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9 avril 1992

Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par John Major

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

John Major

Les conservateurs, dirigés par John Major, remportent une quatrième élection législative consécutive avec 41,9% des voix. Ils font élire 336 députés à la Chambre des communes contre 271 pour leurs plus proches rivaux, les travaillistes de Neil Kinnock.

Même si elle est marquée par une baisse au niveau de la députation et des intentions de vote, cette victoire permet aux conservateurs de garder une majorité de 21 sièges à la Chambre des communes. Il s'agit d'une première victoire pour le nouveau chef John Major, successeur de Margaret Thatcher qui a démissionné en novembre 1990 après un règne de 11 ans. Major, un ex-ministre des Affaires étrangères et chancelier de l'échiquier âgé de 49 ans, est confronté à une tenace récession qui a miné son gouvernement et profité aux travaillistes de Neil Kinnock. Ces derniers gagnent 42 sièges par rapport à l'élection de 1987. Mais le résultat ne satisfait pas Kinnock qui annonce son départ le 9 avril. Son successeur sera John Smith. L'autre formation majeure, le Parti des libéraux-démocrates, dont la fusion est devenue officielle en 1988, recueille 17,9% des votes et fait élire 20 députés.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Marc Epstein, « La ligne Major »

«...Pour le reste, John Major s'efforcera de consolider les réformes de son prédécesseur, à défaut d'en imaginer d'autres. Méfiant envers toutes les idéologies, il promet une société ouverte, proche de l'idéal américain, où chaque citoyen aura sa chance. C'est un pragmatique, chantre d'une société consensuelle. Des exemples ? Il envisage la privatisation des chemins de fer et des charbonnages. Mais il n'y aura pas de nouvelle réduction d'impôt pour les plus fortunés ni de menace sur la sécurité sociale, au grand dam de l'aile droite du parti. Conforme à la tradition tory, mise à mal sous Thatcher, Major entend utiliser les ressources de l'État pour améliorer les services publics et venir en aide aux plus défavorisés, « afin, explique-t-il, d'assurer aux chefs de famille leur tranquillité d'esprit ». (...) Quant au reste, les élections ont permis de vérifier le conservatisme tranquille de la société britannique. Les millions de nouveaux propriétaires privés, apparus sous Thatcher, constituent une base électorale durable pour les tories, qui trouvent en Major un porte-parole modéré de leurs aspirations. »

L'Express (France), 24 avril 1992, p. 20.

K.S. Karol, « Le pari de Neil Kinnock »

«...Les conservateurs ont eu beaucoup d'argent pour leur campagne mais très peu d'idées. Ils ont misé essentiellement sur la peur de l'électorat devant le changement et pratiqué, accessoirement, le dénigrement. Cela n'est pas très nouveau non plus. En 1945, Winston Churchill accusait Clement Attlee de vouloir créer une Gestapo en Grande-Bretagne. Cette fois, le tabloïd conservateur « the Evening Standard » a dépeint Neil Kinnock en dictateur et ses troupes au rally de Sheffield en SS brandissant des drapeaux rouges frappés de la faucille et du marteau. John Major n'a pas repris à son compte ces extravagances et s'est contenté d'annoncer aux Anglais « un cauchemar sur Kinnock Street ». Pour Michael Heseltine, une gestion travailliste conduirait à des émeutes et à la guerre civile. Bref, les tories ou l'apocalypse... Beaucoup de conservateurs intelligents ont désapprouvé en privé cette propagande. Pour la bonne raison que, cette fois, le statu quo n'est pas pensable et qu'il ferait voler en éclats l'unité même du pays. »

Le Nouvel Observateur (France), 9 au 15 avril 1992, p. 39.

François Brousseau, « L'Angleterre au centre »

«...Alors que les travaillistes dans l'opposition, après les années de délire gauchiste, se recentraient courageusement, le Parti conservateur subissait, lui aussi, une mue idéologique à la fois discrète et substantielle, sous la gouverne de John Major. (...) Ce n'est pas à un « faux socialisme » yuppie et bien emballé - auquel il faudrait opposer un archéo-socialisme de « retour aux sources » - que les électeurs britanniques ont dit non jeudi. Plus à gauche, le Parti travailliste n'aurait sans doute pas obtenu une voix de plus. Tout simplement, les électeurs ont cru à la « nouveauté » de John Major, tout en restant méfiants face à une gauche encore perçue comme trop traditionnelle. Du côté des vainqueurs, la réélection du Parti conservateur pour un quatrième mandat consécutif - une première en presque deux siècles - ne doit pas pour autant être perçue comme un chèque en blanc, ou une prolongation du thatchérisme. John Major, personnage au charisme incertain, l'enfant des quartiers populaires qui proclame sans rire « la société sans classes » (ancien slogan marxiste), a mis de côté de nombreux éléments du credo radical de Mme Thatcher. »

Le Devoir (Québec, Canada), 11 avril 1992, p. A10.

Éditorial

«...the genial Mr. Major, whom many people had initially written off as a rather wimpy protege of Mrs. Thatcher, prevailed. What was his secret weapon, George Bush may be asking. (...) Perhaps it was the British public's fear of tax increases, which the Labor Party promised. Or perhaps the messy Italian and German election results that battered leading parties and boosted protest candidates made some British voters wary about political instability. But the real explanation for the Major victory appears to be more personal. He is a man the voters like. He has known poverty and gives the impression that he understands the problems of ordinary people, and that he cares. These are important factors when a conservative party is defending itself against the ravages of recession, important even when the opposition is too weak to take advantage of the incumbent's mistakes. John Major deserves credit for the Tory victory, which traded heavily on his biography and personality. »

The Philadelphia Inquirer (États-Unis), 13 avril 1992.

Gouvernance et gouvernement [ 9 avril 1992 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IIJohn Major

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1987 - 1997



juin
1987
Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par Margaret Thatcher

juin
1987
[Résultats] Élections législatives

décembre
1988
Explosion d'un Boeing 747 au-dessus de Lockerbie, en Écosse

novembre
1990
Démission de la première ministre britannique Margaret Thatcher

avril
1992
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par John Major

avril
1992
[Résultats] Élections législatives

avril
1995
Réformes majeures au sein du Parti travailliste britannique

mai
1997
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Tony Blair

mai
1997
[Résultats] Élections législatives

août
1997
Décès de la princesse de Galles, lady Diana Spencer

septembre
1997
Tenue d'un référendum sur les institutions politiques en Écosse


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