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13 juin 2000

Tenue d'une rencontre historique entre les chefs d'État des deux Corées

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Président de la Corée du Sud, Kim Dae Jung
The Nobel Foundation

Le secrétaire général de la République populaire démocratique de Corée (nord), Kim Jong-il, et le président la République de Corée (sud), Kim Dae-Jung, échangent une poignée de main à l'occasion d'un sommet qui se déroule à Pyongyang, en Corée du Nord.

Des difficultés économiques majeures incitent la Corée du Nord à entreprendre des initiatives diplomatiques afin de nouer des liens avec la communauté internationale. Des négociations mènent à l'organisation d'un sommet qui réunit les leaders des deux Corée à Pyongyang, en juin 2000. Le 13 juin, Kim Jong-il (Corée du Nord) et Kim Dae-Jung (Corée du Sud) échangent une poignée de main historique. L'image fera le tour du monde. Au cours du sommet, les deux délégations s'entendent pour rechercher la paix et travailler à une éventuelle réunification. Une aide financière est consentie par la Corée du Sud alors que des accords permettront à des familles des deux pays de se rencontrer au cours de l'été. On annonce également la libération de prisonniers et la possibilité que les deux Corées marchent derrière le même drapeau lors des prochains Jeux Olympiques. Les ouvertures faites par le président Dae-Jung seront contestées par les parlementaires de son pays. Ses efforts seront cependant récompensés par le prix Nobel de la Paix qui lui sera décerné en octobre 2000.

Dans les médias...


Reuter, « Un geste historique »

«...Quelles seront les effets d'une telle rencontre? Nul ne le sait encore. "L'importance de ce sommet tient avant tout au fait qu'il a lieu", déclarait le président sud-coréen Kim Dae-jung avant de quitter Séoul. (...) Les 27 minutes qui ont marqué la durée d'un premier entretien en tête-à-tête entre les deux dirigeants - une seconde rencontre doit avoir lieu mercredi - n'ont certes pas permis de faire le tour de tous les problèmes accumulés en cinquante années d'hostilités à commencer par le dossier des dix millions de familles divisées depuis 50 ans. Quant à la réunification, de part et d'autre du 38e parallèle où se situe la ligne de démarcation entre les deux Corées, on sait qu'elle n'est pas à l'ordre du jour et que toute référence à l'exemple allemand est à peine pensable tant la situation dans la péninsule est différente et qu'un tel événement précipité n'est souhaité par aucun des protagonistes coréens et encore moins par les principales puissances américaine et régionales. »

L'Humanité (France), 14 juin 2000, p. 14.

Frédéric Koller at al., « Kim Jong-il ôte son masque et brise les conventions pour accueillir Kim Dae-jung »

«...De part et d'autre du 38e parallèle, le changement d'attitude depuis une année est manifeste. Mais que peut-on attendre d'un tel sommet? Symboliquement, il marque un tournant très important, une nouvelle ère sans doute. Concrètement, pas grand-chose. Au mieux négociera-t-on enfin une possibilité de retrouvailles pour les familles séparées depuis la guerre (10 millions de personnes concernées), quelques aides économiques supplémentaires du Sud en échange d'un meilleur contrôle du programme d'armement nordiste. Mais de réunification, il ne saurait en être question. Si plus personne n'a intérêt à la guerre, personne n'a davantage intérêt à une réunion rapide. A commencer par les Coréens. Au Sud, on a réalisé que le fossé économique est sans commune mesure avec la situation allemande et qu'il en coûtera beaucoup plus cher à Séoul qu'à Bonn. Quant aux dirigeants communistes, ils n'ont aucune intention de se laisser avaler et d'abandonner leur pouvoir. »

Le Temps (Suisse), 14 juin 2000.

Frédéric Wagnière, « Une réunification ardue »

«...la réunification allemande n'a posé que peu de problèmes au niveau des relations internationales, dès que le président Mikhaïl Gorbatchev a accepté le fait qu'une Allemagne unie, membre de l'OTAN et de l'Union européenne, offrirait plus de garanties pour la sécurité de l'Union soviétique que la persistance d'un "problème allemand", dans une Europe centrale à la dérive. La réunification de la Corée, en revanche, modifierait considérablement la donne politique pour les quatre grandes puissances de l'Extrême-Orient - la Chine, le Japon, la Russie et les États-Unis, qui ont 40 000 hommes en Corée et des bases au Japon. La Chine, qui a de bonnes relations avec la Corée du Sud, aurait une frontière de 1000 km avec une Corée réunifiée. Elle ne voudrait sans doute pas que ce puissant voisin continue à entretenir des relations privilégiées avec les États-Unis. Quant au Japon, il voudra empêcher que la Corée établisse des liens trop étroits avec la Chine qui deviendra, de toute façon, la première puissance économique aussi bien que politique de la région. Et les États-Unis voudront maintenir leur influence dans une région qui a connu autant de guerres que l'Europe au XXe siècle ».

La Presse (Québec, Canada), 16 juin 2000, p. B2.

Éditorial

«...A rare and elusive beast was briefly sighted on the Korean Peninsula this week : peace. The world watched as two men named Kim pledged to work for reunification of the two Koreas, an achievement that has eluded countless other Kims for half a century. (...) The North scored a PR point in managing to tweak the international image of President Kim Jong Il, the king of all hermits. By laughing at his own reputation as a recluse and hinting that he wants to reform his country, he creates a new momentum for other diplomatic openings, for instance with Russia. But actions still speak louder than words. Anyone who thinks the "Great Leader" has had a change of heart has only to look at his record over the past five years, a period during which the North continued developing its offensive missile program and spreading that technology abroad. There is ample reason for scepticism. Peace won't take up permanent residency in Korea until there are better indications that Pyongyang intends to reform itself. Until then, the security arrangements that have kept the peace for five decades should remain in place. »

The Wall Street Journal (États-Unis), 16 juin 2000.

Gouvernance et gouvernement [ 13 juin 2000 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Corée du Sud
IntermédiaireKim Dae-jungLee Han-dong

Corée du Nord
FaibleKim Jong-ilHong Song Nam

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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[Résultats] Élections législatives

juin
2000
Tenue d'une rencontre historique entre les chefs d'État des deux Corées

décembre
2002
[Résultats] Élection présidentielle

avril
2004
[Résultats] Élections législatives


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