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15 octobre 1964

Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Harold Wilson

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Harold Wilson

Les travaillistes, dirigés par Harold Wilson, remportent les élections législatives avec 44,1% des voix. Ils font élire 317 députés à la Chambre des communes contre 303 pour leurs plus proches rivaux, les conservateurs de Alec Douglas-Home.

Cette victoire, la première des travaillistes depuis 1950, met fin à 13 années de règne conservateur. Au cours des dernières années, le gouvernement a eu à composer avec une économie stagnante, le scandale John Profumo et le départ du premier ministre Harold Macmillan, pour des raisons de santé, le 10 octobre 1963. Son successeur, l'ex-ministre des Affaires étrangères Alec Douglas-Home, doit combattre à la fois la contestation qui émane de l'aile progressiste de son parti et les charges des travaillistes, dirigés depuis février 1963 par Harold Wilson. Lui-même un ex-ministre dans le cabinet de Clement Attlee, Wilson, âgé de 48 ans, souhaite revoir le système de sécurité sociale et considère la possibilité d'étatiser à nouveau l'industrie du fer et de l'acier. Il devra toutefois manoeuvrer avec prudence puisque son parti ne détient qu'une faible majorité de cinq députés à la Chambre des communes où siègent également neuf libéraux.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Jean Valmont, «Pour le vainqueur un formidable défi»

«...Pour cette équipe, quelle tâche ! L'Angleterre qui vient de lui tomber entre les bras -sur les bras serait plus exact- est devenue à son tour la grande malade de l'Occident (...) Ce qui ne va pas dans l'Angleterre d'aujourd'hui est d'autant plus difficile à déceler que l'apparence quotidienne des choses semble donner tort aux prophètes de malheur. Pas de grèves spectaculaires, un chômage limité, des prix relativement stables : voilà pour l'intérieur. À l'extérieur, aucune véritable tension en perspective : plus de drames à Suez ou au Kenya. Un Commonwealth au repos. Pour M. Wilson, pour l'équipe au pouvoir, la première et redoutable tâche est d'arracher l'Angleterre à sa somnolence. Cela est d'autant plus difficile que le mal, avant toute chose, est lié à des notions de productivité, de taux de croissance, de réserves en or et devises, auxquelles seuls sont sensibles les professionnels de l'économie et quelques écrivains doués pour la dramatisation politique.»

L'Express (Paris), 19 au 25 octobre 1964, p. 22 et 24.

Michael Rustin, Michael Walzer, «Les travaillistes au pouvoir»

«...Si on le compare au programme de Gaitskell en 1959, le programme actuel du Parti travailliste, bien qu'il soit inévitablement prudent, représente une évolution significative vers la gauche. Ce nouveau radicalisme est, en partie, une réponse quasi automatique aux échecs accumulés du libéralisme des conservateurs. Il est dû en partie aussi à l'influence de Wilson. Celui-ci est beaucoup moins respectueux des traditions britanniques que les dirigeants travaillistes des années 40 : il est impossible de l'imaginer disant à la reine ce que Herbert Morrisson disait au roi en 1945, qu'il «il avait beaucoup appris des conservateurs en ce qui concerne la manière de gouverner». Et il est beaucoup plus profondément hostile à l'arrogance des tories (et à tout le fla-fla sur la prospérité conservatrice) que les dirigeants des années 50. De plus, il est le premier homme politique socialiste adroit et séduisant de l'histoire de la Grande-Bretagne. Son flair même doit l'orienter vers la gauche, loin de la tristesse insipide de la droite travailliste.»

Esprit (France), janvier 1965, p. 259.

Jean-Marc Léger, «Londres : Wilson entend gouverner mais le pourra-t-il longtemps ?»

«...Dès vendredi soir, après avoir accepté de former le nouveau gouvernement, M. Harold Wilson a tenu à affirmer, dans une déclaration télévisée à l'adresse de la nation, que le parti travailliste allait assumer ses responsabilités et appliquer son programme, malgré la faiblesse de sa majorité parlementaire (...) On peut s'étonner d'une pareille fermeté et d'une telle diligence de la part du chef d'un parti porté au pouvoir avec la plus faible majorité de l'histoire politique du Royaume-Uni au 20e siècle. En vérité, M. Wilson n'avait pas le choix : la résolution et l'habileté dont il a fait preuve étaient la seule façon d'épargner au pays une crise de confiance et de s'imposer psychologiquement aussi bien que constitutionnellement comme le nouveau premier ministre (...) C'est dans l'ensemble, une solide équipe que Wilson a ainsi constituée en même temps qu'il annonçait dès le départ un style, un ton et un rythme inattendus compte tenu de sa majorité.»

Le Devoir (Québec, Canada), 19 octobre 1964, p. 4.

S.A., «Return of the Socialists : Shaky Course for Britain»

«...For the Socialists, party leaders say privately, this inconclusive election is the worst result possible. They have won just enough seats to take over the Government, but not enough to govern very effectively (...) Back home, Prime Minister Wilson is going to have to exercise all of his political cunning to keep his Government going and to avoid a situation where the Socialists would be turned out of office in the midst of an economic crisis and have to face an unhappy electorate in a year or so. The Socialists, therefore, are expected to proceed with caution on all fronts -not with the boldness that had been expected if they had been given a strong mandate from the voters.»

U.S. News and World Report (États-Unis), 26 octobre 1964, p. 66-67.

Gouvernance et gouvernement [ 15 octobre 1964 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IIAlec Douglas-Home

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1959 - 1969



octobre
1959
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Harold MacMillan

octobre
1959
[Résultats] Élections législatives

juillet
1960
Proclamation de l'indépendance de Chypre

juin
1963
Démission du secrétaire d'État britannique à la Guerre, John Profumo

octobre
1964
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Harold Wilson

octobre
1964
[Résultats] Élections législatives

mars
1966
Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Harold Wilson

mars
1966
[Résultats] Élections législatives

novembre
1966
Proclamation de l’indépendance de la Barbade


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