14 novembre 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

7 mai 1995

Élection de Jacques Chirac à la présidence de la République française

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Jacques Chirac

Jacques Chirac remporte l'élection présidentielle en défaisant le socialiste Lionel Jospin au second tour. Chirac obtient 15 763 027 votes (52,6%) contre 14 180 644 (47,4%) pour son adversaire.

La troisième tentative est la bonne pour Chirac, 62 ans, un ex-premier ministre (1974-1976, 1986-1988) dont la victoire met un terme à 14 années de règne socialiste à la présidence. Mais la course à l'Élysée n'a pas été facile puisqu'il a d'abord dû effectuer une beau retour pour devancer l'ex-premier ministre Édouard Balladur (1993-1995) qui l'a longtemps éclipsé dans les sondages. Lors du premier tour, le socialiste Lionel Jospin a terminé en tête avec 23,3% des votes, devançant Chirac (20,8%), Balladur (18,6%) et Jean-Marie Le Pen du Front national (15%). Au second tour, Chirac réussit ensuite à obtenir 52,6% des intentions de vote, ce qui lui permet de devancer facilement le candidat de la gauche. Parmi les problèmes auxquels le nouveau président promet de s'attaquer, il y a celui du chômage. Avec un taux de 12,3%, la France affiche la pire performance à ce niveau au sein des pays du G-7. C'est Alain Juppé qui succédera à Édouard Balladur au poste de premier ministre.

Pour en savoir plus: Discours d'investiture du président de la République française

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Christine Ockrent, « Changer »

«...Passé l'ivresse de la victoire, le nouveau président va maintenant affronter la réalité. Les contradictions, les plaies et les espoirs de la fin d'un siècle, et les tourments d'une société qui ne s'y résout pas. Changer, dit-il : ce fut bien cette incantation, volontariste et ambiguë, qui porta Jacques Chirac jusqu'à l'Élysée. Changer, oui, mais pour quoi et contre qui ? À l'issue d'une élection qui avant de les masquer a souligné au premier tour toutes les divisions des Français, la partie sera rude d'imprimer au pays le mouvement des réformes auxquelles trop longtemps il se déroba. Le Premier ministre que Jacques Chirac s'est choisi ne bénéficiera guère d'un état de grâce raccourci par l'annonce prématurée, et erronée, d'une large avance au premier tour. Et il pourra compter, sans faillir, dans son propre camp, sur une opposition amère et efficace. »

L'Express (France), 18 Mai 1995, p. 3.

Hervé Algalarrondo, « La revanche du mal-aimé »

«...1995, ou la revanche du mal-aimé. Rarement loser patenté aura démenti à ce point les pronostics. Rarement moribond aura réussi pareil come-back. En janvier, l'avis de décès de Chirac était presque public. Les balladuriens estimaient son retrait imminent. Comment un homme réputé pour ne pas avoir la pointure présidentielle, et qui avait déjà par deux fois échoué dans la course à l'Élysée, a-t-il redressé une situation que même ses proches jugeaient désespérée ? (...) Quelle est la part, dans l'élection du maire de Paris, de sa préparation méticuleuse, et de son formidable désir de vaincre enfin le signe indien qui pesait sur lui ? Une seule chose est sûre : comme le candidat Chirac a surpris, le président Chirac est décidé à étonner. Dimanche, en fin d'après-midi, son premier commentaire a été pour dire : « Les Français veulent intensément le changement. » Sur le chômage et l'exclusion il est déterminé à aller vite. Et fort. Sans se laisser griser par une victoire qui l'a si longtemps fui. »

Le Nouvel Observateur (France), 11 au 17 mai 1995, p. 24-25.

