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1 mai 1997

Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Tony Blair

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Tony Blair

Les travaillistes, dirigés par Tony Blair, remportent les élections législatives avec 44% des voix. Ils font élire 419 députés à la Chambre des communes contre 165 pour leurs plus proches rivaux, les conservateurs de John Major.

Il s'agit d'une victoire historique pour les travaillistes qui reprennent le pouvoir après 18 années de règne conservateur. Plus jeune premier ministre britannique du XXe siècle à 43 ans, le chef Tony Blair mène son parti à une majorité écrasante de 179 sièges à la Chambre des communes, du jamais-vu. Depuis qu'il a succédé à John Smith, décédé en mai 1994, Blair a fait adopter par les travaillistes des positions modérées sur la fiscalité et l'éducation. Ils renoncent également à l'étatisation des moyens de production et d'échange. Pour les conservateurs, il s'agit d'un échec retentissant. La députation est coupée de moitié par rapport à 1992, de 336 à 165, et le pourcentage des voix s'établit à 30,7%. L'ex-premier ministre John Major prend acte de ces résultats et annonce qu'il quitte ses fonctions de chef. Il sera remplacé par William Hague. Le Part libéral-démocrate profite de cette baisse pour faire élire 46 députés, un gain de 20 par rapport à l'élection de 1992. À un autre niveau, soulignons que 120 femmes siégeront désormais à la Chambre des communes, un record.

Pour en savoir plus: Discours du nouveau premier ministre travailliste au Royaume-Uni

Résultats du scrutin

Dans les médias...


François Sergent, Pierre Haski, «Un homme attendu au tournant»

«...Il y a d'abord l'ampleur de la victoire travailliste, constamment prédite par les sondages d'opinion, mais dont nul ne s'attendait à la voir sortir intacte des urnes à l'issue d'une campagne féroce. (...) Les leaders conservateurs, dont beaucoup ont mordu la poussière, ont tenté d'analyser leur infortune par l'étalage de leurs divisions sur l'Europe, par la multiplication des affaires de corruption ou par des erreurs tactiques de leur chef de file. Aucun n'a été capable d'expliquer ce séisme politique: comment un parti affichant des résultats économiques à faire des envieux dans le reste de l'Europe pouvait-il se voir à ce point désavoué par son électorat? Ce résultat est le grand paradoxe britannique, mais aussi la marque du génie politique de Tony Blair, qui a su convaincre les Britanniques qu'il ne mettrait pas en danger les acquis de 18 ans de thatchérisme, tout en faisant mieux à la marge, en particulier dans le domaine social et dans le fonctionnement des services publics laissés à l'abandon.»

Libération (France), 2 mai 1997, p. 4.

Charles Lambroschini, «La victoire de Thatcher»

«...Mais si les Anglais ont choisi Tony Blair, c'est aussi parce que celui-ci s'est engagé à ne faire du neuf qu'avec de l'ancien. Il a juré de «laisser intactes les principales réformes des années 80». La révolution conservatrice de Margaret Thatcher est en effet irréversible. En dix-huit ans, l'Angleterre a tout simplement changé de siècle. Après avoir abandonné l'État-providence, rêvé par Marx en 1848, elle s'est convertie au combat sans règles de l'économie de marché, qui s'est révélée le principe existentiel du monde de l'an 2000 (...) Pour échapper au purgatoire de l'opposition, les travaillistes durent se résigner au virage doctrinal. Comme les royalistes français contraints, malgré la Restauration, d'accepter les droits acquis de 1789, ils se rallièrent au credo du thatchérisme. Tony Blair n'a pas simplement écarté les barons du syndicalisme, qui étaient les vrais chefs du Labour. Il a solennellement renoncé à l'article IV des statuts du parti, qui prévoyait la nationalisation des moyens de production. Aujourd'hui, les travaillistes ne prétendent plus corriger que les excès des tories. Au nom des faibles et des pauvres oubliés par les conservateurs, le Labour s'est contenté de programmer une augmentation des crédits pour la santé et pour l'éducation. Tony Blair l'a promis : il sera seulement le champion d'un thatchérisme à visage humain. La «dame de fer» a jeté bas toutes les idoles.»

Le Figaro (France), 2 mai 1997, p. 1.

François Brousseau, «Les trois défis de Tony Blair»

«...Raz-de-marée travailliste, hier en Grande-Bretagne. Triomphe d'un jeune et sémillant politicien, Tony Blair, le «Clinton de Westminster». La fin d'une époque, après 18 ans de pouvoir tory inspiré par «Miss Maggie». Que fera le nouveau premier ministre de la plus vieille démocratie du monde, avec ce mandat très net? Revaloriser la politique, on ose l'espérer. Affronter les défis modernes qui se posent à la nation, dont la Grande-Bretagne est peut-être le suprême représentant contemporain. Et, peut-être à son corps défendant, revenir à la «question sociale», cette grande oubliée du thatchérisme. Revaloriser la politique, affronter la nouvelle question nationale et redécouvrir le «social»: trois défis pour Tony Blair.»

Le Devoir (Québec, Canada), 2 mai 1997, p. A8.

Éditorial

«...This is certainly a great accomplishment. But while it is a personal mandate, it is not one for a new program. And while it is hard to argue with the fact that Britain's Labor Party had long been in need of a purging of fixed and antiquated and stultifying economic policies, Prime Minister Blair was less an innovator than a man who determined which way the wind was blowing and took a course quite like the policy of the Tory he defeated, John Major. No more Labor-type socialism and pro-union indulgence for his «New Labor». Mr. Blair ran as a me-too privatizer and free enterpriser, pledging to fix up health insurance and narrow the gap between rich and poor and to do so -not saying how- with no new taxes and no new spending. He ran a Clinton-lookalike campaign, moving toward the center with a verve that earned him the label «Tony Blur». Il defies experts to find a difference between his and the Conservatives' hedged positions on Britain's dominating foreign policy issue, relations with a Europe moving determinedly toward a single European currency.»

The Washington Post (États-Unis), 5 mai 1997.

Gouvernance et gouvernement [ 1 mai 1997 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Royaume-Uni
ÉlevéElizabeth IIJohn Major

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1992 - 2002



avril
1992
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement conservateur dirigé par John Major

avril
1992
[Résultats] Élections législatives

avril
1995
Réformes majeures au sein du Parti travailliste britannique

mai
1997
Élection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Tony Blair

mai
1997
[Résultats] Élections législatives

août
1997
Décès de la princesse de Galles, lady Diana Spencer

septembre
1997
Tenue d'un référendum sur les institutions politiques en Écosse

avril
1998
Signature de l'accord du « Vendredi saint » sur la paix en Irlande du Nord

juin
2001
Réélection au Royaume-Uni d'un gouvernement travailliste dirigé par Tony Blair

juin
2001
[Résultats] Élections législatives


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20 ans plus tard : l'héritage contrasté de Tony Blair à la tête du Royaume-Uni


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