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11 mars 1973

Tenue d'élections législatives en France

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Pierre Messmer

Même si l'Union pour la défense de la République (UDR) se maintient en position de force, les élections législatives de mars 1973 permettent également aux partis de gauche de faire des gains à l'Assemblée nationale.

Le premier tour, qui se déroule le 4 mars, permet à l'Union des Républicains de progrès (URP), une coalition formée de l'UDR, des Républicains indépendants (RI) et du Centre démocratie et progrès (CDP), d'arriver en tête dans les intentions de vote (34,5%). Derrière, on retrouve le Parti communiste (PC) et l'Union de la gauche démocrate et socialiste (UGDS) qui obtiennent respectivement 21,2% et 20,4% des voix, une amélioration significative par rapport aux législatives de juin 1968. L'adoption d'un programme commun, en juin 1972, et la stratégie de désistement réciproque entre le PC et l'UGDS donnent de bons résultats au second tour. L'UDR reste néanmoins le parti le mieux représenté avec 184 députés, alors que l'URP dispose d'une majorité à l'Assemblée nationale. Le resserrement entre la droite et la gauche laisse entrevoir des élections présidentielles intéressantes en 1974. C'est Pierre Messmer de l'UDR qui continuera d'assumer le poste de premier ministre.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


André Frossard, «La gauche a quitté le gaullisme»

«...Ainsi, les deux ou trois millions de voix que de Gaulle avait empruntées à la gauche sont rentrées dans leurs foyers, comme disent les militaires, et ce ne sera pas une consolation pour les fidèles gaullistes de les voir remplacées par des voix d'extrême droite. Non pas que l'on songe à faire une différence de qualité entre des voix également françaises, mais enfin elles n'expriment pas toutes le même genre de sentiment, et l'on peut regretter que certaines aspirations de la gauche, si bien devinées par de Gaulle, aient été si mal comprises par nombre de ses héritiers. Nous faudra-t-il nous résigner à retomber dans le vieux schéma «gauche-droite», qui recèle plus de menaces d'affrontement que de promesses de réconciliation ?»

Le Figaro (France), 13 mars 1973.

Pierre Viansson-Ponté, «Au bénéfice du doute»

«...Pour ces élections, le vrai choix était moins entre les audaces et les risques du programme commun, d'une part, la poursuite d'une gestion sans éclat et sans grand péril, d'autre part, moins entre MM. Marchais, Mitterrand et MM. Pompidou, Messmer, qu'entre les périlleux plaisirs du chambardement et la rassurante mais grise stabilité. D'un côté, la lassitude -on les a trop vus et comme ce serait amusant de les chasser,- et de l'autre le scepticisme : peut-être les autres ne valent-ils pas mieux; est-ce bien la peine de prendre un tel risque ? Ainsi le pouvoir a-t-il finalement reçu le sursis au bénéfice du doute. Mais qu'il ne s'y trompe pas : ce n'est probablement que partie remise. Dans la logique et la continuité de l'histoire de la Ve République, cela peut être pour la prochaine fois, pour la prochaine rencontre. Cette rencontre, le calendrier la fixe -au plus tard- en 1976.»

Le Monde (France), 14 mars 1973, p. 2.

Laurent Laplante, «Mission accomplie, ORTF merci»

«...Contrairement aux affirmations maintes fois proférées par le prédécesseur de M. Pompidou, la France s'avance à grands pas vers une bipolarisation sans précédent. Certes, nous n'en sommes pas encore au bipartisme de type britannique. Cependant, le second tour de scrutin a carrément vomis les tièdes, avec pour résultats que les centristes sont réduits à l'insignifiance politique, au sens le plus strict du terme, que le Centre pour la démocratie et le progrès perd des plumes, que les Républicains indépendants de Giscard d'Estaing cèdent aussi du terrain et que les grands et véritables adversaires peuvent s'affronter désormais sans intermédiaire. L'UDR, en un sens, peut se féliciter de l'élection puisqu'elle semble capable de gouverner sans courbette devant qui que ce soit. Toutefois, des socialistes qui passent de 53 sièges à la centaine et des communistes qui troquent leurs 34 sièges contre environ 80 constituent devant un gouvernement plus compact une opposition nettement plus unifiée. Regroupant à eux seuls environ 180 députés au lieu de 87 (...), socialistes et communistes peuvent désormais tenir le gouvernement sur la sellette beaucoup mieux qu'autrefois.»

Le Devoir (Québec, Canada), 12 mars 1973.

Éditorial

«...The Gaullists arrived at elections by way of a performance in office that surely would have brought defeat to any government without the «advantage» of a Communist opposition. The Gaullist program was negative, based almost entirely on appeals to the electorate's fear of the uncertainties and possible upsets of a Socialist-Communist legislature. The opposition had the issues : Gaullist corruption and insensitivity to the comman man, a pervading sense of alienation. But the Gaullists had the bourgeois heart and conventional habits of the French people. They also had the particular institutional legacies of Charles de Gaulle, including : a two-round election which positively begs for inter-round deals that blur the people's choice; a constitution that made it uncertain (and therefore fearful) what would happen if a Gaullist executive were paired with a non-Gaullist legislature; and a system of state-run television which President Pompidou flagrantly exploited to his own partisan advantage on election eve.»

The Washington Post (États-Unis), 15 mars 1973.

Gouvernance et gouvernement [ 11 mars 1973 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

France
IntermédiaireGeorges PompidouPierre Messmer

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1968 - 1978



mars
1968
Éclosion du Mouvement du 22 mars en France

mai
1968
Contestation étudiante et ouvrière en France

juin
1968
Tenue d'élections législatives en France

juin
1968
[Résultats] Élections législatives

avril
1969
Tenue d'un référendum menant à la démission du président français Charles de Gaulle

mai
1969
Remise du prix du jury à Cannes au film Z de Costa-Gavras

juin
1969
Élection de Georges Pompidou à la présidence de la République française

juin
1969
[Résultats] Élection présidentielle

décembre
1971
Création de l'organisation Médecins sans frontières

mars
1973
Tenue d'élections législatives en France

mars
1973
[Résultats] Élections législatives

avril
1974
Décès du président français Georges Pompidou

mai
1974
Élection de Valéry Giscard d'Estaing à la présidence de la République française

mai
1974
[Résultats] Élection présidentielle

janvier
1976
Premier vol commercial de l'avion supersonique Concorde

septembre
1976
Adoption du premier plan d'austérité de Raymond Barre en France

mars
1978
Échouement de l'Amoco Cadiz et marée noire sur les côtes de la Bretagne

mars
1978
[Résultats] Élections législatives


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