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19 mai 1974

Élection de Valéry Giscard d'Estaing à la présidence de la République française

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Valéry Giscard d'Estaing

Valéry Giscard d'Estaing remporte l'élection présidentielle en défaisant le candidat de la gauche, François Mitterrand, au second tour. Le nouveau président obtient 13 396 203 votes (50,8%) contre 12 971 604 (49,2%) pour son adversaire.

Ex-ministre des Finances de 1962 à 1966 et de 1969 à 1974, Valéry Giscard d'Estaing succède à Alain Poher qui assurait l'intérim à la présidence depuis le décès de Georges Pompidou, le 2 avril 1974. La lutte qui l'oppose au candidat de la gauche, François Mitterrand, est une des plus serrées de l'histoire politique française. Lors du premier tour, le 5 mai, celui-ci est arrivé en tête avec 43,2% des votes, contre 32,6% pour Giscard d'Estaing et 15,1% pour l'ex-premier ministre gaulliste Jacques Chaban-Delmas (1969-1972). L'appui des gaullistes et d'une bonne partie de l'électorat centriste permet à Giscard d'Estaing de devancer au second tour le socialiste Mitterrand qui reçoit de son côté le soutien des communistes. Le nouveau président, âgé de 48 ans, choisit Jacques Chirac de l'Union des démocrates pour la république (UDR) comme premier ministre. Plus de 86% des Français ont voté au cours de cette élection qui a été marquée par un débat télévisé très suivi entre les deux candidats en lice au second tour.

Pour en savoir plus: Discours d'investiture du nouveau président de la République française

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Jacques Fauvet, «Une lourde responsabilité»

«...élu à une faible majorité, M. Giscard d'Estaing se voit, s'entend assigner et se reconnaît lui-même des devoirs d'autant plus grands que, majoritairement, «le monde de la jeunesse et du travail» s'est en effet reconnu en M. François Mitterrand. Non seulement il devra satisfaire à ses promesses mais il devra en partie répondre à l'attente de ceux qui n'ont pas voté pour lui. C'est à coup sûr le seul moyen pour que, comme il l'a prophétisé au soir de son élection, s'ouvre «une ère nouvelle de la politique française». La question n'est pas de savoir s'il veut véritablement «un changement politique, économique et social», puisqu'il le proclame; elle est de savoir s'il le peut, si les forces qu'il exprime et qui le soutiennent le lui permettront, si elles lui donneront ou lui laisseront prendre les moyens de sa politique «de rajeunissement et changement de la France».

Le Monde (France), 21 mai 1974, p. 1.

Françoise Giroud

«...M. François Mitterrand eût été prisonnier de la fraction communiste de son électorat. M. Giscard d'Estaing sera prisonnier de la fraction conservatrice de son électorat. Selon que l'on a rallié, l'autre semaine, le camp du premier ou celui du second, ces choses-là sont affirmées avec plus ou moins de force. Pour avoir pensé et dit le contraire en ce qui concerne M. Mitterrand, j'ose dire que je ne crois nullement à l'impossibilité où sera M. Giscard d'Estaing d'avoir de l'audace, et dans le meilleur sens, s'il en a la volonté, le courage et le talent. À M. Mitterrand, on faisait procès de naïveté. Bien sûr, il était insoupçonnable, mais avec de tels alliés, capables de mobiliser de telles forces, on allait bientôt le retrouver défenestré, nouveau Mazaryk. À M. Giscard d'Estaing, le procès est plutôt d'intention. Bien sûr, il en a affirmé d'excellentes, mais accorde-t-on crédit à un homme qui vouvoie sa mère pour comprendre les aspirations du peuple...»

L'Express (France), 27 mai au 2 juin 1974, p. 12.

