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17 juin 1951

Tenue d'élections législatives en France

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Maurice Thorez

Les deuxièmes élections législatives tenues sous la IVe République donnent lieu à une lutte serrée qui ne permet pas à une formation d'assumer une position dominante à l'Assemblée nationale.

Le Parti communiste (PC), avec 26,9% des votes, et le Rassemblement pour le peuple français (RPF), avec 21,6% des votes, sont les deux formations qui obtiennent le plus d'appuis. Mais le système d'apparentements, qui joue contre eux, ne leur permet de faire élire respectivement que 101 et 120 députés. C'est une baisse significative pour le PC de Maurice Thorez et une déception pour le RPF de Charles de Gaulle qui espérait faire une percée plus importante. En terme de voix, on observe également un recul marqué pour le Mouvement républicain populaire (MRP) et la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO) qui recueillent 12,6% et 14,5% des voix. Le PC, la SFIO et le RPF ne participent pas à la composition du nouveau gouvernement formé en août et à la tête duquel on retrouve René Pleven de l'Union démocratique et socialiste de la Résistance (UDSR). Au cours des prochaines années, l'équilibre relatif entre les partis mènera au renversement et à la formation de plusieurs gouvernements.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Claude Bourdet, « Un mois électoral »

«...La perspective de la politique française au cours des prochains mois est donc tracée. Elle mène à un recul social tel que nous n'en avons pas connu depuis de nombreuses années, si ce n'est sous Vichy. La seule chance d'y résister résiderait dans la constitution d'une sorte de Front populaire. Mais ceci supposerait, de la part des communistes, un changement total de méthodes, une volonté de discussion loyale et démocratique avec le reste de la gauche, la libération de l'empire moscovite, - permettant de réaliser une unité d'action réelle, toute différente de ces pseudo « unités à la base » dont se gargarisent les dirigeants communistes, et qui, en fin de compte, n'ont fait qu'accroître encore la division de la gauche française. Le problème est posé : la faiblesse idéologique de la S.F.I.O., l'échec électoral de la gauche indépendante ne permettent pas d'espérer d'ici longtemps d'autres initiatives amenant peu à peu un regroupement de la gauche. »

Les Temps modernes (France), juillet 1951, p. 163.

Rémy Roure, « Vox populi... »

«...Ce qui caractérise en effet ces élections c'est bien le désir de la majorité du peuple français de résister aux aventures, aux coups de force, aux bouleversements. Elles montrent une aspiration profonde à une stabilité politique. Le pays a voté dans le calme, et il a réfléchi. Il a manifesté certes son désir d'une amélioration des rouages constitutionnels, d'une autorité plus ferme de l'État. Il n'a pas condamné les réformes d'ordre social. Entre les deux extrêmes, où, assurait-on, se polariseraient les déceptions qui sont réelles et aussi les illusions, il existe bien une énorme masse, qu'elle vote socialiste, radical, libéral, chrétien social, qui entend se protéger des orages désirés par d'autres. Comme d'ordinaire cette masse a été laminée plus fortement par les extrêmes dans les grandes villes et leurs banlieues, que séduisent davantage les promesses, qu'abusent plus aisément les propagandes fallacieuses et où la misère, elle aussi, fait souhaiter un changement. »

Le Monde (France), 19 juin 1951, p. 1.

François Goguel, « Géographie des élections du 17 juin 1951 »

«...On s'accordait généralement à penser que le corps électoral témoignerait de quelque mauvaise humeur à l'égard des apparentements, et que les listes isolées gagneraient les voix d'électeurs soucieux de savoir à coup sûr à qui bénéficierait leur vote. (...) Le souci de « voter utile », et de barrer la route aux communistes, a complètement éclipsé l'aversion pour les apparentements, et les listes isolées en ont pâti durement - non seulement celles du R.P.F., mais, en bien des départements, des listes modérées dissidentes qui tablaient sur l'hostilité supposée des électeurs envers la loi électorale. L'attraction exercée par les grands partis en 1945 et 1946, du fait des dispositions de la loi électorale, et qui avait alors bénéficié au M.R.P., s'est manifestée en 1951 de façon encore plus nette, au profit des listes apparentées des partis du Centre. On ne saurait donc nier que le suffrage universel a pratiquement ratifié par son vote le mécanisme électoral fondé sur l'apparentement - ce qui d'ailleurs ne saurait suffire à rendre légitime ce mécanisme, dont je persiste à penser pour ma part qu'il ne peut que vicier complètement le fonctionnement de la démocratie parlementaire. »

Esprit (France), septembre 1951, p. 347.

Paul Sauriol, « Les élections françaises »

«...Ce succès du R.P.F., il n'est pas facile d'en préciser la signification. Lors de ses succès aux élections administratives antérieures, il avait, comme c'est de nouveau le cas, gagné du terrain aux dépens du M.R.P. Cela voudrait dire que maints électeurs qui en 1946 ont appuyé le M.R.P. le faisaient faute de mieux et considérant que c'était le moindre mal, et ils ont cru trouver une meilleure expression de leurs sentiments dans le R.P.F.. Nouveau parti d'opposition, le gaullisme a profité des mécontentements divers contre le gouvernement et n'a guère précisé ses attitudes sur les problèmes de l'heure. Il est donc d'autant plus difficile de prévoir quelle influence il pourra exercer dans le nouveau Parlement. Il a recueilli des gens de divers milieux, entre autres des éléments de l'ancien courant conservateur, des partisans du régime de Vichy, des électeurs attirés par ses promesses d'un retour aux gloires passées. Il promettait un régime de gouvernement plus autoritaire, mais il lui fallait pour cela une victoire qu'il n'a pas remportée. »

Le Devoir (Québec, Canada), 19 juin 1951, p. 4.

Gouvernance et gouvernement [ 17 juin 1951 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

France
ÉlevéVincent AuriolAntoine Henri Queuille

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1946 - 1956



avril
1946
Suppression du travail forcé en Afrique francophone

juin
1946
[Résultats] Élections législatives

octobre
1946
Tenue d'un référendum en France sur un projet de Constitution

novembre
1946
[Résultats] Élections législatives

février
1947
Signature du traité de Paris entre des pays européens impliqués dans la guerre

mars
1948
Signature du traité de Bruxelles

mai
1949
Parution du premier tome du livre « Le deuxième sexe » de Simone de Beauvoir

avril
1951
Signature du traité de Paris instituant la Communauté européenne du charbon et de l'acier

juin
1951
Tenue d'élections législatives en France

juin
1951
[Résultats] Élections législatives

mai
1952
Signature du traité sur la création d'une Communauté européenne de défense

octobre
1954
Création de l’Union de l’Europe occidentale

octobre
1955
Référendum sur le statut de la Sarre

janvier
1956
Tenue d'élections législatives en France

janvier
1956
[Résultats] Élections législatives


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