Université de Sherbrooke
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4 novembre 1952
Élection de Dwight D. Eisenhower à la présidence des États-Unis

Texte rédigé par l'équipe de Perspective Monde,

Eisenhower en campagne électorale, Baltimore
Dwight D. Eisenhower Library

Le républicain Dwight D. Eisenhower devient le 34e président des États-Unis en défaisant facilement le candidat démocrate Adlai Stevenson. Eisenhower qui obtient 34 075 529 votes (55,2%) contre 27 375 090 (44,3%) pour Stevenson, devance ce dernier au chapitre des grands électeurs, 442 contre 89.

La victoire du général Eisenhower, âgé de 62 ans, met un terme à vingt ans de règne démocrate à la Maison-Blanche. Le contexte de la guerre froide et la popularité personnelle de l'ex-commandant en chef des forces alliées pendant la Deuxième Guerre mondiale jouent un rôle de premier plan dans ce raz-de-marée républicain. Eisenhower, qui a été à la tête des forces de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) de 1950 à 1952, espère notamment mettre fin au conflit coréen qui dure depuis 1950. Lors de l'élection, il obtient la majorité dans 39 États sur 48. Seulement neuf États du Sud restent fidèles aux démocrates qui sortent également de l'élection en minorité à la Chambre des représentants et au Sénat. Le vice-président sera un jeune sénateur de la Californie, Richard M. Nixon.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Henri Pierre, «La nécessité d'une réorganisation s'impose aux deux partis américains»

«...Enfin le fait important est que les indépendants, et plus précisément les jeunes électeurs, les femmes et les indécis, ont nettement penché du côté d'Eisenhower pour les raisons qui ont déjà été évoquées : inquiétude pour l'avenir, mécontentement de l'inflation et de la guerre de Corée, sans oublier la réaction émotionnelle en faveur du héros «Ike». Est-ce à dire que le parti démocrate soit voué à une décadence irrémédiable ? Rien ne serait plus inexact. Certes la coalition maintenue à grand'peine par Roosevelt a subi un sérieux choc, mais elle a quand même obtenu vingt-cinq millions de voix, ce qui ne peut être considéré comme négligeable. Ensuite le fait capital qu'il faut souligner est le caractère personnel, mieux vaudrait dire plébiscitaire, du succès d'Eisenhower : on ne saurait parler d'un raz de marée pour le parti républicain. Tirant les conclusions de ces faits, les démocrates songent à réorganiser leur parti. C'est là que les difficultés commencent. Entre les jeunes éléments, pressés de se regrouper derrière le gouverneur Stevenson, et les anciens, qui croient qu'il est temps de revenir aux bonnes vieilles méthodes, une lutte serrée se prépare.»

Le Monde (France), 8 novembre 1952, p. 2.

C.O., «Eisenhower et Stevenson»

«...La campagne d'Eisenhower, dès le début, a mis en valeur le caractère de concours publicitaire que prennent parfois les élections américaines. Sans lui, cet aspect n'eût pas été aussi évident. Des journaux qui passent pour aussi sérieux que le New York Times ont soutenu sa candidature alors qu'il n'avait officiellement défini qu'un seul point de son programme politique : l'épuration de l'Administration démocrate de Washington. Avant d'avoir reconnu qu'il pourrait être candidat, Eisenhower obtenait des majorités substantielles dans ces tests de popularité que sont certaines élections primaires du parti républicain. Il y a plus significatif encore : le parti démocrate et le parti républicain se disputaient l'adhésion d'Eisenhower depuis longtemps et avec l'espoir, bien entendu, qu'il serait candidat. Peu importaient ses idées politiques réelles; on savait qu'en matière de publicité politique, Eisenhower était un produit de choix.»

Esprit (France), décembre 1952, p. 967.

André Laurendeau, «L'homme qui a gagné la guerre saura-t-il gagner la paix ?»

