Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

15 décembre 2018

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3 novembre 1964

Élection de Lyndon B. Johnson à la présidence des États-Unis

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Lyndon B. Johnson
LBJ Library Photo: Yoichi R. Okamoto

Le président sortant, le démocrate Lyndon B. Johnson, remporte une des victoires les plus décisives de l'histoire politique américaine en défaisant par plus de 15 millions de votes le républicain Barry Goldwater. Johnson, qui obtient 43 129 566 votes (61 %) contre 27 178 188 (38,5 %) pour Goldwater, devance ce dernier au chapitre des grands électeurs, 486 contre 52.

Vice-président de 1961 à 1963, Johnson, maintenant âgé de 56 ans, a succédé au président John F. Kennedy lorsque celui-ci est décédé à Dallas, le 22 novembre 1963. Il obtient une majorité record sur le sénateur républicain Barry Goldwater, un conservateur qui a voté contre le « Civil Rights Act » et qui prône une politique étrangère intransigeante à l'endroit de l'Union soviétique. Goldwater ne remporte que cinq États du Sud en plus de son propre État de l'Arizona. Les positions extrémistes de leur candidat font mal aux républicains qui perdent 38 sièges à la Chambre des représentants où ils ne sont plus que 140 contre 295 démocrates. Ces derniers contrôlent aussi le Sénat où ils détiennent 68 des 100 sièges. Cette double majorité aidera Johnson à aller de l'avant avec son projet de « Grande société », une série de réformes sociales qui marqueront l'histoire américaine. Le vice-président de Johnson sera Hubert H. Humphrey, un sénateur du Minnesota.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


S.A., «Élection : le No 1 du monde»

«...Personne, cependant, exception faite peut-être de M. Lyndon Johnson lui-même, n'est satisfait du climat dans lequel s'est déroulée la campagne présidentielle, l'une des plus médiocres qui se soit jamais disputée outre-Atlantique. Le contraste est frappant avec la précédente campagne, dont le ton avait été donné par l'homme de la Nouvelle Frontière, qui présentait la possibilité de choix raisonnés et insufflait aux Américains le sens d'une mission à accomplir. En 1964, les slogans ont remplacé les thèmes électoraux, les débats ont cédé la place aux invectives (...) La faiblesse de M. Goldwater aura peut-être été de ne pas savoir jusqu'où on peut aller trop loin en dégradant, aux yeux d'un peuple, l'image de celui qui l'incarne. Le président Johnson, lui, a cru sentir que ses compatriotes étaient plus avides de paix que de scandale. Il avait ouvert sa campagne sur une vision de la future Amérique, celle de la «Grande Société», à la fois plus riche et plus juste, à laquelle le pays allait accéder sous sa houlette. Il n'a pas pris la peine de préciser les contours de cette «Grande Société», et s'est contenté d'opposer le sage Johnson à «cet irresponsable qui vous mènera à la guerre.»»

L'Express (France), 2 au 8 novembre 1964, p. 20-21.

Stanley Hoffman, «La défaite de Goldwater»

«...les mécontentements accumulés par l'action des Démocrates en matière de droits civiques, d'impôts, de politique sociale et de politique étrangère n'étaient pas suffisants pour amener la majorité du corps électoral à renverser le sens de la marche. Le seul succès véritable du Sénateur (Goldwater) a été remporté dans le Sud, où cinq États lui ont donné la majorité de leurs suffrages. La coalition des mécontents n'a pas gagné à la fois parce que le Sénateur n'a pas su la forger, et parce que les Américains, mis en présence (pour la première fois depuis plus de trente ans) d'un choix véritable, ont préféré la voie que non seulement les Démocrates, mais encore les Républicains sous Willkie (sic), Dewey, Eisenhower et Nixon avaient choisie. Les Démocrates ne se sont pas privés de l'occasion, que leur donnait Goldwater, de se poser en héritiers non seulement de Roosevelt, Truman et Kennedy, mais encore des Républicains modérés : c'était la conséquence nécessaire de la politique de Goldwater, mais ce fut aussi la conséquence fatale, puisque les Républicains modérés influents, notamment dans le monde des affaires, sommés de choisir entre Goldwater et Johnson, optèrent pour le Démocrate, symbole de la continuité, contre le Républicain, synonyme de chambardement.»

Esprit (France), décembre 1964, p. 1038.

