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28 octobre 1962

Référendum en France sur l'élection du président au suffrage universel

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Charles de Gaulle

Malgré l'opposition de plusieurs partis politiques, les Français se prononcent par voie de référendum en faveur de l'élection du président de la République au suffrage universel. La proposition reçoit l'appui de 61,8% de l'électorat.

En 1958, Charles de Gaulle avait été élu par un collège composé de 81 761 grands électeurs. Sa proposition d'élire le président au suffrage universel est fortement contestée par les principales formations politiques, du Parti communiste (PC) au Mouvement républicain populaire (MRP), en passant par la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO). Malgré une motion de censure contre le gouvernement adoptée à l'Assemblée nationale, le président va de l'avant avec le référendum qu'il remporte avec 61,8% des voix. Défenseurs et opposants du suffrage universel croisent le fer en novembre lors des législatives qui font suite à la dissolution de l'Assemblée. L'Union pour la nouvelle République (UNR), favorable à de Gaulle, arrive en tête au premier tour avec 35,5% des voix. Elle devance le PC (21,9%), les Indépendants (13,6%) et la SFIO (12,7%) et garde le cap au second tour, ce qui lui permet de faire élire 256 députés sur 465. Ce succès gaulliste se fait surtout aux dépens des Indépendants et du MRP qui sont en baisse. Georges Pompidou demeurera au poste de premier ministre.

Pour en savoir plus: Discours du président français sur une éventuelle élection présidentielle au suffrage universel

Dans les médias...


Jacques Fauvet, « Ni vainqueurs, ni vaincus »

«...Le pays avait à effectuer dimanche non pas une, mais deux opérations électorales habilement ou malhabilement confondues : en droit il était appelé à voter un projet de loi sur l'élection du président de la République au suffrage universel; en fait il était invité à renouveler sa confiance au général de Gaulle. En mêlant une manifestation plébiscitaire à un acte législatif, il n'est pas sûr que le général n'ait pas finalement compromis l'une et l'autre. Le projet de révision aurait en effet obtenu une majorité plus forte s'il avait été présenté comme l'une des pièces maîtresses d'un éventuel régime présidentiel. Et le plébiscite aurait été plus favorable si la manière dont a été engagée et conduite la révision n'avait fait douter de ses intentions au regard de la loi ou même de la démocratie. Tel qui pouvait admettre l'élection du chef de l'État au suffrage universel ne pouvait souffrir le déséquilibre aggravé des pouvoirs, et moins encore le viol de la Constitution, et tel qui ne souhaitait pas le départ du général de Gaulle a fini par être troublé par les accents enfin retrouvés des défenseurs de la République. Mais le pays s'est prononcé à la majorité des votants, ce qui est la règle de la démocratie. »

Le Monde (France), 30 octobre 1962, p. 1.

Jean Tainturier, « France : après le référendum, les élections »

«...S'il avait évité le « plébiscitage » de sa personne et demandé au corps électoral de voter uniquement sur la réforme de la constitution, il est certain que, malgré l'hostilité quasi générale des organes de presse et des partis, il aurait obtenu plus de 61.75% des suffrages exprimés. Mais en laissant planer l'équivoque, il a quelque peu indisposé les électeurs aujourd'hui soulagés du poids terrible de la guerre d'Algérie. Ce qui a fait la force du général de Gaulle, c'est en partie le cancer algérien et toutes les conséquences qu'il avait en France même dans l'armée et les organisations extrémistes. Dire que de Gaulle a perdu son cheval de bataille en réglant le sort de la dernière possession française n'est pas tout à fait exact, mais la nation française est aujourd'hui moins disposée à absoudre tous les accrocs à la démocratie. En menaçant de quitter le pouvoir s'il n'obtenait pas un vote qui ne fut pas « aléatoire » et en évitant de dire si l'élection au suffrage universel des présidents de la république était un premier pas vers une série de réformes qui auraient finalement doté la France d'un régime présidentiel, de Gaulle a éloigné de lui des milliers de Français. »

Le Devoir (Québec, Canada), 3 novembre 1962, p. 4.

S.A., « Sixty-one Per Cent »

«...The aim of De Gaulle, often expressed in his campaign speeches, is that future Presidents should be « guides », and for that reason should be elected by the whole nation. Paradoxically, it is largely his efforts to achieve this that have lost him such a position. No doubt it was always to be expected once Algeria was out of the way, but he has hastened the process. Although the French people have shown no wish to go back to the old system they have shown no clear acceptance of the new. It may be that international events will help to reinforce the President's arguments. France has just watched the approach of war without being able to do anything about it. This will be an encouragement to De Gaulle to press ahead with constructing the sort of Europe which he thinks will have a voice that will be listened to. »

Times (Royaume-Uni), 30 octobre 1962, p. 13.

Gouvernance et gouvernement [ 28 octobre 1962 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

France
IntermédiaireCharles de GaulleGeorges Pompidou

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1957 - 1967



mars
1957
Signature des traités de Rome créant la Communauté économique européenne

juin
1958
Investiture de Charles de Gaulle à la présidence du Conseil, en France

septembre
1958
Tenue d'un référendum sur la Constitution de la Ve République en France

novembre
1958
[Résultats] Élections législatives

janvier
1960
Début de la semaine des barricades en Algérie

février
1960
Explosion d'une première bombe atomique par la France

octobre
1961
Manifestation du Front de libération nationale à Paris

janvier
1962
Adoption de la politique agricole commune à Bruxelles

août
1962
Attentat au Petit-Clamart contre le président français Charles de Gaulle

octobre
1962
Référendum en France sur l'élection du président au suffrage universel

novembre
1962
[Résultats] Élections législatives

janvier
1963
Signature d'un traité entre la France et l'Allemagne

décembre
1965
Élection au suffrage universel de Charles de Gaulle à la présidence de la République française

décembre
1965
[Résultats] Élection présidentielle

mars
1966
Annonce du retrait de la France de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord

mars
1967
Tenue d'élections législatives en France

mars
1967
[Résultats] Élections législatives


Dans l'actualité


mars
2019
Perquisition de l'opposition en France : Jean-Luc Mélenchon dénonce furieusement un abus de pouvoir

février
2019
Un climat politique orageux en France

octobre
2018
Donner du sang, oui, mais pas pour toute la France...

septembre
2018
Le président français devant le Congrès américain : séduction ou critique ?

janvier
2018
Le populisme sous la loupe du Forum mondial de la démocratie de Strasbourg

octobre
2017
Des élections désastreuses pour le Parti socialiste en France

juillet
2017
Nostalgie ou changement sans dérangement

février
2017
Présidentielle française: entre espoir et dépit

février
2017
Des États-Unis à la France, Donald Trump ne laisse personne indifférent

février
2017
Benoît Hamon : une victoire inattendue aux primaires de la gauche


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