Université de Sherbrooke
École de politique appliquée     Mercredi 23 avril 2014      Accueil              
       
Pays | Statistiques | Années | Événements | Conflits | Organisations | Analyses | Biographies | Vidéos | Documents | Glossaire | Valeurs | Jeux     

19 décembre 1965
Élection au suffrage universel de Charles de Gaulle à la présidence de la République française

Texte rédigé par l'équipe de Perspective Monde,

Charles de Gaulle

Charles de Gaulle remporte l'élection présidentielle en défaisant le candidat de la gauche, François Mitterrand, au second tour. De Gaulle obtient 13 083 699 votes (55,2%) contre 10 619 735 (44,8%) pour son adversaire.

Par la voie d'un référendum tenu le 28 octobre 1962, les Français ont accepté que leur président soit élu au suffrage universel. Seul président de la Ve République depuis sa création, en 1958, Charles de Gaulle se présente comme l'homme de la stabilité. Son mandat a été marqué par la fin de la guerre d'Algérie, une politique extérieure active et de bonnes performances économiques. Au premier tour, il se retrouve face à cinq candidats, dont François Mitterrand, un ex-ministre de la IVe République qui a l'appui de la gauche, incluant le Parti communiste. À la surprise générale, de Gaulle n'obtient que 43,7% des voix. L'absence d'une majorité force la tenue d'un second tour opposant les deux meneurs du premier tour, de Gaulle et Mitterrand. Avec 32,2% des voix, ce dernier a facilement devancé le centriste Jean Lecanuet (15,9%) et les trois autres candidats en lice. Tous s'opposent au président sortant qui réussit néanmoins à remporter le second tour avec une avance de plus de 2 millions de votes. Plus de 85% des Français ont participé aux deux tours de cette élection.

Pour en savoir plus: Discours télévisé préélectoral du président de la République française

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Jean Ferniot, «La revanche de de Gaulle»

«...Au surplus, en politique, il n'y a que le succès ou l'échec. Le candidat sortant est réélu, il gagne. Même s'il est déçu et irrité, même si l'on considère qu'il ne représente que cinquante-cinq Français sur cent, il est président de la République et il parle, l'élection acquise, au nom de la France. À la notion de plébiscite, succède celle de majorité ; c'est peut-être nouveau pour Charles de Gaulle, mais il acceptera fort bien cette situation nouvelle : (John F.) Kennedy n'a pas obtenu une telle élection, ni (Harold) Wilson. Une chose est sûre : le président de la République, on l'a constaté lorsqu'il s'est expliqué devant les téléspectateurs, ne modifiera ni sa politique étrangère ni sa politique militaire, qui sont complémentaires (...) Le style ? Les gaullistes espèrent qu'il sera plus proche de celui que le Général adopta pour ses dernières causeries que de celui des allocutions solennelles. Mais la campagne une fois passée, pourquoi le chef de l'État lutterait-il contre sa nature ?»

L'Express (France), 20 au 26 décembre 1965, p. 23.

D.M., «Le civisme des présidentielles»

«...Le gaullisme a vaincu non seulement sur le plan électoral mais aussi sur le plan, bien plus profond, des idées. Le système présidentiel et gaulliste a vidé la politique de son contenu programmatique, ce que le règne des partis, malgré ses tares, n'avait pas complètement réussi à faire. Quand avant-guerre un Croix de Feu affrontait un communiste, c'est de politique, de programme et de société qu'ils parlaient. C'était des conceptions et des modes de vie qui s'opposaient. Aujourd'hui il n'y a plus de différence entre le mode de vie, la morale, les idées et la philosophie d'un électeur gaulliste ou de gauche, ils sont profondément semblables. C'est la victoire de la psychologie, diront certains, que de vouloir tout traduire en termes humains et personnels, même ce qui ne peut pas l'être. C'est la défaite de la politique, diront les traditionalistes. Mais c'est surtout la conséquence de la non-participation réelle des citoyens dans la vie sociale qui l'oblige à traduire ses options en termes personnels.»

Esprit (France), février 1966, p. 294.

