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11 juin 1987

Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Margaret Thatcher

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Margaret Thatcher

Les conservateurs, dirigés par Margaret Thatcher, remportent une troisième élection législtaive consécutive avec 42,3% des voix. Ils font élire 376 députés à la Chambre des communes contre 229 pour leurs plus proches rivaux, les travaillistes de Neil Kinnock.

À l'âge de 61 ans, Margaret Thatcher devient le premier chef de parti du XXe siècle à remporter trois élections de suite au Royaume-Uni. Avec un appui relativement comparable à celui de 1983, les conservateurs profitent encore une fois de la division des votes entre les travaillistes et l'Alliance libérale et le Parti social-démocrate (PSD) pour obtenir une majorité de 101 sièges à la Chambre des communes. Les travaillistes, maintenant dirigés par Neil Kinnock, augmentent leur députation et leur pourcentage d'appuis (30,8%) par rapport à 1983. Par contre, l'Alliance libérale-PSD déçoit quelque peu avec 22,6% des voix et 22 députés élus. Les conservateurs ont connu des hauts et des bas dans les sondages au cours de leur mandat, mais la campagne se déroule dans un contexte qui leur est favorable avec l'inflation sous contrôle et le chômage à la baisse. Des projets controversés dans le domaine de l'éducation et de la fiscalité -la « poll tax »- risquent cependant de donner des munitions à l'opposition au cours des prochaines sessions parlementaires.

Pour en savoir plus: Discours de la première ministre britannique

Résultats du scrutin

Dans les médias...


S.A., « La victoire de l'obstination »

«...En huit ans, le conservatisme musclé de la « dame de fer » a plus profondément transformé la Grande-Bretagne que les trois décennies d'alternance tories-Labour qui l'avaient précédé. La dure médecine de Mme Thatcher provoque parfois des réactions de rejet : ainsi, l'an passé, on avait pu croire un moment que la persistance d'un taux de chômage élevé - trois millions de sans-emploi - l'accroissement des inégalités sociales et la montée de la violence dans les ghettos noirs et asiatiques des grandes villes mettaient en danger son pouvoir. Mais si les Britanniques, comme l'écrivait l'hebdomadaire de gauche « New Statesman », avaient « cent raisons de ne pas voter tory », ils en avaient à peu près autant de ne pas accorder leurs suffrages à leurs concurrents. Certaines d'entre elles ont été déterminantes : les positions « unilatéralistes » du Labour en matière de désarmement nucléaire l'ont empêché d'acquérir une crédibilité suffisante, malgré la remarquable campagne de M. Neil Kinnock, son nouveau leader. (...) À vues humaines, l'avenir de la Grande-Bretagne est donc thatchérien pour les cinq prochaines années. »

Le Monde (France), 13 juin 1987, p. 1.

Jérôme Dumoulin, « La potion Maggie »

«...Les aristocrates peuvent bien l'ignorer, les intellectuels la tenir en suspicion, les déshérités la haïr, un tiers des électeurs qui votent tory disent le faire à cause d'elle. C'est cette classe moyenne qui lui est à jamais reconnaissante d'avoir brisé - en jouant de la loi et de l'ordre - la toute-puissance des syndicats, lors de son combat homérique avec Arthur Scargill, le « roi » des mineurs; d'avoir promu le capitalisme populaire par le biais des privatisations et de l'accession à la propriété; de promettre enfin, pour demain, la réforme de l'éducation et la mise au pas des collectivités locales, dominées par les « gauchistes » du Labour. « Marks et Spencer, dit-elle, ont triomphé de Marx et Engels. » Cette invitation sans détour à l'embourgeoisement général et à la « disparition totale des distinctions de classes », dans un pays où les « poches » de misère semblent au-delà de toute rédemption, où les chômeurs sont encore au nombre de 3 millions, irrite et parfois scandalise. (...) Faut-il en conclure que cette championne du capitalisme populaire est condamnée à échouer comme leader populiste ? »

L'Express (France), 19 juin 1987, p. 50.

Paul-André Comeau, « Un troisième mandat »

«...Grâce à un indéniable charisme et de réels talents d'orateur, le nouveau leader du Labour, M. Neil Kinnock, a réussi à améliorer considérablement les piètres résultats récoltés par son prédécesseur lors du scrutin de 1983. Ce n'était pas suffisant pour chasser de la mémoire collective les souvenirs amers des années 70 où les syndicats donnaient l'impression de gouverner le pays, par Travaillistes interposés. (...) Ces élections reciblent la politique britannique autour du pôle traditionnel des deux grandes formations. Annoncée par tous les sondages pré-électoraux, la bonne fortune de l'Alliance, née de la coalition du vieux parti libéral et de la nouvelle formation sociale démocrate (le SPD), s'est évanouie dès les premiers jours de la campagne. L'Alliance a même reculé au chiffre des suffrages populaires en regard des résultats enregistrés en juin 1983. Les électeurs britanniques ont renoué avec le réflexe du « vote utile ». Ce retour au bipartisme rigide va inévitablement remettre en question le leadership et peut-être même l'avenir de cette coalition. »

Le Devoir (Québec, Canada), 12 juin 1987, p. 8.

Éditorial

«...With her election to a third term, unprecedented in modern British history, Thatcher takes her place alongside Winston Churchill as one of the most important Free World leaders of the 20th century. Reagan and Thatcher, who are close personally, have almost nothing in common except their commitment to conservatism. Thatcher, the dominant political figure in Great Britain, towers over the English political landscape today the way Reagan did over America in 1981-82. The « Iron Lady » makes up for her lack of charisma and warmth through a dogged determination, passionate commitment to ideas and her ability to work tirelessly. What she lacks in flash and glitz, she makes up for with rock-steady unflappability. One simply cannot imagine Margaret Thatcher in a panic. Thatcher was re-elected on the strength of her conservative beliefs, not on her personality or personal charm. British voters might vote the affable Labor Party leader, Neil Kinnock, but they clearly want Thatcher to govern them.»

The Arizona Republic (États-Unis), 12 juin 1987.

Gouvernance et gouvernement [ 11 juin 1987 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IIMargaret Thatcher

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1982 - 1992



juin
1983
Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Margaret Thatcher

juin
1983
[Résultats] Élections législatives

mars
1985
Fin d'une grève des mineurs au Royaume-Uni

juillet
1985
Présentation du concert musical Live Aid

juin
1987
Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Margaret Thatcher

juin
1987
[Résultats] Élections législatives

décembre
1988
Explosion d'un Boeing 747 au-dessus de Lockerbie, en Écosse

novembre
1990
Démission de la première ministre britannique Margaret Thatcher

avril
1992
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par John Major

avril
1992
[Résultats] Élections législatives


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