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15 juin 1969

Élection de Georges Pompidou à la présidence de la République française

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Georges Pompidou

Georges Pompidou remporte l'élection présidentielle en défaisant Alain Poher au second tour. Pompidou obtient 11 064 371 votes (58,2%) contre 7 943 118 (41,8%) pour son adversaire.

Cette élection fait suite à la démission de Charles de Gaulle, le 28 avril 1969, lendemain de sa défaite lors du référendum sur les régions et la transformation du Sénat. Ex-premier ministre de 1962 à 1968, Pompidou, qui est âgé de 57 ans, fait rapidement connaître son intention de lui succéder. En tête au premier tour avec près de 44% des votes, il est suivi par le président intérimaire, le centriste Alain Poher, avec 23,4%, et le communiste Jacques Duclos. Il n'y a donc pas de candidature de gauche lors du second tour que Pompidou remporte facilement contre Poher, même si ce dernier gagne plus de 2 669 555 votes entre les deux tours. Fort d'une imposante majorité gaulliste à l'Assemblée nationale, le nouveau président confie le poste de premier ministre à Jacques Chaban-Delmas. Les départs de plusieurs figures importantes -Maurice Couve de Murville, Pierre Messmer, André Malraux, Edgar Faure- sont à signaler, ainsi que les nominations de Valéry Giscard d'Estaing, aux Finances, Michel Debré, à la Défense nationale, et Maurice Schumann, aux Affaires étrangères.

Pour en savoir plus: Discours de campagne du futur président de la République française

Résultats du scrutin

Dans les médias...


D.M., « En quête de tranquillisant »

«...Un an à peine après les événements de mai 68, il semble bien que l'électorat français n'inspire plus qu'au calme et à la tranquillité. Il suffisait pour s'en convaincre de suivre la campagne électorale des leaders qui recueillirent le plus de voix aux élections présidentielles du 1e juin 1969. On peut supposer que les citoyens, las d'avoir à leur tête une personnalité trop forte et trop originale, ont préféré porter leur choix sur ceux dont la physionomie reflétait le mieux leur propre image, c'est-à-dire sur ceux qui possédaient la morphologie du Français bedonnant et paisible que l'on retrouve dans les caricatures des journaux étrangers. Quoi de plus naturel, au siècle des sondages d'opinion, que ce désir narcissique du peuple ait été détecté par les grandes formations de la droite, du centre et de la gauche ? Mais quoi de plus atroce aussi que des impératifs politiques qui obligent les Français à sacrifier deux hommes faits à leur image pour n'en conserver qu'un seul. »

Esprit (France), juillet-août 1969, p. 130.

Georges Suffert, « Le Président »

«...M. Pompidou, cantalien, sent qu'il y a dans chaque Français un déraciné inquiet. Une crainte de ce que sera la vie de ces enfants innombrables dont, il y a un an, tout le monde a entendu les clameurs. Une peur du chômage et surtout de revenir à la grande pénurie de la guerre et de l'après-guerre. Mais ce que M. Pompidou, homme de 58 ans, comprend moins, c'est à quel point les jeunes Français ont besoin de mythes. Ils veulent trouver des raisons à leur existence. De Gaulle les nourrissait quelque peu avec des mots et des gestes. M. Pompidou sait qu'il ne peut dire ni faire les mêmes. Pourtant, si, par manque d'imagination, il ne leur fournit pas une image d'eux-mêmes capable de les arracher à leur mélancolie, alors, un jour ou l'autre, ils repartiront à la recherche d'un autre héros ou d'un veau d'or idéologique. Désormais, M. Georges Pompidou est au pouvoir. Il lui reste à démontrer que l'imagination y est arrivée avec lui. »

L'Express (France), 16 au 22 juin 1969, p. 18.

Claude Ryan, « La victoire de Pompidou et l'avenir du gaullisme »

«...Il (le président) est devenu depuis 1962 le chef incontesté du gouvernement, tenant son autorité non plus d'une assemblée capricieuse et changeante mais du peuple souverain. La présidence, sous de Gaulle, a de plus incarné une conception précise du destin national de la France et de la paix du monde. Le changement apporté aux institutions se traduisit par un raffermissement marqué des orientations. Or, la victoire de M. Pompidou, qui s'était présenté comme l'avocat du système instauré par de Gaulle et comme le continuateur des politiques mises en oeuvre par celui-ci, confirme que les deux traits essentiels du gaullisme sont maintenus. Il se pourrait que le succès d'hier ne soit qu'un sursis et que l'expérience démontre que le système et les politiques conçus par de Gaulle ne pouvaient convenir qu'à celui-ci. Tout se passe, cependant, comme si les Français, avant de rejeter l'héritage, avaient décidé d'en pousser plus loin l'essai avec un autre homme que de Gaulle. La responsabilité historique qui échoit à M. Pompidou est très lourde. De tous les hommes politiques français d'aujourd'hui, l'élu d'hier était toutefois le plus apte à l'assumer. »

Le Devoir (Québec, Canada), 16 juin 1969, p. 4.

S.A., « The General's Heir Takes Over »

«...Poher had no illusions about his chances. Nearly a week before the balloting, he promised to send Pompidou a congratulatory telegram on election night once the outcome was clear, « just the way a defeated presidential candidate does in the U.S. » Nonetheless, he felt it his duty to campaign as hard as he could, and campaign he did. During a hastily organized blitz of twelve cities and towns, he pushed the cause of a revived center-left government and an end to Gaullism. Poher hit hard at the large state-security apparatus built up by De Gaulle, but still refused to deal directly with many other issues. In riposte, Pompidou's supporters noted dryly that as a Senator, Poher had not opposed creation of the state-security tribunal that he was now criticizing. But Pompidou himself declined to comment on most of Poher's criticism. Like the majority of Frenchmen, Pompidou seemed less interested in the campaign windup than in looking ahead to a France under his leadership. »

Time (édition canadienne), 20 juin 1969, p. 29.

Gouvernance et gouvernement [ 15 juin 1969 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

France
IntermédiaireAlain PoherMaurice Couve de Murville

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1964 - 1974



décembre
1965
Élection au suffrage universel de Charles de Gaulle à la présidence de la République française

décembre
1965
[Résultats] Élection présidentielle

mars
1966
Annonce du retrait de la France de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord

mars
1967
Tenue d'élections législatives en France

mars
1967
[Résultats] Élections législatives

mars
1968
Éclosion du Mouvement du 22 mars en France

mai
1968
Contestation étudiante et ouvrière en France

juin
1968
Tenue d'élections législatives en France

juin
1968
[Résultats] Élections législatives

avril
1969
Tenue d'un référendum menant à la démission du président français Charles de Gaulle

mai
1969
Remise du prix du jury à Cannes au film Z de Costa-Gavras

juin
1969
Élection de Georges Pompidou à la présidence de la République française

juin
1969
[Résultats] Élection présidentielle

décembre
1971
Création de l'organisation Médecins sans frontières

mars
1973
Tenue d'élections législatives en France

mars
1973
[Résultats] Élections législatives

avril
1974
Décès du président français Georges Pompidou

mai
1974
Élection de Valéry Giscard d'Estaing à la présidence de la République française

mai
1974
[Résultats] Élection présidentielle


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