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8 mai 1988

Réélection de François Mitterrand à la présidence de la République française

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

François Mitterrand

Le socialiste François Mitterrand remporte l'élection présidentielle en défaisant Jacques Chirac au second tour. Mitterrand obtient 16 704 279 votes (54,0%) contre 14 218 970 (46,0%) pour son adversaire.

Un des chefs d'État les plus âgés du monde occidental à 71 ans, François Mitterrand remporte une victoire facile lors de cette élection l'opposant à celui qui fut son premier ministre entre 1986 et 1988 (la « cohabitation »). Le septennat du président sortant a été marqué par des réformes importantes et des difficultés économiques qui ont entraîné un recentrage. Lors du premier tour, Mitterrand a obtenu 34,1% des voix, contre 19,9% pour Jacques Chirac et 16,5% pour l'ex-premier ministre Raymond Barre de l'Union pour la démocratie française (UDF). Jean-Marie Le Pen du Front national recueille pour sa part 14,4% des intentions de vote alors que le communiste André Lajoinie plafonne à 6,7%, un résultat désastreux. Lors du second tour, la gauche s'unit derrière Mitterrand dont le triomphe décisif tranche avec les élections serrées de 1974 et 1981. L'enthousiasme des socialistes est cependant tempéré par les législatives du mois de juin dont les résultats ne permettent pas de faire un gagnant clair. C'est Michel Rocard qui succédera à Chirac au poste de premier ministre.

Pour en savoir plus: Discours d'investiture du président de la République française

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Sylvie Pierre-Brossolette, «La quadrature du centre»

«...Ils se sont rencontrés, il se sont aimés, ils se sont séparés, ils sont - sur le point - de se retrouver... L'histoire de François Mitterrand et du «centre» est un curieux roman. Après les premiers chapitres de la IVe République, où celui qui fut onze fois ministre, incessant caboteur entre le centre gauche et le centre droit, incarna, à sa manière, un certain juste milieu ; après le long épisode de la Ve, où le champion de l'antigaullisme, rompant avec l'ordre ancien, réussit à être l'auteur-metteur en scène-réalisateur de l'austère union de la gauche; voici venu, avec la Ve bis, le temps de l'épilogue et, pour notre héros, le moment de se glisser dans le rôle du grand réconciliateur. Retour aux sources de sa vraie nature ? Ultime mystification ? Les uns affirmeront que cette France gouvernée au centre serait, pour le chef de l'État, l'aboutissement d'un grand dessein jalousement celé, mais longtemps mûri. Les autres jureront qu'il se soumet, en pragmatique de toujours, aux réalités de la nouvelle donne. Subie ou voulue, l'ambition, en tout cas, est bien là.»

L'Express (France), 20 mai 1988, p. 18.

Paul Thibaud, «L'élite, le peuple, le démagogue»

«...Mitterrand a circonscrit le débat présidentiel en posant que tout le monde avait échoué (notamment devant le chômage), donc qu'il n'y avait pas de raison de se priver de lui. Aucun de ses concurrents ne s'est désenglué de ce présupposé en présentant un projet fort (...) Quelle que soit l'étendue de sa rouerie, le président sortant conserve un rapport substantiel avec le minimum de valeurs démocratiques. En face de Chirac, cela suffit pour qu'il incarne le pas -n'importe-quoi contre le n'importe-quoi - virevoltant. Mais de là à nous faire croire que nous élisons le grand accoucheur d'une France politiquement adulte et moderne, il y a une marge dont le succès (30% au premier tour) des candidats de protestation souligne l'importance (...) Ceci porte à relativiser la petite euphorie néo-mitterrandienne qui bouillonne dans certains milieux d'initiés et de journalistes. Après moultes détours, Mitterrand (et la France avec lui) aurait reconnu dans le républicanisme le fonds solide de ses croyances ; nous serions enfin réalistes en économie et européens de conviction (...) Mais tout ceci n'est que berceuse ; la tontonmanie se développe sur fond de dépression politique.»

Esprit (France), juin 1988, p. 64-65.

Guy Cormier, «Saint Mitterrand»

«...Vieux sage. Père de la nation. François Mitterrand occupe tout l'espace politique depuis la gauche jusqu'au centre. C'est la première fois sous la Ve République qu'un président réussit à se faire réélire après un premier septennat. À 71 ans, Mitterrand fait indéniablement son entrée dans l'Histoire. Dans l'Histoire avec un «H» majuscule, et non pas avec un «h» minuscule (...) Muni d'un second mandat, le président se présente comme un rassembleur. Quand un peuple se rassemble, c'est pour marcher vers la Terre promise. Quelle Terre promise ? À vrai dire, M. Mitterrand n'a rien promis. Son discours est vague, comme celui d'un bienfaiteur de l'humanité. Il y a de l'oecuménisme dans cet homme-là. Il propose l'Europe à construire. Ce n'est pas une mystification. Mais, pour le chômeur, c'est une abstraction. Le «père de la nation» trouvera aisément dans son entourage de quoi faire un premier ministre adepte du pragmatisme. M. Michel Rocard a, paraît-il, un plan pour faire reculer le chômage.»

La Presse (Québec, Canada), 10 mai 1988, p. B2.

Éditorial

«...ideologically speaking, they (les socialistes) have undergone a change as profound as the Communists have electorally. In the 1981 presidential election, they argued for a move leftward, which Mitterrand strongly endorsed. Today the party's economic platform seems to owe more to Keynes than to Marx. That results in part from the surprisingly broad-based rejection of Marxism by leftist French intellectuals. But the only replacement ideology these thinkers have come up with is doubt that there are grand solutions for any problems. Likewise, the Socialist Party has come up with no particularly coherent program other than to stop the right from continuing its momentum for privatization and deregulation. But what the party stands for or against meant little in this election, because Mitterrand ran a personal campaign -capitalizing on his role as Tonton (Uncle) François - and his was a personal victory. The question now : How well can he govern ? As the French head toward 1992, when all remaining trade barriers among members of the European Economic Community are eliminated, his skills will be tested as never before.»

Los Angeles Herald Examiner (États-Unis), 10 mai 1988.

Gouvernance et gouvernement [ 8 mai 1988 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

France
ÉlevéFrançois MitterrandJacques Chirac

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1983 - 1993



octobre
1983
Manifestations dans les grandes villes d'Europe contre le déploiement d'armes nucléaires

septembre
1985
Démission du ministre français de la Défense, Charles Hernu

février
1986
Ouverture du premier Sommet de la francophonie

mars
1986
Tenue d'élections législatives en France

mars
1986
[Résultats] Élections législatives

avril
1988
[Résultats] Élection présidentielle

mai
1988
Réélection de François Mitterrand à la présidence de la République française

juin
1988
[Résultats] Élections législatives

juin
1990
Discours du président français François Mitterrand sur la démocratisation en Afrique

novembre
1991
Ouverture du quatrième Sommet de la Francophonie

février
1992
Signature du traité de Maastricht

mars
1993
Tenue d'élections législatives en France

mars
1993
[Résultats] Élections législatives


Dans l'actualité


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Perquisition de l'opposition en France : Jean-Luc Mélenchon dénonce furieusement un abus de pouvoir

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2019
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