Jean Daniel, «Giscard face au peuple français»

«...M. Giscard d'Estaing avait terminé sa campagne électorale en déclarant qu'il voulait être «le candidat du progrès et non celui de la peur»... Il admettra qu'en cela au moins il n'a pas réussi. La mobilisation de dernière heure qui est à l'origine de sa victoire ne s'est évidemment pas faite sur les objectifs «positifs» du candidat de toutes les droites. Elle s'est proposée de conjurer les périls que la candidature de François Mitterrand était censée faire courir à la France. Dans un secteur faible, mais suffisant - un peu plus de trois cent mille voix - la peur du vide, la peur de l'inconnu, la peur de l'instabilité, des nationalisations et du communisme, toutes ces peurs ont été déterminantes. C'est à elles que le troisième président de la Ve République doit d'être aujourd'hui à l'Élysée.»

Le Nouvel Observateur (France), 21 mai 1974, p. 22.

Claude Ryan, «Le choix des électeurs français»

«...Pour l'avenir politique de la France, le résultat obtenu par M. François Mitterrand est aussi significatif à bien des égards, que la victoire de M. d'Estaing. Les Français ont repoussé l'occasion qui leur était offerte de consommer, pour ainsi dire, l'intégration du Parti communiste à la vie nationale en lui donnant la chance de participer pour la première fois depuis le lendemain du dernier conflit mondial à la conduite d'un gouvernement. Le résultat obtenu par la candidature de M. Mitterrand donne cependant à penser que cette exclusive qui pèse depuis trente ans sur l'une des forces les plus solidement organisées de la politique française ne saurait plus durer indéfiniment. Le pari qu'offrait à cet égard M. Mitterrand aux Français n'était pas de tout repos. Il était néanmoins dans la logique du cheminement que doivent suivre les idées politiques et sociales dans une société de type libéral (...) Dans cette perspective, le nouveau pas que vient de franchir la gauche en France est probablement aussi important, sinon davantage, pour l'avenir que la victoire serrée que vient de remporter un homme très compétent mais peu représentatif, tout compte fait, des forces politiques organisées de son pays.»

Le Devoir (Québec, Canada), 20 mai 1974, p. 4.

Éditorial

«...In Valery Giscard d'Estaing. France has elected a new, youthful leader of outstanding ability and talent to guide it through the first post-de Gaulle, post-Pompidou years. But the closeness of the elction result and the strength of the challenge from the Left are a warning to the new President that he must follow through with his promised social reforms if he is to avoid trouble on the labor front (...) Mr. Giscard d'Estaing's victory means political stability at least for the time being. The Gaullists and the center groups which supported him in the election have a comfortable majority in the National Assembly. He has spoken of political change in his electoral speeches. It is not clear whether by this he means any modification in the Constitution of the Fifth Republic, drafted under de Gaulle, which confers broad powers on the president, but he has intimated that he intends to upgrade the importance of the National Assembly. One of the most encouraging aspects of the election is that France, like West Germany a few days before, has bridged its leadership vacuum in a wholly democratic way. And the outcome in France, as in West Germany, is full of promise for stable government and sound statesmanship.»

The Christian Science Monitor (États-Unis), 21 mai 1974.

Gouvernance et gouvernement [ 19 mai 1974 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

France
IntermédiaireAlain PoherPierre Messmer

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1969 - 1979



avril
1969
Tenue d'un référendum menant à la démission du président français Charles de Gaulle

mai
1969
Remise du prix du jury à Cannes au film Z de Costa-Gavras

juin
1969
Élection de Georges Pompidou à la présidence de la République française

juin
1969
[Résultats] Élection présidentielle

décembre
1971
Création de l'organisation Médecins sans frontières

mars
1973
Tenue d'élections législatives en France

mars
1973
[Résultats] Élections législatives

avril
1974
Décès du président français Georges Pompidou

mai
1974
Élection de Valéry Giscard d'Estaing à la présidence de la République française

mai
1974
[Résultats] Élection présidentielle

janvier
1976
Premier vol commercial de l'avion supersonique Concorde

septembre
1976
Adoption du premier plan d'austérité de Raymond Barre en France

mars
1978
Échouement de l'Amoco Cadiz et marée noire sur les côtes de la Bretagne

mars
1978
[Résultats] Élections législatives

mars
1979
Création du système monétaire européen


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