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8 octobre 1959

Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Harold MacMillan

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Harold Macmillan

Les conservateurs, dirigés par Harold Macmillan, remportent les élections législatives avec 49,4% des voix. Ils font élire 365 députés à la Chambre des communes contre 258 pour leurs plus proches rivaux, les travaillistes de Hugh Gaitskell.

Il s'agit d'une troisième victoire consécutive pour les conservateurs dont la représentation à la Chambre des communes continue d'augmenter après huit années de pouvoir. Troisième premier ministre conservateur depuis 1951 après Winston Churchill et Anthony Eden, Harold Macmillan, âgé de 64 ans, a succédé à Eden en janvier 1957. Miné par la maladie, ce dernier a été fortement ébranlé par le dénouement de la crise du canal de Suez, à l'automne 1956. En baisse dans les sondages, les conservateurs ont stabilisé leur position, puis effectué une remontée sous Macmillan, un ancien chancelier de l'échiquier. Aux lendemains de sa victoire, celui-ci apporte d'ailleurs peu de modifications à son cabinet. Les travaillistes, en dépit d'une remise en question de la place des nationalisations dans leur programme, continuent de chuter dans les intentions de vote (43,8%). Cette baisse s'explique en partie par la performance des libéraux qui obtiennent 5,9% des voix, mais ne font élire que six députés.

Pour en savoir plus: Discours du premier ministre britannique

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Charles Taylor, « L'échec du travaillisme anglais »

«...La consultation de 1959 n'a pas seulement démenti les idées reçues en sociologie électorale, elle a aussi réfuté les thèses en matière de tactique des deux ailes principales du parti. Personne n'ose prétendre maintenant que si le Labour Party avait affiché un radicalisme plus conforme à ses traditions de parti socialiste, nationalisateur, instrument de la lutte des classes, il aurait ramassé plus de suffrages. Il est même clair que le projet de nationaliser l'acier et le transport lui a coûté des voix. Mais la droite du parti n'a pas d'excuses. C'est un programme à elle, élaboré au cours des années de révision des idées travaillistes, qu'on a présenté aux électeurs. Et que Gaitskell ait été forcé, pendant la campagne électorale d'adopter des attitudes plus « gauchistes » et « anti-capitalistes » pour ne pas dire démagogiques, cela ne fait que souligner la faiblesse de ce programme. Si l'électorat ne veut pas un parti travailliste plus à gauche, et s'il rejette le programme de la droite, où faut-il aller ? Chez beaucoup de militants, la confusion est totale. Tant d'idées reçues ont été bouleversées, tant d'espoirs ont été déçus, que beaucoup d'entre eux ne savent que penser et sont prêts peut-être, à accepter des idées qu'ils auraient repoussées sans réflexion il y a un mois. »

Esprit (France), décembre 1959, p. 760.

Jean Wetz, « Crise grave pour les travaillistes »

«...Si le triomphe des conservateurs garantit la continuité de la politique anglaise, il ouvre une crise grave pour les travaillistes, qui, après trois défaites successives aux élections, ont de plus en plus clairement conscience de se trouver dans une impasse. L'ampleur de la majorité dont les tories disposent aujourd'hui ne doit évidemment pas faire illusion. Les conservateurs n'ont obtenu que 49,4% des voix. Ce que les Anglais appellent le « swing », c'est-à-dire le déplacement des voix, ne concerne que trois électeurs sur deux cents. De ce point de vue, donc, M. Gaitskell est en droit d'observer que l'équilibre fondamental du pays n'a pas beaucoup changé. Au surplus les différentes régions du pays ont, pour la première fois depuis 1945, réagi en sens contraire, et le Labour Party a pu enregistrer de modestes progrès dans le Lancashire et en Écosse. Il reste que dans l'ensemble les Britanniques ont montré qu'ils sont satisfaits de la prospérité dont ils jouissent actuellement et qu'ils ne tiennent pas à s'embarquer dans de nouvelles aventures sociales ou économiques. »

Le Devoir (Québec, Canada), 21 octobre 1959, p. 4.

« Great-Britain : the art of the practical »

«...The man who fashioned this dramatic political triumph for Britain's Conservatives sports the languidly aristocratic look and the off-handedly arrogant air of a lordly old Tory of the style of Wellington and Disraeli. But behind the elaborately careless Edwardian manner that provokes both cheers and jeers for « Supermac » and « Macwonder », Harold Macmillan maintains a superbly efficient mastery of the political art of the practical. For all his proud Tory brows and mustache, Macmillan possesses an agile intelligence and free-ranging historical imagination that have enabled him to adjust cheerfully to the limits of Britain's present-day power, and to work to make his country the « senior junior partner in the Western alliance. » And domestically Macmillan is an unabashed pragmatist who looks to the right, borrows from the left, and walks grandly through the middle in the immemorial British tradition. »

Time (édition canadienne), 19 octobre 1959, p. 30-31.

Gouvernance et gouvernement [ 8 octobre 1959 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IIHarold Macmillan

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1954 - 1964



mai
1955
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Anthony Eden

mai
1955
[Résultats] Élections législatives

octobre
1959
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Harold MacMillan

octobre
1959
[Résultats] Élections législatives

juillet
1960
Proclamation de l'indépendance de Chypre

juin
1963
Démission du secrétaire d'État britannique à la Guerre, John Profumo

octobre
1964
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Harold Wilson

octobre
1964
[Résultats] Élections législatives


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