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18 juin 1970

Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Edward Heath

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Edward Heath

Les conservateurs, dirigés par Edward Heath, remportent les élections législatives avec 46,4% des voix. Ils font élire 330 députés à la Chambre des communes contre 287 pour leurs plus proches rivaux, les travaillistes de Harold Wilson.

La surprise, une des plus grandes de l'histoire politique britannique, est double. En plus de remporter la victoire, les conservateurs obtiennent en effet une majorité de 30 sièges à la Chambre des communes, ce qui déjoue les calculs des analystes. En tout, 88 sièges changent de mains, un record. Malgré de nombreuses grèves et une économie chancelante - dévaluation de la livre, déficit de la balance commerciale - , les travaillistes ont mené dans la plupart des sondages effectués pendant la campagne. Le jour de l'élection, le parti de Harold Wilson ne reçoit cependant que 43,0% des votes, ce qui s'explique en partie par un taux de participation particulièrement faible (72%). Le nouveau premier ministre Edward Heath, âgé de 53 ans, propose aux Britanniques de baisser les impôts et d'exercer un contrôle serré des dépenses de l'État. Dans son cabinet de 18 ministres, on retrouve l'ex-premier ministre Alec Douglas-Home (Affaires étrangères) et une futur première ministre, Margaret Thatcher. Âgée de 34 ans, celle-ci sera à la tête du ministère de l'Éducation et de la Science.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Roger Massip, « Le meilleur négociateur »

«...Sur le plan extérieur, M. Edward Heath devra remplir une autre mission, non moins difficile, mais sans doute à ses yeux plus exaltante : faire entrer la Grande-Bretagne dans la Communauté Économique Européenne. En ce domaine, sa personnalité peut jouer un rôle déterminant. Le fait qu'il se soit abstenu d'enfourcher le cheval européen pendant la campagne électorale n'a eu d'autre signification que tactique et nul ne songe à mettre en doute les convictions de l'homme qui négocia déjà à Bruxelles, pour son pays il y a huit ans, et qui est aussi convaincu qu'alors de la nécessité pour son pays d'emprunter la voie européenne. Face à une opposition qui, avec M. Harold Wilson, n'hésitera pas à exploiter maintenant les sentiments réservés de l'opinion à l'égard de l'Europe, face aussi à l'hostilité que certains éléments de son propre parti manifestent vis-à-vis de la négociation, M. Edward Heath est parfaitement armé pour aller de l'avant. Son atout est double : il possède d'abord la foi et il jouit en second lieu de la confiance des Européens. »

Le Figaro (France), 20 et 21 juin 1970, p. 3.

Éditorial

«...Des sondages britanniques approximatifs et superficiels n'ont pu tenir compte de la profonde permanence d'une désaffection, qui remonte à deux ans, de l'homme de la rue à l'égard de M. Wilson. La situation économique et financière donnait certes au début de ce printemps des apparences de santé : mais le commerce extérieur a accusé en mai, à nouveau, un important déficit, et les inquiétudes sur l'avenir de la balance des paiements ont repris, avec la crainte de l'inflation. (...) M. Heath a utilisé la situation au mieux des intérêts « tories » : car au bout du compte se profilait déjà, dans l'esprit du citoyen, un retour à la « médecine de cheval » travailliste, à savoir une politique d'austérité décidément impopulaire. L'Anglais moyen a plutôt rejeté cette politique qu'il n'a fait sienne celle que lui proposait M. Heath. Mais il a tout de même inconsciemment pensé qu'avec l'appui des milieux d'affaires - la hausse immédiate de 6,7 pour cent des valeurs industrielles à la City est révélatrice - ce bon administrateur qui ne fait pas de bruit pourrait réussir là où les grandes doctrines wilsoniennes lui paraissaient devoir échouer. »

Combat (France), 20 et 21 juin 1970, p. 1.

Paul Sauriol, « La victoire inattendue du parti conservateur en Grande-Bretagne »

«...La victoire du parti conservateur en Grande-Bretagne jeudi a été une surprise. Tous les sondages d'opinion des semaines précédentes annonçaient une réélection du gouvernement travailliste par une majorité confortable. À la suite de ce renversement inattendu, les commentateurs cherchent des explications. Le premier phénomène à noter, c'est la faiblesse du vote ; comme cette abstention relative des électeurs a été favorable aux conservateurs, on peut penser que beaucoup de partisans du parti travailliste se sont abstenus de voter parce que la victoire du gouvernement Wilson était assurée et que cet optimisme a été funeste aux travaillistes. Mais le déplacement des votes, qui a été de plus de plus de 4 pour cent en faveur des conservateurs, a été un phénomène général dans tout le pays et paraît donc refléter un mécontentement et une inquiétude assez marquée à l'égard du gouvernement Wilson, tout spécialement quant à la situation économique du Royaume-Uni. Cette explication semble d'autant plus plausible que l'opinion paraissait nettement favorable aux conservateurs il y a quatre mois. C'est parce que les sondages étaient devenus favorables aux travaillistes que M. Wilson a décidé de brusquer la tenue des élections. »

Le Devoir (Québec, Canada), 20 juin 1970, p. 4.

S.A., «.The Tories Win »

«...Mr. Wilson called for a « happy campaign » and waged it in that spirit - relaxed, confident, folksy, with scant attention to problems or programs. Ironically, to the extent that he succeeded in lulling the voters he probably contributed to Labor's defeat, for the turnout was far below that of 1966 and a light vote invariably favors the better-organized Tories. There may be a lesson for politicians in the fact that victory went instead to the tense, humourless Mr. Heath, who set out to arouse and harass the voter with warnings that whatever prosperity he was enjoying would fade with the summer. Mr. Heath and other Tories doubtless exaggerated the fragility of Britain's economic recovery since the devaluation of sterling in 1967. (...) But voters had gone through the "stop-go" cycle too often in recent years to accept Mr. Wilson's euphoria about the economy. Persistent high unemployment, rising prices and a trade deficit of $74 million for May, announced only three days before the election, also helped tarnish Labor's cause. »

New York Times (États-Unis), 20 juin 1970, p. 28.

Gouvernance et gouvernement [ 18 juin 1970 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IIHarold Wilson

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1965 - 1975



mars
1966
Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Harold Wilson

mars
1966
[Résultats] Élections législatives

novembre
1966
Proclamation de l’indépendance de la Barbade

mars
1970
Proclamation de la République de Rhodésie

juin
1970
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Edward Heath

juin
1970
[Résultats] Élections législatives

janvier
1972
Déclenchement d'une grève des mineurs au Royaume-Uni

mars
1972
Suspension du Parlement d’Irlande du Nord et entrée en vigueur de l’administration directe par Londres

janvier
1973
Entrée du Royaume-Uni, de l'Irlande et du Danemark dans la CEE

février
1974
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Harold Wilson

février
1974
[Résultats] Élections législatives

octobre
1974
Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Harold Wilson

octobre
1974
[Résultats] Élections législatives

juin
1975
Référendum au Royaume-Uni sur le maintien de l’adhésion à la Communauté économique européenne


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