Michel Marian, « Présidentielle : le retour de l'animal politique »

«...Une campagne présidentielle qui se joue à ce point sur les personnes et aussi peu sur les idées, tout le monde l'attendait, mais personne ne l'imaginait vraiment. Le souvenir de Maastricht, la référence des élections européennes de 1994, la présence nombreuse des petits candidats auraient pu conduire à l'émergence de thèmes et de clivages obligés pour les grands. Cela ne s'est pas produit. (...) Le mouvement en faveur de Chirac a été celui d'un retour de l'animal politique, capable d'encaisser les coups, de traverser les déserts, de produire de la promesse et la réédition de la victoire de Mitterrand en 1981, l'ultime victoire d'une Ve République classique. Mais il s'agit d'une politique de posture, et de posture relative. Le relief reconquis par Chirac est en effet moins venu d'une adhésion positive que d'une comparaison avantageuse avec Balladur candidat. La volonté de Chirac a éclipsé la bonne volonté autosatisfaite de Balladur, le ni gauche ni droite a paru plus inventif que le consensus. »

Esprit (France), mai 1995, p. 172-173.

Sylviane Tramier, « Le retour de la droite à l'Élysée »

«...Comme l'ont fait remarquer des commentateurs politiques français durant la campagne, M. Chirac s'est posté « à gauche de la droite » et M. Jospin « à droite de la gauche ». M. Chirac a dit vouloir un État « vigoureux », ce qui ne laisse pas entrevoir de désengagement de l'État contrairement à ce que prônent généralement les tenants de l'ultralibéralisme. En d'autres termes, rien ne permet d'entrevoir de changement radical, tant sur le plan intérieur qu'extérieur, dans la politique française. Il ne s'ensuit pas pour autant que François Mitterrand et son successeur Jacques Chirac, ce soit bonnet-blanc et blanc-bonnet. (...) Mais il est clair que les marges de manoeuvre des dirigeants, en France comme ailleurs dans les pays occidentaux, sont étroites. Les politiques économiques classiques, qui marquent traditionnellement la ligne de fracture entre la gauche et la droite, ont toutes montré leurs failles et leurs limites. »

Le Devoir (Québec, Canada), 8 mai 1995, p. A6.

Éditorial

«...The long illness of incumbent President François Mitterrand, the socialist in power for 14 years, coupled with the right-wing parlimentary majority, had left France less with a government than with a kind of permanent political war and presidential campaign. On Sunday, not only did that campaign end but the results were decisive : France now has a conservative government. Even so, the appearance of achievement and purpose is perhaps greater than the reality. Neither Chirac nor Jospin differed very much on economic matters during the campaign. The election results may simply have reflected the fact that the French electorate, according to pollsters, is simply more conservative right now. And it is the economy that currently dominates all Gaul. (...) Thus though, the long presidential election is over, the domestic crisis in France is not. »

Los Angeles Times (États-Unis), 8 mai 1995.

Gouvernance et gouvernement [ 7 mai 1995 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

France
ÉlevéFrançois MitterrandÉdouard Balladur

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1990 - 2000



juin
1990
Discours du président français François Mitterrand sur la démocratisation en Afrique

novembre
1991
Ouverture du quatrième Sommet de la Francophonie

février
1992
Signature du traité de Maastricht

mars
1993
Tenue d'élections législatives en France

mars
1993
[Résultats] Élections législatives

mai
1994
Inauguration d'un tunnel reliant la France et le Royaume-Uni

avril
1995
[Résultats] Élection présidentielle

mai
1995
Élection de Jacques Chirac à la présidence de la République française

mai
1997
[Résultats] Élections législatives

juin
1997
Tenue d'élections législatives en France

juin
1998
Adoption en France d’une loi d’orientation et d’incitation relative à la réduction du temps de travail

janvier
1999
Passage à l'euro pour onze pays de l'Union européenne


Dans l'actualité


octobre
2019
G7 2019 : un sommet qui sème la tension

mars
2019
Perquisition de l'opposition en France : Jean-Luc Mélenchon dénonce furieusement un abus de pouvoir

février
2019
Un climat politique orageux en France

octobre
2018
Donner du sang, oui, mais pas pour toute la France...

septembre
2018
Le président français devant le Congrès américain : séduction ou critique ?

janvier
2018
Le populisme sous la loupe du Forum mondial de la démocratie de Strasbourg

octobre
2017
Des élections désastreuses pour le Parti socialiste en France

juillet
2017
Nostalgie ou changement sans dérangement

février
2017
Présidentielle française: entre espoir et dépit

février
2017
Des États-Unis à la France, Donald Trump ne laisse personne indifférent


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 16.7.2019