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9 juin 1983

Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Margaret Thatcher

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Margaret Thatcher

Les conservateurs, dirigés par Margaret Thatcher, remportent les élections législatives avec 42,4% des voix. Ils font élire 397 députés à la Chambre des communes contre 209 pour leurs plus proches rivaux, les travaillistes de Michael Foot.

L'élection constitue une lutte à trois entre les conservateurs, les travaillistes et l'Alliance entre les libéraux et le Parti social-démocrate, fondé en 1981. Après un début de mandat difficile marqué par un ralentissement économique, la première ministre Thatcher a vu sa popularité remonter après l'intervention militaire britannique dans les îles Falkland, au printemps 1982. Même si les conservateurs obtiennent moins de votes qu'en 1979, ils font élire 58 députés de plus et se forgent une majorité imprenable de 144 sièges à la Chambre des communes. Les grands perdants sont les travaillistes qui ne reçoivent l'appui que de 27,6% des électeurs. Le leadership contesté de Michael Foot, successeur de James Callaghan en novembre 1980, mènera à son remplacement par Neil Kinnock en octobre 1983. À sa première élection générale, l'Alliance entre libéraux et sociaux-démocrates fait des gains impressionnants, surtout aux dépens des travaillistes. Avec 25,4% des votes, elle se contente toutefois de 23 sièges.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Pierre Blanchet, «Nanny Maggie»

«­..Qu'adviendra-t-il de l'opposition laminée par ces élections ? Le Labour est en fait le grand perdant de cette consultation. Divisé, il a surtout été victime de l'image trop engagée à gauche qu'il présentait aux électeurs. Le bipartisme supporte mal des programmes extrêmes. En proposant aux Britanniques le désarmement unilatéral et la sortie de la C.E.E., le Labour s'est littéralement suicidé. Curieusement, le Labour, qui préconisait la création de deux millions cinq cent mille emplois en cinq ans, n'a pas rallié un grand nombre de chômeurs. C'est ici que réside la grande force de Margaret Thatcher. Elle ne fait pas de démagogie et ne raconte pas que l'on rasera gratis. Au contraire. «Ceux qui parlaient de déclin ne connaissent pas le peuple britannique», a dit un jour le Premier ministre. «Blood and Tears.» Du sang et des larmes. Reste à savoir si le remède de cheval administré par l'infirmière de choc de la Grande-Bretagne ne finira pas par tuer le malade.»

Le Nouvel Observateur (France), 17 juin 1983, p. 43.

Raymond Aron, «Contre-révolution»

«...Ce qui donne sa signification et sa portée à la victoire de Margaret Thatcher, jeudi dernier, ce n'est pas tant l'ampleur du succès que l'enjeu de la bataille tel que les deux partis l'ont défini. D'un côté, un regain de social-démocratie ou de socialisme; de l'autre, la poursuite d'une contre-révolution à peine commencée (...) Cette contre-révolution apparut souvent impossible. Margaret Thatcher démontre pour le moins qu'elle est possible. Dans tous les pays d'Europe occidentale, la question de la social-démocratie se pose : jusqu'où peut aller l'État-providence sans gripper les mécanismes de l'économie ? Est-il possible d'abaisser les syndicats pour rendre aux individus davantage de liberté, le sens des responsabilités et la chance de réussir ? L'atténuation de la progressivité de l'impôt est-elle juste, acceptée par la masse des électeurs ? Dans quelle mesure la dénationalisation des entreprises est-elle possible ? Les charbonnages, les chemins de fer, British Airways, la sidérurgie tireront-ils profit de leur retour au privé ? Que la tentative soit ébauchée constitue à elle seule un événement; la réussite, je veux dire le regain de l'économie britannique, provoquerait des vagues dans tous les pays industrialisés, en particulier d'Europe occidentale.»

L'Express (France), 24 juin 1983, p. 51.

Guy Cormier, «L'Angleterre de Thatcher»

«...La défaite de l'alliance libéraux-SPD présage la fin du SPD, cette formation née d'un désaccord au sein du Labour. Après des succès initiaux spectaculaires aux élections partielles, le SPD, sorte de NPD à la sauce anglaise, n'a récolté que cinq sièges aux élections générales, pendant que ses alliés libéraux, mieux implantés, en prenaient 17. Le cas du Labour est à la fois plus pathétique et moins désespéré. Le parti n'est jamais descendu aussi bas depuis 1918. Son apparentement avec les éléments les plus radicaux, qui l'a fait passer pour communiste aux yeux des âmes simples, les faiblesses et les divisions de sa direction, l'incohérence de ses positions lui ont enlevé toute vraisemblance comme solution de rechange au régime Thatcher. S'il parvient à se donner un chef plausible, au cours d'un congrès qui sera probablement tenu à l'automne, il redeviendra un parti avec lequel il faut compter. Mais il faudra qu'il fasse un sérieux inventaire de sa clientèle. Elle a beaucoup changé depuis 1950, parce que l'Angleterre a changé.»

La Presse (Québec, Canada), 11 juin 1983, p. A6.

James Kelly et al., « Thatcher Triumphant »

«...Thatcher was virtually untutored in the art of governing, untested under fire. But in four years' time she earned the nickname « Iron Lady », as a tough, gritty leader who seemed to relish a good scrap. Her personality, in a sense, became government policy. « The resolute approach, » Tories labeled it. By the time she called new elections last month, Thatcher dominated the national stage as no other Prime minister had done since Churchill. The election could not have offered voters a more dramatic choice. Britain was forced to decide between radical right and zealous left, with only the unproven Alliance trying to hold the center. The Labor Party's campaign manifesto called for pulling Britain out of the European Community, unilaterally banishing nuclear weapons from British soil, launching a $17 billion job-creation program and nationalizing a clutch of key industries. The Conservative manifesto, on the other hand, pledged to do the opposite on just about every issue. »

Time (États-Unis), 20 juin 1983, p. 20-21.

Gouvernance et gouvernement [ 9 juin 1983 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IIMargaret Thatcher

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1978 - 1988



mai
1979
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Margaret Thatcher

mai
1979
[Résultats] Élections législatives

août
1979
Attentats contre des cibles britanniques revendiqués par l'ARIP

juillet
1981
Mariage du prince Charles et de lady Diana Spencer au Royaume-Uni

juin
1983
Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Margaret Thatcher

juin
1983
[Résultats] Élections législatives

mars
1985
Fin d'une grève des mineurs au Royaume-Uni

juillet
1985
Présentation du concert musical Live Aid

juin
1987
Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Margaret Thatcher

juin
1987
[Résultats] Élections législatives

décembre
1988
Explosion d'un Boeing 747 au-dessus de Lockerbie, en Écosse


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