terres aux Indiens, rapatrier les exilés, rétablir la démocratie. Les négociations duraient depuis plus de dix ans, dans un contexte où la mauvaise foi d'un gouvernement manipulé par certaines forces occultes débordait de tous côtés. Les âmes de bonne volonté n'avaient que le choix des ennemis à combattre : armée, grands propriétaires, trafiquants. Les paysans mayas, déchus de tous leurs droits, considérés comme des citoyens de seconde zone, obtiennent leur reconnaissance en tant que peuple égal. Ce qui nous apparaît comme une évidence mérite, là-bas, d'être noté: la discrimination ethnique sera désormais considérée comme un délit. Les pourparlers piétinaient jusqu'à l'installation d'un nouveau président, Alvaro Arzu, en début d'année. Riche et conservateur, il a compris qu'un pays ne pouvait se développer quand 80% de la population vit dans la misère alors que l'oligarchie ne paie aucun impôt et refusait tout dialogue avec les partis d'opposition populaire. »

Le Soleil (Québec, Canada), 30 décembre 1996, p. b7.

Éditorial

«...Peace in Guatemala's 35-year civil war is a work in slow but steady progress. The latest contribution, and the piece that can make the process irreversible, is the accord between government and guerrillas on shrinking the military. (...) Guatemala was where the Cold War came ashore in the Western hemisphere. Not till the larger contest was over could its own rescue begin. The genius of the process, which the United Nations guided, was the recognition that what was required was not simply an end to hostilities but the rebuilding of an entire nation and society. The parties agreed that the best way to proceed was to break the process into bite-sized confidence-building pieces. Hence the earlier accords on a general framework, on human rights, on refugees, on a truth commission, on indigenous peoples (a majority), on socioeconomic issues and now on the military, with constitutional reforms and a final flourish to come. »

The Washington Post (États-Unis), 22 septembre 1996.

Gouvernance et gouvernement [ 29 décembre 1996 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Guatemala
IntermédiaireÁlvaro Enrique Arzú Yrigoyen

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1986 - 2006



décembre
1996
Signature des accords mettant fin à la guerre civile au Guatemala

novembre
2003
[Résultats] Élection présidentielle


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