Jean-Marc Léger, «Une victoire pour la démocratie comme pour de Gaulle»

«...L'élection présidentielle française aura revêtu une grande importance à un autre point de vue : son influence certaine sur la vie politique. L'ampleur de la participation a consacré la grande réforme qu'a été le choix du chef de l'État au suffrage universel : le pays a posé en quelque sorte un regard neuf sur la chose publique et a manifesté à son égard un immense regain d'intérêt. C'est peut-être là la véritable leçon de l'opération, son principal acquis psychologique et politique. Les partis traditionnels ont senti la nécessité d'un renouvellement et d'un regroupement. S'ils ne parviennent pas à présenter aux électeurs, en 1967, un choix souple et clair entre trois ou quatre grandes formations et entre des hommes neufs qui les incarnent, il n'est pas sûr que l'intérêt réveillé dans le pays se maintienne.»

Le Devoir (Québec, Canada), 21 décembre 1965, p. 4.

S.A., «France : Seven More Years for De Gaulle»

«...It was Lecanuet's key block of center votes that concerned both De Gaulle and Mitterrand and made both men move toward the center in their campaigning. Mitterrand insisted that he was not the candidate of the left but of «the republic»; De Gaulle argued that he was neither of the right nor left : «I am for France». But so unsure was De Gaulle that the nation would reciprocate that his final entreaty before the vote was almost pathetic (...) Last week, the choice was final, and they would have to live with the man they chose for the next seven years. Faced with the grand old man they knew, or the young and waspish Mitterrand with his Communist support, Frenchmen voted to reelect Charles de Gaulle. With more than half the votes counted, De Gaulle was ahead by a comfortable 56%. The election campaign had made it clear that the voters disagreed with many of his policies. The question was whether the new De Gaulle, now given a second chance, would respond.»

Time (édition canadienne), 24 décembre 1965, p. 20.

Gouvernance et gouvernement [ 19 décembre 1965 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

France
IntermédiaireCharles de GaulleGeorges Pompidou

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 
retrouver ce média sur www.ina.fr

Chronologie [1960 - 1970]



24 janvier 1960 Début de la semaine des barricades en Algérie
13 février 1960 Explosion d'une première bombe atomique par la France
17 octobre 1961 Manifestation du Front de libération nationale à Paris
14 janvier 1962 Adoption de la politique agricole commune à Bruxelles
14 avril 1962 Georges Pompidou : chef du gouvernement (investiture/assermentation)
28 octobre 1962 Référendum en France sur l'élection du président au suffrage universel
18 novembre 1962[Résultats] Élections législatives
22 janvier 1963 Signature d'un traité entre la France et l'Allemagne
19 décembre 1965 Élection au suffrage universel de Charles de Gaulle à la présidence de la République française
5 décembre 1965[Résultats] Élection présidentielle
8 janvier 1966Charles de Gaulle : chef d'État (investiture/assermentation)
7 mars 1966 Annonce du retrait de la France de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord
12 mars 1967 Tenue d'élections législatives en France
5 mars 1967[Résultats] Élections législatives
22 mars 1968 Éclosion du Mouvement du 22 mars en France
0 mai 1968 Contestation étudiante et ouvrière en France
30 juin 1968 Tenue d'élections législatives en France
23 juin 1968[Résultats] Élections législatives
10 juillet 1968 Maurice Couve de Murville : chef du gouvernement (investiture/assermentation)
27 avril 1969 Tenue d'un référendum menant à la démission du président français Charles de Gaulle
28 avril 1969Alain Poher : chef d'État (investiture/assermentation)
15 juin 1969 Élection de Georges Pompidou à la présidence de la République française
1 juin 1969[Résultats] Élection présidentielle
20 juin 1969Georges Pompidou : chef d'État (investiture/assermentation)
20 juin 1969 Jacques Chaban-Delmas : chef du gouvernement (investiture/assermentation)

 Dir: Jean-Herman Guay Faculté des lettres et sciences humaines       Version 9.6 2014    ©Tous droits protégés     Bilan du siècle   Dimension