24 juin 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

10 octobre 1974

Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Harold Wilson

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Harold Wilson

Les travaillistes, dirigés par Harold Wilson, remportent les élections législatives avec 39,2% des voix. Ils font élire 319 députés à la Chambre des communes contre 277 pour leurs plus proches rivaux, les conservateurs d'Edward Heath.

Il s'agit d'un retour aux urnes hâtif pour les Britanniques qui reportent les travaillistes de Harold Wilson au pouvoir avec une fragile majorité de trois sièges. À l'exception des conservateurs qui subissent une baisse, tant au niveau de la députation -20 sièges- que des intentions de vote, la composition de la Chambre des communes demeure à peu près la même qu'avant l'élection avec 13 libéraux et 26 autres députés qui proviennent essentiellement d'Irlande du Nord, d'Écosse et du pays de Galles. Au cours des derniers mois, le gouvernement Wilson a mis un terme à la grève des mineurs et est parvenu à une entente sur les salaires avec les syndicats. La lutte à l'inflation reste d'ailleurs une des priorités des travaillistes. La défaite de Edward Heath, sa troisième en quatre élections générales, ramène la question du leadership des conservateurs sur le tapis. C'est Margaret Thatcher qui lui succédera en février 1975.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Olivier Todd, «Le quatrième Wilson»

«...Il était beaucoup plus difficile aux travaillistes d'expliquer le mécanisme de l'arme absolue inventée par Harold Wilson, «le contrat social». C'est un document assez nébuleux, approuvé par le congrès des syndicats le mois dernier. En clair, c'est un gentlemen's agreement : il signifie que le gouvernement ne gèlera en aucun cas les salaires et qu'il fera tout pour freiner les prix. En échange, les syndicats, beaucoup plus puissants en Grande-Bretagne qu'en France, seront prudents, compréhensifs, gentils dans leurs demandes (...) Le clef de voûte du contrat social c'était, en somme, la confiance. Pour ces élections, la question principale à laquelle les Britanniques -Écossais mis à part- avaient à répondre, était assez simple : qui peut négocier le plus facilement, le plus doucement avec les syndicats, Harold Wilson ou Edward Heath ? Malgré le «nouveau Heath», il semblait évident que si le chef conservateur revenait à Downing Street, seul ou dans le cadre d'une coalition, ce qu'on appelle ici «les conflits industriels» (euphémisme pour grèves) reviendraient en cascade. Salomon frustré et désenchanté, un électorat qui dramatise moins que ses dirigeants, appelé à trancher entre la conciliation difficile à la Wilson et la pseudo-réconciliation à la Heath, a choisi la première.»

Le Nouvel Observateur (France), 14 octobre 1974, p. 52.

Émile Guikovaty et Christian d'Epenoux, «Grande-Bretagne : M. Wilson sous haute surveillance»

«...Le pire pour M. Wilson est qu'il n'a cessé pendant la campagne de nier la gravité de l'inflation et qu'il s'est donc privé d'un argument de poids pour s'opposer aux revendications ouvrières et aux récriminations patronales. Il sera donc très mal placé pour parler du contrôle des prix et des salaires, une mesure que tous les spécialistes jugent qu'il faudra prendre dans un délai proche. Il y a plus grave cependant, et cette fois pas seulement pour M. Wilson ou pour M. Heath, mais pour le pays tout entier. À aucun moment, au cours de la campagne, il n'a été fait allusion aux causes profondes du malaise britannique. En fait, aucun des deux grands partis ne pouvait rappeler que la Grande-Bretagne, depuis la Seconde Guerre mondiale, a cherché avant tout à consolider la City et son admirable organisation bancaire plutôt qu'à moderniser sa structure et son équipement industriel, qu'elle a investi à l'étranger plutôt qu'à l'intérieur de ses frontières, et qu'elle se trouve maintenant diminuée pour résister aux tensions d'un marché de plus en plus agressif et compétitif. À des titres divers, les deux partis sont coupables. Ils ont donc préféré se taire.»

L'Express (France), 14 au 20 octobre 1974, p. 56.

