Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

16 janvier 2019

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12 mars 1967

Tenue d'élections législatives en France

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Charles de Gaulle

Moins de deux ans après les présidentielles de 1965, les élections législatives de 1967 placent face à face défenseurs et critiques des institutions de la Ve République. Elles sont marquées par une victoire gaulliste malgré une hausse des appuis accordés aux formations de gauche.

Regroupés sous la bannière du Comité d'action pour la Ve République, les partisans du président Charles de Gaulle dominent le premier tour avec 38,3% des votes. Ils devancent facilement le Parti communiste (PC) et la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS) qui recueillent respectivement 22,5% et 19,3% des voix. Au second tour, le repositionnement des principales formations et un accord de désistement réciproque permettent à la FGDS et au PC de faire des gains à l'Assemblée nationale. Ils font élire 177 et 72 députés contre 233 pour les gaullistes qui ont perdu une vingtaine de députés par rapport aux législatives de 1962. C'est Georges Pompidou qui continuera d'exercer la fonction de premier ministre. Dans son cabinet, on retrouve plusieurs figures connues comme Maurice Couve de Murville (Affaires étrangères), Michel Debré (Économie et finances) ainsi que Pierre Messmer (Armées).

Pour en savoir plus: Discours du premier ministre français à l'approche des élections législatives

Résultats du scrutin

Dans les médias...


René Rémond, «Signification des élections législatives»

«...Consolidation du gaullisme électoral, stabilité communiste, unification de la gauche non communiste, rapprochement de l'ensemble des gauches, disjonction des centres, glissement du centre droit sur sa droite : autant de traits qui attestent que l'évolution des forces politiques s'est poursuivie depuis 1963. À travers ces lignes dont le tracé s'entrecroise, est-il possible de discerner les linéaments d'une évolution plus profonde encore ? La simplification qui s'est amorcée tend-elle à un regroupement plus drastique encore ? En d'autres termes, empruntés au vocabulaire traditionnel de notre histoire politique, la division droite-gauche qui a sous-tendu nos luttes politiques, mais souvent plus comme un cadre conceptuel que comme réalité effective, serait-elle sur le point de devenir la dimension constitutive de notre système politique avec l'affrontement d'une gauche unie et d'une droite regroupée autour du gaullisme ? C'est, à peu de choses près, la thèse soutenue par l'ensemble des gauches, du parti communiste aux radicaux. À cette interrogation fondamentale, qui commande l'avenir de notre vie politique, les élections apportent une réponse ambiguë.»

Études (France), mai 1967, p. 621.

Georges Lavau, «Les élections de mars 1967»

«...S'il n'y a pas eu une avancée de la gauche dans les choix du corps électoral, il y a eu une très nette victoire de l'unité de la gauche; il y a eu un succès encore plus éclatant de la stratégie des dirigeants communistes et de François Mitterrand (...) Les divers leaders de la gauche ne doivent pas s'y tromper : leurs électeurs ont marché au canon derrière eux pour battre un gouvernement et pour renverser une politique beaucoup plus que pour se prononcer contre la Constitution de 1958 ou contre la fonction exercée par le Président de la République. Une équipe gouvernementale a été condamnée, mais non pas le régime. On sait bien que, sur des formules assez vagues mais assez précises pour sous-entendre un retour à la IVe République, une entente est possible des radicaux à Jacques Duclos, mais vraiment les leaders de la gauche croient-ils qu'un tel régime leur permettrait de réaliser leur politique ?»

Esprit (France) mai 1967, pp. 941 et 948.

Cyrille Felteau, «Régression du Gaullisme»

«...peut-on parler d'une «défaite» du gaullisme ? Le mot paraît un peu fort. Disons plutôt «recul» ou «régression», malgré l'augmentation des votes qu'il a pu obtenir. Le résultat le plus apparent de ce scrutin, qui se prépare depuis plus de deux ans, c'est qu'il renforce l'influence du parti communiste, non seulement en tant que tel, mais aussi comme élément moteur de la gauche. Il témoigne également d'un glissement à gauche de l'électorat français (...) Le fait déjà noté au premier tour s'est confirmé au second : la France, actuellement, est partagée en deux blocs antagonistes, d'une part les gaullistes, et de l'autre, la gauche (communistes et fédération non communiste). Entre ces deux blocs, quel rôle le Centre démocrate de M. Lecanuet sera-t-il appelé à jouer ? Selon le leader de ce groupement autonome, ce sera un «rôle d'équilibre» : «il devra être une force sociale qui permettra d'arracher la France au danger communiste». Quoi qu'il en soit, la formation dévouée à la politique du général de Gaulle pourra probablement continuer à gouverner sans l'apport du Centre démocrate, surtout si la gauche retourne à ses divisions.»

La Presse (Québec, Canada), 13 mars 1967, p. 6.

S.A., «Pointers to France in 1972»

«...In France the election results will be analyzed not so much as a pointer to President De Gaulle's tactics in the next few months or years as for a hint of the pattern that might emerge after he goes. Two things stand out. First, that the U.N.R. has now become an experienced and reasonably coherent party in its own right. Second, that the communists and the Left-wing Federation have managed to work more effectively together than many people expected, and have made considerable gains in consequence. It is often assumed that the U.N.R. will fall to pieces when De Gaulle is no longer there to inspire it. The party contains a wide spectrum of conservatives and radicals (but what big party does not ?), and its almost embarrassing capitalization of the General's prestige looks as if it was short of other arguments. On the other hand, a decade of power gives a party a good chance to dig in, and the fact that the Gaullist vote in 1967 is almost exactly the same percentage of the total as it was twenty years ago seems to show that there is constant support for some French party representing whatever it is the voter thinks De Gaulle represents.»

The Times (Royaume-Uni), 14 mars 1967, p. 13.

Gouvernance et gouvernement [ 12 mars 1967 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

France
IntermédiaireCharles de GaulleGeorges Pompidou

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1962 - 1972



janvier
1962
Adoption de la politique agricole commune à Bruxelles

octobre
1962
Référendum en France sur l'élection du président au suffrage universel

novembre
1962
[Résultats] Élections législatives

janvier
1963
Signature d'un traité entre la France et l'Allemagne

décembre
1965
Élection au suffrage universel de Charles de Gaulle à la présidence de la République française

décembre
1965
[Résultats] Élection présidentielle

mars
1966
Annonce du retrait de la France de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord

mars
1967
Tenue d'élections législatives en France

mars
1967
[Résultats] Élections législatives

mars
1968
Éclosion du Mouvement du 22 mars en France

mai
1968
Contestation étudiante et ouvrière en France

juin
1968
Tenue d'élections législatives en France

juin
1968
[Résultats] Élections législatives

avril
1969
Tenue d'un référendum menant à la démission du président français Charles de Gaulle

juin
1969
Élection de Georges Pompidou à la présidence de la République française

juin
1969
[Résultats] Élection présidentielle

décembre
1971
Création de l'organisation Médecins sans frontières


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