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28 septembre 1996

Prise de Kaboul, en Afghanistan, par les talibans

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Mohammed Najibullah

L'entrée dans la capitale afghane des talibans, des étudiants islamistes armés dont le chef spirituel est le mollah Mohammed Omar Akhund, force le départ de Kaboul des membres du gouvernement et l'instauration d'un régime austère fondé sur le droit coranique.

Trois ans après le départ des troupes soviétiques, en 1989, les islamistes s'emparent de la capitale Kaboul, entraînant le départ du président communiste Mohammed Najibullah. Malgré la formation d'un Conseil intérimaire et l'adoption d'une Constitution provisoire, en 1993, l'Afghanistan reste déchirée par les luttes armées entre les différents peuples qui l'habitent. À partir de 1994, les talibans, des étudiants islamistes d'origine pachtoune, menacent Kaboul dont ils finissent par s'emparer en septembre 1996. L'ancien président Najibullah est exécuté publiquement et plusieurs dirigeants, dont le premier ministre Gulbuddin Hekmatyar et le président Burhanuddin Rabbani, quittent leurs fonctions. Les talibans contrôlent rapidement la majorité du territoire afghan. Ils instaurent la loi islamique (charia) qui impose de sévères restrictions, notamment aux femmes. L'opposition aux talibans s'organisera. À l'automne 2001, elle profitera de l'appui des Occidentaux, décidés à renverser le régime qui protège Oussama Ben Laden, considéré comme le cerveau des attentats du 11 septembre 2001 à New York.

Dans les médias...


Michel Faure, « Kaboul : l'ordre taliban »

«...Une bonne nouvelle : l'ordre règne à Kaboul, après tant d'années d'anarchie qui ont transformé la capitale afghane en un amas de ruines. Une mauvaise : cet ordre est celui des taliban, obscurantistes et violents, qui ont imposé la stricte application de la charia, la loi canonique islamique. (...) Le nouveau pouvoir suscite l'inquiétude des uns - Russie, Inde et Iran - et la sympathie des autres - Pakistan, Arabie Saoudite et États-Unis. Les premiers voient dans le nouveau régime un foyer de fondamentalisme sunnite capable de déstabiliser le fragile équilibre de l'Asie centrale. Les seconds espèrent qu'un pouvoir fort à Kaboul limitera l'influence des chiites pro-iraniens dans la région, mettra un terme au sanctuaire afghan du terrorisme international et instaurera enfin la stabilité des routes commerciales entre les mers chaudes et le coeur du continent. Il s'agit, notamment, de mener à bien le projet américano-saoudien de gazoduc et d'oléoduc reliant, à travers l'Afghanistan, le Turkménistan aux côtes du Pakistan. D'où la prudence de Washington, où l'on dit attendre que « l'ordre soit rapidement rétabli », et où l'on verrait sans déplaisir le retour à Kaboul du vieux roi Zahir chah, exilé en Italie depuis 1973, auquel les taliban ont déclaré ne pas s'opposer. »

L'Express (France), 3 octobre 1996, p. 114.

Kacem Fazelly, cité dans l'article de Frédéric Bobin, « Les talibans veulent raviver le caractère islamique de la société afghane »

«...Mêlant solidarité ethnique pashtoune et inspiration divine, les talibans, qui s'identifient plus à une troupe armée qu'à un courant politique, veulent raviver le caractère islamique de la société afghane. Outre la panoplie habituelle des mesures qui caractérisent les courants fondamentalistes islamiques à savoir le hidjab intégral, le refus de la musique, etc., ils prônent le retour au califat du début de l'ère islamique, ainsi que la stricte application de la charia dans le traitement des affaires de l'Etat, à l'intérieur comme dans les relations avec la société internationale. Selon eux, la charia résout tout. Une autre caractéristique est leur refus du compromis. Il s'agit d'un mouvement visionnaire qui se prétend de vocation divine. Les talibans estiment avoir été choisis par Dieu et, dès lors, ils rejettent toute négociation. De ce point de vue, ils ne peuvent pas être considérés comme un mouvement politique. »

Le Monde (France), 8 octobre 1996, p. 15.

Mahmud Rizvi, « Les taliban et leurs parrains »

«...La situation ressemble à celle des années quatre-vingt. Pour éjecter un régime afghan nationaliste laïc, allié à l'Union soviétique d'alors, les dirigeants américains et les cheiks du Golfe se sont entendus pour fournir des milliards de dollars aux « résistants », pour la plupart ultra-conservateurs. Ces moyens étaient remis aux militaires pakistanais, qui se chargeaient d'arroser leurs chefs afghans favoris, et de former des combattants islamistes. Malheureusement, après la chute du régime pro-soviétique, les « résistants » laissèrent rapidement éclater leurs divergences, moins idéologiques qu'impulsées par l'appât du gain, y compris les revenus du trafic de l'opium. (...) Une multitude de groupes islamistes et leurs petits chefs passablement corrompus ont ainsi régenté la vie dans les différents territoires de l'Afghanistan. Résultat : lassitude des populations afghanes, et même des combattants de base des différents partis. Plus que les étudiants coraniques, ce sont en fait ces combattants qui vinrent constituer le gros des forces des taliban. Au fil du temps, ils ont réussi à regrouper militants et combattants des divers partis islamistes qui pullulent en Afghanistan, pour les réunir en une seule organisation. Et cela, bien sûr, grâce à l'aide de leurs sponsors riches et puissants. »

Le Nouvel Afrique-Asie (France), novembre 1996, p. 56-57.

Éditorial

«...The Freedom fighters who ousted the Soviets and their local clients from Afghanistan 15 years ago have since been fighting viciously and seemingly endlessly among themselves. With the Taliban guerrilla army's sudden capture of Kabul, however, a peace of Islamic fundamentalism seems on the way to being settled upon a small country that perhaps suffered more than any other in the Cold War. Americans have a certain confusion about this result. It is deeply satisfying that the carnage that overtook Afghanistan as and after the Soviet Union invaded and the United States came covertly to the aid of the mujaheddin may be nearing an end. But it is anything but inspiring to see a regime of raw Islamic fundamentalism being imposed forcibly upon survivors whose strongest wish presumably is to get on with the secular recovery of their country. »

The Washington Post (États-Unis), 2 octobre 1996.

Gouvernance et gouvernement [ 28 septembre 1996 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Afghanistan
FaibleMullah Mohammad RabbaniGulbuddin Hekmatyar

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1986 - 2006



septembre
1996
Prise de Kaboul, en Afghanistan, par les talibans


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