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23 février 1950

Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Clement Attlee

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Clement Attlee
Clement Attlee

Les travaillistes, dirigés par Clement Attlee, remportent les élections législatives avec 46,4% des voix. Ils font élire 315 députés à la Chambre des communes contre 296 pour leurs plus proches rivaux, les conservateurs de Winston Churchill.

Cette élection, la plus serrée au Royaume-Uni depuis 1910, confirme la baisse de popularité des travaillistes qui avaient fait élire 393 députés lors de leur victoire surprise de 1945. Les 315 sièges obtenus par le gouvernement Attlee ne laissent au premier ministre qu'une faible majorité de six députés sur les conservateurs (296), les libéraux (9) et les quatre autres élus à la Chambre des communes. Un vent de réforme a soufflé sur le pays au cours des cinq dernières années, dont l'adoption de nouvelles mesures sociales et la nationalisation de plusieurs industries. Le premier ministre prend acte du verdict de la population, mais effectue peu de changements à son cabinet. La courte majorité des travaillistes fait dire aux observateurs que les Britanniques pourraient bien retourner aux urnes d'ici peu. L'ex-premier ministre Winston Churchill, maintenant âgé de 75 ans, continuera de diriger l'opposition conservatrice.

Pour en savoir plus: Let us win through together

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Roger Massip, « Les travaillistes l'emportent de justesse »

«...La vigueur que vient de déployer le parti conservateur assure aux tories une autorité qu'ils ne possédaient pas dans la précédente chambre. Elle rend d'autant plus méritoire la victoire travailliste, même avec la faible majorité que l'on sait. Malgré l'inégalité des moyens matériels qui ont été mis en jeu, malgré les arguments frappants tirés des tracasseries qui ont marqué l'installation du dirigisme, malgré le maintien très strict du régime d'austérité, le socialisme, s'il a cédé du terrain, a tenu bon. La question qui se pose, maintenant, est celle de savoir si la majorité réduite obtenue par le parti de M. Attlee lui permettra de gouverner normalement et de poursuivre, en toute indépendance, l'accomplissement de la « révolution silencieuse » entreprise en 1945. M. Attlee et ses amis s'y emploieront, sans aucun doute, mais ils devront dorénavant tenir compte d'une opposition « regonflée » et agressive qui ne leur facilitera pas la tâche. (...) Le Parlement, qui se réunira le 1e mars à Westminster, est, de l'avis général, promis à une existence assez brève. »

Le Figaro (France), 25 et 26 février 1950, p. 1 et 3.

Claude Bourdet, « Attendre ou risquer ? »

«...Deux voies sont ouvertes au Labour, toutes deux semées d'embûches : attendre, ou risquer. L'attentisme, c'est la facilité : mettre une sourdine au socialisme, arrondir les angles, essayer de ne pas heurter les tories, gagner du temps. (...) L'autre attitude comporte, en apparence, encore plus d'aléas (...) Mais c'est en marchant qu'on assure l'unité d'un tel parti. Si MM. Attlee et ses collègues sont capables de mettre en pratique un programme résolument socialiste en faisant la chasse à a bureaucratie inutile - si, tout en allégeant les difficultés des classes moyennes, ils osent briser le grand capitalisme anglais, source de la puissance torie - s'ils mettent à profit le temps qui leur reste pour prendre en main la paysannerie, qui commence, mais lentement et partiellement, à comprendre les avantages que lui a apportés le Labour - si enfin le gouvernement Attlee, au lieu de demeurer un médiocre second de la politique des U.S.A., ose prendre la tête de la croisade pour la paix (la conjoncture mondiale est propice) - s'il peut alors réduire le fardeau écrasant des armements en même temps qu'il accroîtra le commerce avec l'Est et donc la prospérité, reprenant ainsi de l'influence à la fois sur le portefeuille des classes moyennes et sur leur coeur idéaliste - en ce cas, le Labour a la plus belle des chances devant lui, en Grande-Bretagne et dans le monde. »

Combat (France), 27 février 1950, p. 3.

Paul Sauriol, « Après les élections anglaises »

«...La signification du vote est difficile à formuler non seulement parce qu'il a abouti à une partie nulle où aucun des deux principaux groupes n'a remporté une victoire indiscutable : mais plus encore peut-être parce que ce résultat indécis a été précédé d'une campagne où aucun des deux camps n'a affiché fermement ses idées. Tous deux ont mis de l'eau dans leur vin : les travaillistes ont mis une sourdine aux diatribes de leurs orateurs de gauche, car ils voulaient attirer la classe moyenne : pour la même raison, les conservateurs ont indiqué qu'ils ne toucheraient guère aux nationalisations déjà faites et beaucoup d'entre eux acceptaient d'ailleurs en principe plusieurs mesures sociales des travaillistes, comme l'assurance santé. La position des deux partis devant l'électorat peut être ramenée à deux des affiches les plus répandues dans le pays pendant la campagne. Les travaillistes promettaient « une part équitable à un prix équitable », tandis que les conservateurs disaient que « le coût élevé de la vie est le coût élevé du socialisme - les conservateurs feront les choses de façon pratique. »

Le Devoir (Québec, Canada), 28 février 1950, p. 4.

S.A., « The British Election »

«...There is uncertainty about tenure, and so there is also uncertainty about policy, foreign and domestic. There is, too, uncertainty about the « trend » - that is, whether this is a halt or merely a pause in the march of socialism. (...) Perhaps the British people are unconsciously wiser than their politicians. They have said stop, wait, give us time to consider. The British are the most politically experienced of all peoples, and out of their present hesitation may come a more real stability. Without question the disillusionment with the quackery of socialism has set in. But England and people everywhere may be better served by patience to let the socialists themselves carry that disillusionment past the chance for reconciliation. The British people in their time have seemed headed for many another abyss, and, to everyone surprise, stopped and turned just short of the precipice. It is enough for now that again they have halted. And that they have - that much is clear. »

Wall Street Journal (États-Unis), 27 février 1950, p. 4.

Gouvernance et gouvernement [ 23 février 1950 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Royaume-Uni
ÉlevéGeorge VIClement Attlee

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1945 - 1955



juillet
1945
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Clement Attlee

juillet
1945
[Résultats] Élections législatives

octobre
1945
Assermentation de Gladwyn Jebb au poste de secrétaire général des Nations unies

octobre
1945
Admission à l'Organisation des Nations unies (ONU)

janvier
1947
Entrée en vigueur de l'étatisation de l'industrie du charbon au Royaume-Uni

juillet
1948
Ouverture des Jeux olympiques de Londres

février
1950
Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Clement Attlee

février
1950
[Résultats] Élections législatives

octobre
1951
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Winston Churchill

octobre
1951
[Résultats] Élections législatives

février
1952
Décès du souverain britannique George VI

mai
1952
Premier vol commercial d'un avion de ligne à réaction entre Londres et Johannesbourg

octobre
1952
Explosion d'une première bombe atomique par le Royaume-Uni

avril
1953
Découverte de la structure de l’acide désoxyribonucléique (ADN)

juin
1953
Couronnement de la reine Elizabeth II d'Angleterre

mai
1955
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Anthony Eden

mai
1955
[Résultats] Élections législatives


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