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25 octobre 1951

Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Winston Churchill

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Winston Churchill

Les conservateurs, dirigés par Winston Churchill, remportent les élections législatives même s'ils n'obtiennent que 48,1% des votes contre 48,7% pour les travaillistes de Clement Attlee. Ils font élire 321 députés contre 294 pour les travaillistes et détiennent une majorité de 17 sièges à la Chambre des communes.

Cette élection marque le retour au pouvoir de l'ex-premier ministre Winston Churchill (1940-1945), maintenant âgé de 76 ans. Un autre conservateur bien connu, l'ex-ministre des Affaires étrangères Anthony Eden, reprend lui aussi les fonctions qu'il a occupées de 1935 à 1945. Le piètre résultat des libéraux - 2,7% des votes et six députés élus - confirme la polarisation du vote autour des conservateurs et des travaillistes. Au cours de la dernière année, ces derniers ont été éprouvés par un contexte économique difficile et la perte de ministres importants comme Stafford Cripps et Ernest Bevin, victimes de problèmes de santé. Le parti a également été secoué par la démission des ministres Aneurin Bevan, John Freeman et Harold Wilson, tenants de l'aile progressiste qui voulaient protester contre les orientations prises par le gouvernement. La victoire des conservateurs, malgré le fait qu'ils aient obtenu moins de votes que les travaillistes, pourrait signifier le retour au privé de certaines entreprises étatisées sous le précédent gouvernement.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


J.R., «Le retour des conservateurs et la victoire du travaillisme»

«...Les conservateurs réactionnaires seront déçus. Aux sages le gouvernement. Tel a été le sens des premières déclarations faites au lendemain du succès. Winston Churchill et son équipe ne pratiqueront que le moins possible la politique de la marche arrière. Des promesses de la campagne électorale au discours du Trône et aux commentaires de Churchill, il y a loin. On pouvait craindre le pire, surtout dans le domaine de la politique intérieure. Parmi les mesures préconisées, seule la dénationalisation de la sidérurgie subsiste. Encore faut-il savoir que les travaillistes n'en étaient qu'aux phases préliminaires de l'opération décidée il y a un an. Et si les conservateurs vont laisser au secteur privé l'organisation de cette branche industrielle, ce sera en lui adjoignant un contrôle public des plus sérieux. Tout compte fait, ce n'est qu'un demi pas en arrière.»

Esprit (France), novembre 1951, p. 820.

S.A., «L'Angleterre partagée»

«...Un gouvernement Churchill aura pourtant des chances décuplées de s'entendre avec les États-Unis, résultat considérable si l'on songe que les îles britanniques survivraient difficilement dans les jours prochains sans l'appui le plus large de la démocratie américaine. En revanche, M. Churchill devra compter s'il devient premier ministre sur l'opposition implacable du groupe Bevan, dont la position au sein du Labour Party sera sensiblement renforcée puisque ses élus ont perdu moins de voix que les travaillistes orthodoxes, lorsqu'ils n'en ont pas gagné. L'ancien ministre de la santé et ses partisans n'auront plus désormais de raisons de retenir contre le gouvernement des pointes acérées, que les événements peuvent un jour rendre mortelles. C'est pourquoi compte tenu des problèmes inextricables que les conservateurs devront résoudre dans des conditions fort difficiles, on peut se demander si, M. Churchill étant le vainqueur presque certain des élections d'hier, M. Bevan n'en sera pas à terme le réel bénéficiaire.»

Le Monde (France), 27 octobre 1951, p. 1.

André Laurendeau, «La Grande-Bretagne donne un verdict complexe»

«...Il y eut plus de bravache dans les attitudes de M. Churchill; mais le soin qu'il a pris de ne s'identifier ni au parti de la guerre ni à la politique de Washington, ses promesses de lutter pour la paix montrent bien l'état de l'opinion anglaise. L'électeur moyen redoute les grandes aventures, et il craint que les États-Unis n'entraînent son pays dans un vaste conflit. On notera à ce sujet un fait significatif : les socialistes pacifistes de M. Bevan sont réélus. Leur révolte contre les excès de l'armement anglais ne leur a donc pas nui, bien au contraire, car leurs majorités sont accrues, tandis que la plupart des ministres d'Attlee ont vu la leur diminuer. L'un des «Beavanites» a même vaincu le fils de Winston Churchill, malgré une intervention personnelle de celui-ci. Le prestige de M. Bevan grandit.»

Le Devoir (Québec, Canada), 27 octobre 1951, p. 4.

S.A., «The Electors' Choice»

«...The scourging of the Liberals, the victories of Mr. Bevan's group, and the high Labour poll are interesting but secondary features of the election. Its real importance lies, first and last, in the return of a Conservative Government with a majority which entitles and obliges them to govern. The narrowness of their victory calls for the highest qualities of statesmanship. With a lead of so little the new Government cannot speak with the authority which a majority of eighty of 100 would have given. Such authority as they can command will derive from the candour with which they seek the cooperation of the nation and of different sections of the nation in their tasks. Much more candour will be demanded, about the nation's predicament and the remedies, than was ever vouchsafed during the election. Precisely because their party majority is so small Mr. Churchill and his Ministers must see themselves less as a party than as a national Government.»

The Times (Royaume-Uni), 27 octobre 1951, p. 7.

Gouvernance et gouvernement [ 25 octobre 1951 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Royaume-Uni
ÉlevéGeorge VIClement Attlee

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1946 - 1956



janvier
1947
Entrée en vigueur de l'étatisation de l'industrie du charbon au Royaume-Uni

juillet
1948
Ouverture des Jeux olympiques de Londres

février
1950
Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Clement Attlee

février
1950
[Résultats] Élections législatives

octobre
1951
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Winston Churchill

octobre
1951
[Résultats] Élections législatives

février
1952
Décès du souverain britannique George VI

mai
1952
Premier vol commercial d'un avion de ligne à réaction entre Londres et Johannesbourg

octobre
1952
Explosion d'une première bombe atomique par le Royaume-Uni

avril
1953
Découverte de la structure de l’acide désoxyribonucléique (ADN)

juin
1953
Couronnement de la reine Elizabeth II d'Angleterre

mai
1955
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Anthony Eden

mai
1955
[Résultats] Élections législatives


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