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10 juin 1999

Tenue d'élections au Parlement européen

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Parlement de Strasbourg

Les premières élections tenues depuis l'adhésion de l'Autriche, de la Finlande et de la Suède à l'Union européenne (UE), sont marquées par une remontée des formations de droite aux dépens des partis de gauche et de centre gauche.

Les élections au Parlement européen continuent de susciter un intérêt inégal. On observe un taux de participation de 50,6% pour l'ensemble des 15 pays qui y prennent part, le plus faible de l'histoire. Au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, seulement 23% des électeurs se présentent aux urnes. Même si la majorité des gouvernement nationaux sont considérés de gauche, le Parti populaire européen (PPE) et les formations de droite sont en progression par rapport à l'élection précédente. Les travaillistes, au pouvoir au Royaume-Uni, et les sociaux-démocrates, qui gouvernent en Allemagne, sont en perte de vitesse alors que la Forza Italia, de droite, connaît du succès en Italie. Les résultats diffèrent quelque peu en France où les partis de gauche font une bonne performance. Il s'agit des premières élections européennes tenues depuis l'adhésion de l'Autriche, la Finlande et la Suède à l'UE et l'entrée en circulation de l'Euro, en janvier 1999. En juillet, la Française Nicole Fontaine sera élue à la présidence du Parlement européen.

Dans les médias...


Jean-Jacques Roth, « Démocratie virtuelle »

«...Ici une gauche s'écrase, là une droite part en morceaux. Des gouvernements sortent renforcés ou désavoués. L'euro-scepticisme gagne quelques points, mais l'euro-militantisme aussi. Le bilan des élections européennes ressemble à la perception qu'ont les citoyens européens de leur Parlement: un pudding aux pouvoirs incertains, aux décisions mal connues, et dont l'emprise sur la vie des Européens reste excessivement lointaine. (...) les élections européennes s'apparentent à une juxtaposition de sondages grandeur nature, qui permettent aux électeurs de passer leurs humeurs, le plus souvent au détriment des pouvoirs en place. Leur effet est d'abord national, et mesuré comme tel. On ne voit pas que les choses changent tant que le mode d'élection du Parlement n'aura pas évolué, au profit de listes réellement européennes, et tant que les électeurs n'auront pas le pouvoir de désigner les vrais détenteurs du pouvoir communautaire qui restent élus au suffrage direct, dans chacune des nations. La démocratie européenne existe, mais ailleurs que dans l'élection du Parlement qui n'en est, pour l'instant, qu'une manifestation virtuelle et idéalisée, donc immature. »

Le Temps (Suisse), 15 juin 1999.

Nathalie Dubois, « Élections européennes »

«...Onze semaines de guerre au Kosovo ont relégué au second plan une campagne sans relief ni débat. A l'indifférence s'ajoute l'ignorance: plus d'un Européen sur deux (57%) ne sait quasiment rien de la seule institution européenne élue au suffrage direct, selon une enquête publiée par le Monde. Or la campagne s'annonçait prometteuse et en prise directe avec l'actualité. Après la spectaculaire démission, le 16 mars, de toute la Commission Santer, menacée d'un vote de censure à Strasbourg, on allait enfin parler d'Europe, de sa dimension politique, des nouveaux pouvoirs du Parlement européen. Même si le Kosovo a bouleversé ce scénario, « la classe politique européenne n'a pas du tout réussi à capter à son profit la crise de mars, peut-être parce que cette crise dépassait le clivage habituel droite-gauche », note le politologue Yves Mény, directeur du Centre Robert-Schuman à Florence. »

Libération (France), 12 juin 1999, p. 7.

Alain-Gérard Slama, « Des compteurs pour l'Europe »

«...Curieusement, le débat européen actuel rappelle, par ses professions de foi vagues et généreuses l'Europe de l'emploi d'un côté, l'Europe sociale de l'autre, l'idéalisme madré des débats parlementaires du début du siècle, en un temps où la majorité du corps électoral, incapable d'analyser les situations et d'apprécier les actes, se laissait guider par ses sympathies et impressionner par des discours. Par rapport aux campagnes de politique intérieure, qui confrontent les promesses aux résultats, la vie politique européenne paraît singulièrement immature. N'est-ce pas là que se situe la clef du problème ? La prise de conscience qui a accompagné le conflit du Kosovo atteste que les peuples européens n'ignorent pas leur communauté de destin. Les taux d'abstention élevés de cette fin de printemps ne sont pas nécessairement une preuve d'indifférence. Ils signifient, plus simplement, que les électeurs n'ont pas de critères suffisants pour se déterminer. Peut-être se mobiliseraient-ils davantage s'ils disposaient, sur l'Europe, de données comparables à celles qui leur sont communiquées sur le plan national. »

Le Figaro (France), 16 juin 1999, p. 6.

Frédéric Wagnière, « Où est le rêve européen ? »

«...le comportement des électeurs s'explique aussi par les objectifs de leurs chefs politiques, qui n'ont jamais essayé d'élever le débat électoral à un niveau véritablement européen, sur des questions d'importance fondamentale, comme l'avenir de la politique agricole commune ou le besoin d'assurer un lien institutionnel entre la Banque centrale européenne et les instances politiques de l'Union européenne. Cela vient peut-être du fait qu'on voudrait éviter de trop débattre, sur la place publique, des questions qui pourraient faire ressortir des différences nationales et dresser, par exemple, les Français contre les Allemands. Mais il est difficile de tenir des élections démocratiques, sans étaler sur la place publique tous les sujets de discorde. À cela s'ajoute, sans doute, le sentiment chez les chefs politiques qu'un débat électoral, trop franc et trop fondamental à l'échelle européenne, pourrait entraîner des pouvoirs accrus pour le Parlement et son contrôle effectif de la Commission européenne, ce qui ouvrirait la voie à un véritable gouvernement européen, jouissant d'une certaine légitimité démocratique avec tous les pouvoirs que cela entraîne. C'est une perspective qui ne doit pas toujours réjouir le monde politique en France, en Allemagne, et surtout en Grande-Bretagne. »

La Presse (Québec, Canada), 16 juin 1999, p. B2.

Gouvernance et gouvernement [ 10 juin 1999 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Allemagne
ÉlevéRoman HerzogGerhard Schröder

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IITony Blair

Italie
ÉlevéCarlo Azeglio CiampiMassimo D'Alema

France
ÉlevéJacques ChiracLionel Jospin

Espagne
ÉlevéJuan Carlos I de BourbónJosé María Aznar López

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1994 - 2004



juin
1994
Tenue d'élections au Parlement européen

octobre
1994
Élection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Helmut Kohl

octobre
1994
[Résultats] Élections législatives

septembre
1998
Élection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Gerhard Schröder

septembre
1998
[Résultats] Élections législatives

juin
1999
Tenue d'élections au Parlement européen

septembre
2002
Élection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Gerhard Schröder

septembre
2002
[Résultats] Élections législatives

juin
2004
Tenue d'élections au Parlement européen


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