Paul Sauriol, «Le triomphe de M. Johnson»

«...Plusieurs facteurs ont contribué à la victoire du président Johnson. À cause de sa grande expérience et de ses talents indiscutables, et aussi parce que le souvenir de son prédécesseur plaidait en sa faveur, il aurait probablement gagné contre n'importe quel adversaire. Mais l'ampleur de son succès s'explique avant tout par la présence de M. Goldwater. Plusieurs millions d'électeurs ont voté d'abord contre le candidat républicain qui les effrayait et ils n'avaient pas d'autre moyen de marquer cette opposition qu'en votant pour Johnson. Cet aspect est rendu évident par l'appui que des républicains en vue ont donné au candidat démocrate. Même Eisenhower n'a jamais obtenu une aussi forte proportion du vote populaire que Johnson hier; Franklin Roosevelt, au sommet de sa popularité, en 1936, a approché de cette proportion sans l'atteindre tout à fait.»

Le Devoir (Québec, Canada), 5 novembre 1964, p. 4.

S.A., «LBJ : 'My Thanks to All America'»

«...The Democratic victory came in the wake of a lackluster campaign, which ebbed out in last-minute mudslinging, most of it more in apathy than in anger. There had been no climactic confrontation of opposing political philosophers in this most outlandish of all modern U.S. Presidential campaigns; indeed, it had seemed from the start that the two candidates were appealing to two different electorates in two different languages -and the lopsided verdict of the voters confirmed the view that President Johnson had spoken the language of moderate, middle-of-the-road America. He spoke in the same language on election night. His victory, he said, was «a tribute to men and women of all parties...a mandate for unity...My thanks,» he concluded, «...to all America.» Mr. Johnson's statement provided a sharp contrast to what Barry Goldwater had to say on election night : nothing.»

Newsweek (États-Unis), 9 novembre 1964, p. 25.

Gouvernance et gouvernement [ 3 novembre 1964 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

États-Unis
ÉlevéLyndon B. Johnson

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1959 - 1969



janvier
1959
Entrée de l’Alaska dans les États-Unis d’Amérique

septembre
1959
Visite du leader soviétique Nikita Khrouchtchev aux États-Unis

décembre
1959
Signature d'un traité international protégeant l'Antarctique

mai
1960
Émission du premier laser

septembre
1960
Présentation d'un premier débat télévisé entre candidats à la présidence des États-Unis

novembre
1960
Élection de John F. Kennedy à la présidence des États-Unis

novembre
1960
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
1960
[Résultats] Élections législatives

mars
1961
Création du Corps de la paix (Peace Corps)

avril
1961
Débarquement d'exilés cubains à la baie des Cochons

juin
1961
Rencontre entre John F. Kennedy et Nikita Khrouchtchev à Vienne

août
1961
Création de l'Alliance pour le progrès

septembre
1961
Début des travaux de l'Organisation de coopération et de développement économiques

septembre
1962
Publication du livre « Silent Spring » de Rachel Carson

novembre
1962
[Résultats] Élections législatives

février
1963
Publication du livre « The Feminine Mystique » de Betty Friedan

juillet
1963
Création de l'École militaire des Amériques

août
1963
Marche pour les droits civiques à Washington

novembre
1963
Assassinat du président américain John F. Kennedy

juillet
1964
Adoption du Civil Rights Act aux États-Unis

octobre
1964
Contestation étudiante à Berkeley

novembre
1964
Élection de Lyndon B. Johnson à la présidence des États-Unis

novembre
1964
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
1964
[Résultats] Élections législatives

avril
1965
Lancement du satellite de télécommunications commercial Intelsat I (Early Bird)

août
1965
Déclenchement d'émeutes raciales dans le quartier Watts, à Los Angeles

septembre
1965
Grève des travailleurs agricoles en Californie

octobre
1965
Discours du pape Paul VI à l'Organisation des Nations unies

novembre
1965
Publication du livre « Unsafe at any speed » aux États-Unis

juin
1966
Création de la National Organization for Women

octobre
1966
Fondation du Black Panther Party for Self-Defense aux États-Unis

novembre
1966
[Résultats] Élections législatives

juillet
1967
Déclenchement d’émeutes à Détroit, aux États-Unis

janvier
1968
Manifestations du mouvement chicano

avril
1968
Assassinat du pasteur Martin Luther King à Memphis

juin
1968
Assassinat de Robert Kennedy

juillet
1968
Présentation des premiers Jeux olympiques spéciaux à Chicago

août
1968
Ouverture de la convention du Parti démocrate américain à Chicago

octobre
1968
Protestation aux Jeux Olympiques de Mexico par deux athlètes américains

novembre
1968
Élection de Richard M. Nixon à la présidence des États-Unis

novembre
1968
[Résultats] Élection présidentielle

novembre
1968
[Résultats] Élections législatives

juin
1969
Déclenchement d'une émeute dans le bar gai Stonewall Inn de New York

juillet
1969
Incident tragique impliquant le sénateur américain Edward Kennedy

août
1969
Présentation d'un festival musical historique à Woodstock

novembre
1969
Manifestation d'envergure à Washington contre l'intervention américaine au Viêt-nam


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juin
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