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31 mars 1966

Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Harold Wilson

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Harold Wilson

Les travaillistes, dirigés par Harold Wilson, remportent les élections législatives avec 47,9% des voix. Ils font élire 363 députés à la Chambre des communes contre 253 pour leurs plus proches rivaux, les conservateurs d'Edward Heath.

L'élection du 15 octobre 1964 avait donné une mince majorité aux travaillistes. À la lumière de sondages favorables, ceux-ci décident de retourner devant l'électorat le 31 mars 1966. La stratégie s'avère fructueuse et le premier ministre Wilson se retrouve avec une majorité de 97 sièges à la Chambre des communes, ce qui lui donne les coudées franches pour faire appliquer le programme de son parti. Avec seulement 41,9% des voix, les conservateurs réalisent leur pire performance depuis la victoire surprise de Clement Attlee, en 1945. Il s'agit d'un échec retentissant pour le nouveau chef Edward Heath. Successeur de Alec Douglas-Home, qui a démissionné en juillet 1965, Heath restera toutefois en selle. Il sera le candidat de son parti lors des élections générales de juin 1970. Soulignons que les libéraux obtiennent pour leur part 8,6% du vote et font élire 12 députés à la Chambre des communes.

Pour en savoir plus: Manifeste « Time for Decision »

Résultats du scrutin

Dans les médias...


S.A., « Un destin à définir »

«...Ainsi, les Britanniques font-ils confiance, dans une proportion appréciable, au chef du parti travailliste pour sortir la Grande-Bretagne de l'ornière dans laquelle elle s'est peu à peu enfoncée. Assuré de plusieurs années de tranquillité, M. Wilson aura les coudées plus franches pour aller de l'avant avec ses réformes économiques et définir une politique réaliste des prix et des revenus. Il aura bien besoin de cette liberté de mouvement pour affronter à l'extérieur un certain nombre de problèmes, dont l'un au moins, celui de la Rhodésie, qui a été étonnamment peu évoqué au cours de la campagne, ne saurait beaucoup attendre. Il faut agir vite en effet si l'on veut éviter de n'avoir à choisir qu'entre la victoire de M. Smith et le recours à la force. Mais la principale question qui se pose à M. Wilson est celle de la place de la Grande-Bretagne dans le monde qu'il va déterminer sans doute pour longtemps. Sa réponse ne sera à la mesure de notre temps que s'il sait dominer sa prudence et son pragmatisme naturels pour se placer dans une vaste perspective historique, comme le firent nombre de ses prédécesseurs. »

Le Monde (France), 2 avril 1966, p. 1.

B.D., « Wilson, pour quoi faire ? »

«...Que penser de tout cela ? Wilson, dont la campagne 1964 fut menée dans le style Kennedy, est-il maintenant converti à la politique johnsonienne du consensus - ou bien est-ce une vaste mise en scène pour rassurer les baîleurs (sic) de fonds internationaux ? Une fois la balance des comptes redressée et la livre affermie, verrons-nous une véritable tentative de construire une société démocratique et socialiste ? Il y a des indices contradictoires. Après tout, on s'est occupé des services sociaux, des logements construits sur fonds publics, des loyers. D'un autre côté, la législation votée sur l'immigration est, par manque de courage politique, la plus raciste jamais adoptée par un gouvernement britannique. Personne ne niera l'habileté et le courage de Wilson - le grief que nous lui faisons est d'user d'habileté pour l'emporter sur la droite et de courage pour repousser les pressions de la gauche. »

Esprit (France), juin 1966, p. 1229.

