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19 mars 1978

Tenue d'élections législatives en France

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Jacques Chirac

Le second tour des élections législatives de mars 1978 permet au Rassemblement pour la République (RPR) de Jacques Chirac et à l'Union pour la démocratie française (UDF), favorable au président Valéry Giscard d'Estaing, de conserver la majorité à l'Assemblée nationale.

La démission du premier ministre Jacques Chirac, en 1976, a mené à la création du RPR, une formation gaulliste qui arrive en tête des intentions de vote, juste devant le Parti socialiste (PS), lors du premier tour des législatives de mars 1978. Lors du second tour, le RPR et l'UDF, une coalition favorable au président Giscard d'Estaing, obtiennent une majorité de sièges à l'Assemblée nationale. Ce succès de la droite met un frein aux ambitions de la gauche. Au cours des dernières années, celle-ci a été divisée par une remise en question du programme commun élaboré en 1972 entre le Parti communiste (PC) de Georges Marchais et le PS de François Mitterrand. Après le premier tour, une entente survient entre les deux formations qui ne réussissent toutefois à faire élire respectivement que 86 et 104 députés, ce qui les laisse nettement à court de la majorité. Le poste de premier ministre restera entre les mains de Raymond Barre, en fonctions depuis 1976.

Pour en savoir plus: Message du président de la France en vue des élections législatives

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Jacques Julliard, «Et maintenant ?»

«...l'interminable campagne que nous avons connue depuis septembre n'a pas été de nature à rehausser l'estime des citoyens pour la politique professionnelle (...) le système politique a donné plus que jamais le sentiment de fonctionner en vase clos. Le langage politique est devenu le degré zéro du langage articulé. Les acteurs ont joué la pièce pour eux-même. Le public l'a bien senti. Il a opposé la plus totale indifférence aux coups de théâtre successifs, destinés à attirer son attention. Mais loin de réagir par la dépolitisation, il a voulu par tous les moyens affirmer sa présence. C'est le sens, je crois, de cette forte participation, qui ne vaut pas approbation. Au dernier moment, il a voté en majorité pour le moindre risque. Mais il n'est ni dupe, ni complice. Il est temps de rétablir le débat politique dans sa dignité, c'est-à-dire dans son existence, au lieu de l'aligner sur les procédés les plus infantiles du langage publicitaire. Messieurs de la politique, il ne faudra plus, non, plus jamais, traiter les Français en débiles profonds. La démocratie n'y résisterait pas, et de cette démocratie, vous êtes comptables devant nous.»

Esprit (France), avril 1978, pp. 9-10.

S.A., «...un petit tour et puis s'en vont»

«...Un petit tour, en fait, car le 12 mars l'écart était faible en faveur de l'opposition, et le 19 il fut aisément comblé par des abstentionnistes du dimanche précédent, si bien (ou mal) que -petite consolation tout de même- on se retrouve rajeuni de quatre ou cinq ans : la majorité reste celle de 1973 et, vainqueur comme en 1974, Giscard est comme alors, paraît-il, le maître du jeu. On ne s'y attendait pas -il fallait bien croire les sondages puisqu'on les publiait- mais personne n'est vraiment surpris. Trop de gens, après tout, souhaitaient une telle happy end : la majorité, bien sûr, sauf peut-être Chirac qui n'aurait pas détesté apparaître comme le recours; et puis les communistes qui se sont tant évertués à «approfondir» l'union de la gauche que celle-ci en a perdu pied. Que la polémique du PC contre le PS ait été la cause au moins prochaine de la défaite de l'opposition, on l'a assez dit de tous les côtés et c'est trop évident pour y insister longuement.»

Les Temps modernes (France), avril 1978, p. 1559.

Georges Vigny, «Le « bon choix » giscardien des Français»

«...Soulagement à Washington, discrète satisfaction à Moscou et dans les pays du «mos-communisme», nouvelle hausse à la Bourse de Paris, continuité confirmée à travers un rééquilibrage pro-giscardien, Opposition neutralisée par ses divisions : l'Élysée a les vents dans les voiles. «Il faut ensuite que le France puisse être gouvernée». Elle est gouvernable, comme elle l'a rarement été ! Mais confirmant le choix présidentiel à 50,71 %, la France à 100 % attend que le même président règle les mêmes casse-tête : chômage, hausse des prix et revendications salariales. Dès hier, les centrales syndicales ont réclamé des négociations, ce qui signifie que la victoire de dimanche n'est pas une fin mais bien un début ! C'est le moment où jamais pour Giscard d'Estaing de prouver qu'il n'est pas simple chef de majorité. Le défi sera d'établir que cette «ouverture sociale» n'est pas un slogan électoral et qu'elle n'est pas fonction des intérêts d'une moitié, toujours la même, de la France.»

Le Devoir, (Québec, Canada), 21 mars 1978, p. 4.

Éditorial

«...it seems rather clear that the Communists' tactics had a lot to do with the ultimate failure (de la gauche). They had incessantly and obsessively quarrelled with the Socialists, and kept pressing the most radical and inflammatory kind of demands. A lot of Socialists are going to be deeply tempted to abandon the Communists altogether and see what kind of a deal they can strike with President Giscard d'Estaing. If you look only at the division of votes and seats between the two sides, the center-right and the left, you will miss the most interesting message in the returns. There was a clear movement toward the parties of moderate reform -Mr. Giscard d'Estaing's center group and the Socialists. There is now likely to be a great deal of turbulence and strain in France's party politics, as the players come to terms with that truth and the people on the wings, the more extreme Gaullists and the Communists, recognize the danger of isolation. To everyone's surprise, the dominant forces in French politics now seem to be pushing toward the center, and toward gradual but substantial social change. Pushing toward the center, as you might put it, is very un-French. But for France's friends and allies, it is an extremely happy outcome.»

The Washington Post (États-Unis), 21 mars 1978.

Gouvernance et gouvernement [ 19 mars 1978 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

France
IntermédiaireValéry Giscard d'EstaingRaymond Barre

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1973 - 1983



mars
1973
Tenue d'élections législatives en France

mars
1973
[Résultats] Élections législatives

avril
1974
Décès du président français Georges Pompidou

mai
1974
Élection de Valéry Giscard d'Estaing à la présidence de la République française

mai
1974
[Résultats] Élection présidentielle

janvier
1976
Premier vol commercial de l'avion supersonique Concorde

septembre
1976
Adoption du premier plan d'austérité de Raymond Barre en France

mars
1978
Échouement de l'Amoco Cadiz et marée noire sur les côtes de la Bretagne

mars
1978
[Résultats] Élections législatives

mars
1979
Création du système monétaire européen

avril
1981
[Résultats] Élection présidentielle

mai
1981
Élection de François Mitterrand à la présidence de la République française

juin
1981
[Résultats] Élections législatives

octobre
1981
Abolition de la peine de mort en France

octobre
1983
Manifestations dans les grandes villes d'Europe contre le déploiement d'armes nucléaires


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Le voyage de Macron à Shanghai : une Chine davantage ouverte à l'Union européenne ?

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