20 juin 2019 Recherche  
Pays     Statistiques    Années     Événements     Analyses     Biographies     Vidéos     Documents     Glossaire     Notes     Valeurs     Jeux   

1 juin 1997

Tenue d'élections législatives en France

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Lionel Jospin

Le succès du Parti socialiste (PS) lors des élections législatives entraîne la formation d'un gouvernement de cohabitation. Les rôles sont inversés par rapport aux expériences précédentes puisque, cette fois, un président de droite, Jacques Chirac, se tourne vers un premier ministre de gauche, le socialiste Lionel Jospin, pour former le gouvernement.

La décision du président Chirac de précipiter les élections législatives n'obtient pas les résultats escomptés. L'impopularité du premier ministre Alain Juppé, déjà manifeste dans les sondages, se confirme lors du premier tour. Le PS, qui arrive nettement en tête des intentions de vote (23,5%) à cette occasion, poursuit sur sa lancée au second tour et fait élire 274 députés. La gauche, communiste (37) et verts inclus (8), fait donc plus que tripler sa représentation de 1993. Le Rassemblement pour la République (RPR) et l'Union pour la démocratie française (UDF) sortent perdants du scrutin qui réduit leur députation de façon importante. Le Front national (FN) de Jean-Marie Le Pen, troisième au premier tour avec 14,9% des voix, ne réussit pour sa part à faire élire qu'un seul député. Appelé à diriger le gouvernement, Lionel Jospin, un ex-ministre de l'Éducation âgé de 59 ans, défend une vision économique qui diffère sur plusieurs points de celle du président Chirac, notamment en ce qui a trait à la question de l'union monétaire européenne.

Pour en savoir plus: Annonce de la dissolution de l'Assemblée nationale par le président français

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Catherine Golliau et Philippe Manière, «La surprise du chef»

«...Lionel Jospin est-il un bon funambule ? Au lendemain de la confortable victoire de la gauche, c'est cette question que se posent les milieux d'affaires, qui espèrent que la nouvelle équipe gouvernementale saura donner à son électorat les gages indispensables, mais sans compromettre ni la réalisation de la monnaie unique ni la reprise économique. Le programme du PS ayant beaucoup évolué au fil de la campagne, que Lionel Jospin avait commencée assez à gauche pour la terminer au centre, beaucoup s'interrogent sur sa capacité à dégager rapidement une ligne claire. Car les marchés financiers redoutent moins la gauche que l'incertitude : «Beaucoup se souviennent que les années Mitterrand ont été formidables pour la Bourse», rappelle un boursier. «On sait qu'il y aura forcément un temps pour les bêtises», renchérit un patron. Toute la question est donc de savoir s'il s'agira de «grosses bêtises, et au bout de combien de temps le tournant sera pris». Une chose est sûre : Lionel Jospin va très vite devoir prendre un certain nombre d'initiatives montrant que «les choses changent».»

Le Point (France), 2 juin 1997.

Renaud Dely, Pascal Virot, Vanessa Schneider, Gilles Bresson, Gilbert Laval, «Législative 97 : la droite s'étripe sur la défaite, la gauche est épatée par ses succès»

«...«On ne pouvait pas gagner, car nous étions à la fin d'un cycle politique.» Placidement, il y a deux ans, Lionel Jospin expliquait sa défaite à la présidentielle de 1995. Hier, la donne a été bouleversée. Ce qui n'était même pas envisageable il y a cinq semaines, se réalise: le PS, avec ses alliés écologistes, radicaux-socialistes et divers gauche, obtient la majorité absolue, sans l'appoint du Parti communiste. A l'instant de la dissolution, le premier secrétaire du PS n'était sûr que d'une chose: les socialistes reviendraient plus nombreux à l'Assemblée. Le résultat a largement dépassé son pronostic. Dans sa première déclaration depuis sa circonscription de Cintegabelle, le nouveau député de Haute-Garonne s'est toutefois gardé de tout triomphalisme: «La défaite électorale [de la droite] sanctionne sans doute un échec du gouvernement, mais plus encore une façon de concevoir la politique.»

Libération (France), 2 juin 1997, pp. 8-9.

Robert Diare Pascale, «Jacques Chirac compte remettre en ordre la droite autour de lui»

«...La victoire de la gauche, dimanche soir, a ouvert une autre boîte de Pandore, dont la soirée télévisée a donné les prémices. A l'Elysée, on n'a pas manqué d'entendre la plupart des ténors du RPR et de l'UDF ouvrir l'heure des règlements de compte. En plus de la gestion de ses relations avec la nouvelle majorité socialiste, M. Chirac va devoir faire face à deux fronts : les attaques qui visent son entourage, dont au premier chef, le secrétaire général de l'Elysée. Et, au sein du RPR, celles qui visent le président du mouvement néo-gaulliste, M. Juppé. On dit ne s'inquiéter ni des unes, ni des autres. Pour affronter la cohabitation, une équipe plus resserrée pourrait être mise en place autour de M. de Villepin (...) Quant aux batailles ouvertes, dès 20 heures et quelques secondes, dimanche, au sein du RPR, pour tenter de s'approprier la rue de Lille, on affirme ne pas les prendre trop au sérieux, en rappelant que, très vite et malgré «les rodomontades», l'opposition aura besoin de se remettre en ordre de marche derrière le président de la République.»