Jean-Jacques Servan-Schreiber, « La justice comme moyen »

«...Si nous devions résumer l'essentiel de ce qu'a fait le leader travailliste en dix-huit mois de gouvernement, nous dirions, sans précaution de style : il a démontré aux industriels anglais, et aux capitalistes anglais, qu'un gouvernement de gauche peut être un meilleur garant de l'expansion économique et de la rigueur financière qu'un gouvernement de droite. Et qu'ainsi il mérite plus de confiance des possédants, gros et petits, que son rival conservateur. Le « Financial Times », l'organe de la Bourse de Londres, a fait voter travailliste. Nos communistes orthodoxes et nos gauchistes traditionnels, les mêmes qui ont condamné Mendès France puis Defferre, considéreront que M. Wilson a trahi le socialisme, qu'il n'est plus qu'un gérant du capitalisme (et un homme des Américains). C'est en partie vrai. Il reste qu'il est, en Europe, le seul homme de gauche à conserver, et solidement, le pouvoir. Partout ailleurs, c'est la droite. Que préfère-t-on ? (...) La gauche évangélique, missionnaire d'un univers d'égalité et de fraternité absolues, n'a qu'un avenir de secte. La gauche de gouvernement qui, pour faire progresser son idéal, s'applique à démontrer qu'elle peut produire plus et mieux que la droite, a une grande carrière devant elle. »

L'Express (France), 4 au 10 avril 1966, p. 41.

Jean-Marc Léger, « Wilson va pouvoir donner sa véritable mesure »

«...Il n'était guère possible de juger objectivement le régime travailliste de M. Wilson après dix-sept mois seulement d'un pouvoir exercé dans les conditions précaires d'une majorité parlementaire de trois ou quatre voix. L'électorat a estimé qu'après treize ans de régime conservateur, il fallait donner aux travaillistes la chance d'agir réellement, avec un mandat clair et une majorité confortable. C'est maintenant, et dans les quatre années qui viennent, que Harold Wilson va pouvoir donner sa mesure, non seulement du fait de l'ampleur de sa victoire mais parce qu'il devra affronter les plus difficiles problèmes posés au Royaume-Uni depuis la fin de la dernière guerre. C'est alors que l'on saura s'il est un novateur apte à apporter des solutions audacieuses à des questions inédites qui engagent pour longtemps l'avenir du pays, son orientation économique et politique, ou s'il est simplement un sage gestionnaire, enclin à maintenir un régime de croisière et à dégager des compromis provisoires plutôt qu'à faire des actions. »

Le Devoir (Québec, Canada), 1e avril 1966, p. 4.

S.A., « The Labor Sweep »

«...Seldom has so smashing a victory come out of so dull and humdrum a campaign. For three weeks, Britons had barely suppressed yawns as the Conservatives and Laborites exchanged salvos of slogans. Searching for an issue, the Tories attacked Labor for not being eager enough to join the Common Market, for rising prices, for trade-union strong-arm methods, and for just about everything else untoward that has happened in the British Isles for the past 17 months. The Laborites shucked off the attacks, arguing that they had done their best, considering the mess that they had inherited after 13 years of "Tory drift and indecision." British voters were plainly uninterested in such issues. Hence the campaign centered on personalities : Labor's Harold Wilson against the Conservatives' Ted Heath. The odds were on Wilson. Gone was the reputation as a slippery opportunist that had hurt him in the 1964 election. Instead, though operating with a bare three-seat majority, Wilson has proved to be an able statesman who could handle his own left wing, was not afraid to slap down raise-happy unions. In Parliament his acerbic wit and quick thrusts had continually kept the Opposition off-balance. Heath had no such advantages. »

Time (édition canadienne), 8 avril 1966, p. 26.

Gouvernance et gouvernement [ 31 mars 1966 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IIHarold Wilson

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1961 - 1971



juin
1963
Démission du secrétaire d'État britannique à la Guerre, John Profumo

octobre
1964
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Harold Wilson

octobre
1964
[Résultats] Élections législatives

mars
1966
Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Harold Wilson

mars
1966
[Résultats] Élections législatives

novembre
1966
Proclamation de l’indépendance de la Barbade

mars
1970
Proclamation de la République de Rhodésie

juin
1970
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Edward Heath

juin
1970
[Résultats] Élections législatives


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