«...Vainqueur, le général Eisenhower a prononcé d'abord le mot de paix. L'image qu'il avait fournie de sa politique extérieure est très confuse et parfois contradictoire. Aujourd'hui qu'il est en selle, le nouveau président élu va-t-il s'imposer ? S'affirmera-t-il avec son bon sens habituel, son goût de la diplomatie, sa tendance au «juste milieu» (celui-ci se situant, pour un tel esprit, un peu à la droite du centre)? Réussira-t-il à acquérir assez tôt une expérience politique qui lui manquait visiblement durant la campagne électorale ? Ces questions nous touchent presque autant que les Américains. Ils n'ont pas désigné seulement celui qui sera leur chef, ils ont élu, dans une large mesure, notre président. Au reste tout le monde l'a senti, Français, Anglais, Allemands, Italiens ou Canadiens, tous ont suivi avec un égal intérêt une lutte dont les résultats les engagerait tous. Les responsabilités qui pèsent sur les épaules du général Eisenhower sont terribles. Il a montré qu'il le sent lui-même, et ses premières paroles furent une protestation d'humilité. L'homme a montré qu'il est capable de grandeur. Fasse le ciel qu'il soit égal à la tâche titanesque qui l'attend.»

Le Devoir (Québec, Canada), 5 novembre 1952, p. 4.

Arthur Krock, «In the Nation»

«...Doubtless the high prices for the necessaries of daily life that overtook the increase in dollar earnings, and were an ever-present reminder to the breadwinner and the housewife that inflation was not just an economist's word, had a good deal to do with the breach in this (le mouvement ouvrier), one of the most favored groups under the New Deal and the Fair Deal. But the stalemate in Korea, the hope engendered by General Eisenhower's promise to go there for a «new look» for means to end it honorably, and his presentation of charges that the war could have been averted by competent statecraft and diplomacy by their very nature were very acute considerations in the minds of the whole voting mass. On these it reacted as a majority in which group boundaries were eliminated. Basic to all this, of course, was the mass agreement that a «change» was due at Washington, to which agreement the revelations of official corruption and charges of Administration tolerance of Communist infiltration in the Government must have contributed importantly.»

New York Times (États-Unis), 6 novembre 1952, p. 28.

Gouvernance et gouvernement [ 4 novembre 1952 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

États-Unis
ÉlevéHarry S. Truman

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie [1947 - 1957]



12 mars 1947 Proclamation de la doctrine Truman
10 avril 1947 Intégration raciale du baseball majeur aux États-Unis
12 juillet 1947 Ouverture d'une conférence à Paris sur le Plan Marshall
14 octobre 1947 Dépassement du mur du son par un avion-fusée américain
30 mars 1948 Création de l'Organisation des États américains
2 novembre 1948 Élection de Harry S. Truman à la présidence des États-Unis
2 novembre 1948[Résultats] Élection présidentielle
2 novembre 1948[Résultats] Élections législatives
7 décembre 1948 Adoption de la Déclaration universelle des droits de l'Homme
20 janvier 1949Harry S. Truman : chef d'État (investiture/assermentation)
4 avril 1949 Création de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord
7 novembre 1950[Résultats] Élections législatives
1 septembre 1951 Signature du traité de l'ANZUS à San Francisco
1 novembre 1952 Explosion de la première bombe à hydrogène par les États-Unis
4 novembre 1952[Résultats] Élection présidentielle
4 novembre 1952[Résultats] Élections législatives
20 janvier 1953Dwight D. Eisenhower : chef d'État (investiture/assermentation)
19 juin 1953 Exécution de Julius et Ethel Rosenberg aux États-Unis
8 septembre 1954 Création de l'Organisation du traité de l'Asie du Sud-Est
2 novembre 1954[Résultats] Élections législatives
18 juillet 1955 Ouverture d'une conférence internationale des quatre Grands à Genève
5 décembre 1955 Fusion de deux centrales syndicales américaines (AFL-CIO)
6 novembre 1956 Réélection de Dwight D. Eisenhower à la présidence des États-Unis
6 novembre 1956[Résultats] Élection présidentielle
6 novembre 1956[Résultats] Élections législatives

 Dir: Jean-Herman Guay Faculté des lettres et sciences humaines       Version 9.6 2014    ©Tous droits protégés     Bilan du siècle   Dimension