Le Monde (France), 3 juin 1997, p. 4.

Louis-Bernard Robitaille, «Victoire éclatante de la gauche en France»

«...Pour lui (Chirac), il s'agit d'un désaveu comme on n'en avait jamais vu sous la Ve République : partant d'une droite à 480 députés, il se retrouve avec la moitié à peine. De manière inexplicable, il avait choisi de maintenir à son poste Alain Juppé, le premier ministre le plus impopulaire de la même République : il a été forcé de le limoger en catastrophe après le premier tour, et sans même réussir à renverser la tendance. Cette dissolution jamais vraiment justifiée, ajoutée à l'impopularité de M. Juppé expliquent en partie ce désastre que personne ne croyait possible, pas plus à droite qu'à gauche il y a un mois. Ce formidable renversement de majorité -la «tendance essuie-glaces» comme on dit ici- a également une autre source, que le socialiste Michel Rocard lui-même jugeait inquiétante : depuis une vingtaine d'années, les Français congédient systématiquement le gouvernement sortant, et il y a eu très exactement six renversements de majorité en seize ans. Un signe de mauvaise humeur, pour le moins. Et même de désaveu de la classe politique, incapable de régler le problème du chômage et du passage de la France à l'économie moderne.»

La Presse (Québec, Canada), 2 juin 1997, p. A1.

Éditorial

«...Indisputably, Mr. Chirac and his hugely unpopular prime minister, Alain Juppe, failed to deliver on their promises to French voters (...) unemployment has jumped to 12.8 percent, a postwar peak, and taxes under their watch increased from 44.1 percent of GDP in 1994 to a record 45.7 percent last year. With total public spending now accounting for 54 percent of GDP (the highest for any large Western nation), the need for labor-market and public-sector reforms and continued privatization is more dire than ever. Nevertheless, every time Mr. Chirac and Mr. Juppe proposed to reform France's behemoth cradle-to-grave welfare state and protectionist policies, they were met by massive demonstrations and strikes by public-sector employees, farmers and anybody else affected. Promising to end privatization, to add yet another 350,000 jobs to the bloated public payroll and to cut the French work week from 39 hours to 35 without reducing pay -three policies that are guaranteed to make France even more uncompetitive in the globalized economy of the 21st century- the Socialist Party is setting up the disillusioned and denial-filled French electorate for even more disappointment.»

The Washington Times (États-Unis), 4 juin 1997.

Gouvernance et gouvernement [ 1 juin 1997 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

France
ÉlevéJacques ChiracAlain Juppé

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1992 - 2002



février
1992
Signature du traité de Maastricht

mars
1993
Tenue d'élections législatives en France

mars
1993
[Résultats] Élections législatives

mai
1994
Inauguration d'un tunnel reliant la France et le Royaume-Uni

avril
1995
[Résultats] Élection présidentielle

mai
1995
Élection de Jacques Chirac à la présidence de la République française

mai
1997
[Résultats] Élections législatives

juin
1997
Tenue d'élections législatives en France

juin
1998
Adoption en France d’une loi d’orientation et d’incitation relative à la réduction du temps de travail

janvier
1999
Passage à l'euro pour onze pays de l'Union européenne

avril
2002
[Résultats] Élection présidentielle

mai
2002
Réélection de Jacques Chirac à la présidence de la République française

juin
2002
Tenue d'élections législatives en France

juin
2002
[Résultats] Élections législatives


Dans l'actualité


mars
2019
Perquisition de l'opposition en France : Jean-Luc Mélenchon dénonce furieusement un abus de pouvoir

février
2019
Un climat politique orageux en France

octobre
2018
Donner du sang, oui, mais pas pour toute la France...

septembre
2018
Le président français devant le Congrès américain : séduction ou critique ?

janvier
2018
Le populisme sous la loupe du Forum mondial de la démocratie de Strasbourg

octobre
2017
Des élections désastreuses pour le Parti socialiste en France

juillet
2017
Nostalgie ou changement sans dérangement

février
2017
Présidentielle française: entre espoir et dépit

février
2017
Des États-Unis à la France, Donald Trump ne laisse personne indifférent

février
2017
Benoît Hamon : une victoire inattendue aux primaires de la gauche


Liens internes

Les objectifs de Perspective monde
Son équipe au fil des ans
Les sources et les mises à jour
Récupérer des éléments de Perspective monde

Pour en savoir plus

Pour nous écrire un commentaire
Pour nous suivre sur Facebook
Bilan du siècle, sur le Québec contemporain
Dimension, sur le langage statistique R

Liens externes

Observatoire des politiques publiques
Observatoire des Amériques
Politique appliquée.tv
Cahiers de recherche

Directeur: Jean-Herman Guay, Ph.D. Tous droits réservés © Perspective monde Version 6.7.2016