Jean Pellerin, «Désappointement en Angleterre»

«...Ce qui semble évident, c'est que les Anglais reviennent de loin. Tout ce à quoi ils tenaient s'écroule. Quoi qu'il advienne, ils auront vraisemblablement un gouvernement minoritaire -chose qu'ils n'ont pas connue depuis quarante ans. Si le gouvernement est majoritaire malgré tout, il le sera par une faible marge. De plus, l'hégémonie des deux grands partis (conservateurs et travaillistes) paraît tirer à sa fin après soixante ans d'invincibilité, et les sondages -institution respectée- doivent tous avouer qu'ils ont lamentablement erré. Serait-ce la fin d'une époque pour ce pays ? (...) Quel que soit donc le parti qui aura à former un gouvernement, il n'aura pas la tâche facile. Il devra d'abord s'arranger pour rester en selle au moins durant quelque temps, car on ne peut demander aux Anglais d'aller aux urnes tous les mois. Il devra surtout manoeuvrer de manière à rétablir un climat de confiance et de coopération, et à favoriser un retour aux vieilles traditions de modération. L'Angleterre est trop souple pour ne pas retrouver son assiette économico-politique, et trop mûre pour s'abandonner au lyrisme révolutionnaire.»

La Presse, (Québec, Canada), 1e mars 1974, p. A4.

Éditorial

«...The British electorate has given Harold Wilson's Labor party a clear but limited mandate to rule. This eyelash majority is where he came in, a decade ago, with a parliamentary majority of 4. Handling the treacherous parliamentary situation that will be facing him at a time of economic crisis is what Mr. Wilson on past form does best. Uncertainty is the enemy of any coherent attempts to deal with the combined recession, inflation and payments drain confronting Britain. The uncertainties of the past seven months of minority government are diminished, not ended. Mr. Wilson renews his power with a program that is leftist across a broad range of policy areas, but with the escape hatches from committment written in and likely to be exercised (...) Harold Wilson who looked as beaten in 1970 as Richard Nixon did in 1962, has now won four of five elections, and seems likely to become as durable a leader as Gladstone.»

The Baltimore Sun (États-Unis), 12 octobre 1974.

Gouvernance et gouvernement [ 10 octobre 1974 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IIHarold Wilson

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1969 - 1979



mars
1970
Proclamation de la République de Rhodésie

juin
1970
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Edward Heath

juin
1970
[Résultats] Élections législatives

janvier
1972
Déclenchement d'une grève des mineurs au Royaume-Uni

mars
1972
Suspension du Parlement d’Irlande du Nord et entrée en vigueur de l’administration directe par Londres

janvier
1973
Entrée du Royaume-Uni, de l'Irlande et du Danemark dans la CEE

février
1974
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Harold Wilson

février
1974
[Résultats] Élections législatives

octobre
1974
Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Harold Wilson

octobre
1974
[Résultats] Élections législatives

juin
1975
Référendum au Royaume-Uni sur le maintien de l’adhésion à la Communauté économique européenne

juin
1976
Proclamation de l'indépendance des îles Seychelles

décembre
1977
Remise du prix Nobel de la paix à Amnistie internationale

mai
1979
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Margaret Thatcher

mai
1979
[Résultats] Élections législatives

août
1979
Attentats contre des cibles britanniques revendiqués par l'ARIP


Dans l'actualité


février
2019
Le Brexit fera t-il tomber Theresa May?

janvier
2019
Baisse du taux de chômage au Royaume-Uni : une bonne nouvelle?

janvier
2019
Glasgow, la ville trouble

octobre
2018
Après le Brexit, l'Afrique est dans la mire des Britanniques

mars
2018
Il y a 40 ans : Amnistie internationale décrochait le prix Nobel de la paix

novembre
2017
D'Hollywood à Westminster : l'internationalisation d'un mouvement

octobre
2017
Brexit : dur divorce au sein de l'Europe

octobre
2017
Des élections crève-cœur pour le Parti national écossais

mars
2017
Martin McGuinness provoque un bouleversement politique en Irlande du Nord

février
2017
20 ans plus tard : l'héritage contrasté de Tony Blair à la tête du Royaume-Uni


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 6.7.2016