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28 février 1974

Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Harold Wilson

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Harold Wilson

Les travaillistes, dirigés par Harold Wilson, remportent les élections législatives même s'ils n'obtiennent que 37,1% des voix contre 37,8% pour les conservateurs d'Edward Heath. N'ayant fait élire que 301 députés, contre 297 pour les conservateurs, ils devront s'appuyer sur les autres formations représentées à la Chambre des communes pour gouverner.

Les résultats sont tellement serrés que Heath, le premier ministre sortant, considère la possibilité de former un gouvernement de coalition avec les libéraux qui permettrait aux conservateurs de demeurer au pouvoir. Le projet échoue et c'est Harold Wilson, maintenant âgé de 57 ans, qui reprend le poste de premier ministre qu'il a assumé de 1964 à 1970. Les travaillistes auront une marge de manoeuvre étroite pour gouverner. Pour se maintenir au pouvoir, ils devront compter sur les votes des 14 députés libéraux ou des autres élus de la Chambre des communes, comme les députés du Parti national écossais ou les protestants d'Irlande du Nord. Certains problèmes qui n'ont pas été résolus pas l'administration conservatrice - poussée inflationniste, grève des mineurs - risquent de hanter les travaillistes, une perspective qui laisse présager un retour rapide devant l'électorat. Les libéraux pourraient bien en tirer profit, eux qui ont recueilli 19,3% des votes.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


B.D., «Les mineurs inflexibles»

«...Il appartiendra au parti travailliste de convaincre les électeurs que ses trahisons de 1964-70 étaient de simples erreurs et que, depuis, il a appris. Les attaques concertées du gouvernement contre les syndicats donnent évidemment à M. Wilson le manteau inespéré de défenseur des travailleurs -ces travailleurs qu'il a exaspérés durant son mandat par ses tentatives de mise au pas. En principe, la tâche de M. Wilson devrait être aisée : la position des conservateurs est difficilement défendable, mais en pratique, il peut découvrir qu'il a perdu tout crédit (...) Même les employeurs désertent le parti conservateur et essaient de rassembler des fonds pour acheter les mineurs. Ils en ont assez de ce Premier ministre qui, avec une obstination à la limite du pathologique, semble prêt à détruire les fondements mêmes de l'économie industrielle britannique plutôt que de reconnaître une erreur de jugement. Son pari, qui fut celui de MM. Pompidou et Nixon, ses deux saints patrons, c'est que la «majorité silencieuse» se rassemblera contre «l'extrémisme». Mais si elle le fait, il est probable qu'elle se retrouvera devant une machine industrielle silencieuse et qu'elle devra beaucoup se salir les mains avant de la remettre en marche.»

Esprit (France), mars 1974, p. 470.

Marc Ullmann, Christian d'Epenoux, «Grande-Bretagne : le grand match nul»

«...Rompu depuis trois siècles au jeu du bipartisme, l'électeur n'a pas confondu le vote de protestation et la désignation des députés. Partout où les Conservateurs étaient sûrs de l'emporter, les opposants ont voté en masse pour le Libéral, montrant par là à M. Wilson que son programme ne ralliait pas la majorité du pays. En revanche, quand la lutte était serrée, les Anglais ont préféré voter «utile» : ils ont assuré la victoire des Travaillistes. Une ménagère de Wimbledon tire la conclusion du scrutin avec plus de finesse que les experts : «Il fallait d'abord se débarrasser de Heath, ensuite montrer à Wilson qu'il n'avait pas pour autant carte blanche.» L'erreur du Premier ministre sortant est d'avoir mené toute sa campagne en Dr Tant Pis. Il tenait pour sûr que ses prédécesseurs ont échoué parce qu'ils se faisaient marchands de rêves. Il se présentait, lui, comme un marchand de cauchemars, agitant partout le spectre de la faillite. Mais les Anglais l'ont écouté sans le croire.»

L'Express (France), 4 au 10 mars 1974, p. 56.

Claude Ryan, «Le pari manqué de M. Heath»

«...La perspective d'une nouvelle élection dans un avenir rapproché est d'ailleurs celle qu'évoquent le plus spontanément les observateurs britanniques depuis le résultat de jeudi (...) Les partis britanniques devront cependant se demander, avant de recourir à ce moyen extrême, si le résultat de jeudi n'est pas davantage qu'un simple accident de parcours. Dans ce pays comme dans beaucoup d'autres, la gravité et la complexité des problèmes auxquels font face les gouvernants et les chefs des partis engendrent à leur endroit la désaffection rapide de ceux mêmes qui, la veille, les inondaient de leur confiance. À défaut d'objectifs largement acceptables qu'incarnerait l'un ou l'autre des partis, les groupes représentés à la Chambre des Communes devront peut-être, pendant une période plus ou moins longue, se mettre à l'école austère de cette collaboration inter-partisane que chacun rejetait avec fracas jusqu'à la veille du scrutin. Les formes de cette collaboration peuvent varier considérablement (...) En l'absence d'un consensus fort, et en période de crise au surplus, elle ne saurait, en tout cas, être rejetée bêtement au nom d'une orthodoxie qui serait alors plus stérile que vivante.»

Le Devoir (Québec, Canada), 2 mars 1974, p. 4.

Éditorial

«...Since the Liberals are expected to veto any attempt by the Labor government to carry through on either the nationalization scheme or an isolationist foreign policy, Wilson probably will put these pledges on the back burner. The fact is, however, that he can't be too «moderate» without risking rebellion from the leftist wing of his own party, which has grown increasingly strong in recent years. London's oddsmakers already are taking bets on how long he can survive in office, much less lead the country effectively, under these circumstances. There is a widespread feeling that Labor may be forced into new elections within 18 months. Until this time of weakness and indecision is past, the first priority of the British government will be the effort to maintain itself in power; it is unlikely to be an effective and responsible participant in negotiations on trade and monetary policies, energy cooperation, European security or much of anything else.»

Los Angeles Times (États-Unis), 6 mars 1974.

Gouvernance et gouvernement [ 28 février 1974 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IIEdward Heath

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1969 - 1979



mars
1970
Proclamation de la République de Rhodésie

juin
1970
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Edward Heath

juin
1970
[Résultats] Élections législatives

janvier
1972
Déclenchement d'une grève des mineurs au Royaume-Uni

mars
1972
Suspension du Parlement d’Irlande du Nord et entrée en vigueur de l’administration directe par Londres

janvier
1973
Entrée du Royaume-Uni, de l'Irlande et du Danemark dans la CEE

février
1974
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Harold Wilson

février
1974
[Résultats] Élections législatives

octobre
1974
Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Harold Wilson

octobre
1974
[Résultats] Élections législatives

juin
1975
Référendum au Royaume-Uni sur le maintien de l’adhésion à la Communauté économique européenne

juin
1976
Proclamation de l'indépendance des îles Seychelles

décembre
1977
Remise du prix Nobel de la paix à Amnistie internationale

mai
1979
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Margaret Thatcher

mai
1979
[Résultats] Élections législatives

août
1979
Attentats contre des cibles britanniques revendiqués par l'ARIP


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