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19 septembre 1965

Élection en République fédérale d'Allemagne d'un gouvernement dirigé par Ludwig Erhard

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Ludwig Erhrard

Avec 47,6% des votes exprimés, les chrétiens-démocrates (CDU-CSU) obtiennent 245 sièges au Bundestag et arrivent en tête des formations représentées aux élections législatives. Ils devancent leurs plus proches rivaux, les sociaux-démocrates (SPD), qui reçoivent l'appui de 39,3% des électeurs et font élire 202 députés.

Pour gouverner, les chrétiens-démocrates ont à nouveau besoin de l'appui des 49 députés libéraux (FDP). Ce soutien permet à cinq libéraux, dont le chef du FDP, Erich Mende, d'entrer dans le cabinet que forme le chancelier Ludwig Erhard le 26 octobre. Élu par 272 voix contre 200, avec 15 abstentions, ce dernier renoue sa confiance à la plupart des ministres qui faisaient partie de son gouvernement avant l'élection. Une économie vigoureuse, caractérisée par un taux de chômage anémique, favorise les chrétiens-démocrates. Plus tôt en 1965, la République fédérale d'Allemagne (RFA) a également rétabli des relations diplomatiques normales avec Israël. Les législatives de septembre 1965 permettent aux sociaux-démocrates de Willy Brandt de faire encore des gains. Les 39,3% de voix qu'ils reçoivent et les 202 députés qu'ils font élire constituent des sommets. Ces résultats sont cependant en deçà de ce que Brandt espérait, ce qui l'incite à déclarer qu'il ne sera plus candidat à la chancellerie.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Marc Ullman, «Erhard et Brandt en campagne»

«...Brandt ou Erhard ? Aucun électeur allemand ne peut oublier plus de cinq minutes qu'il doit répondre à cette question. Où qu'il aille, une affiche de l'un ou l'autre l'assaille tous les vingt mètres. Cette personnalisation extrême des élections législatives, l'ampleur des moyens de propagande dont disposent deux partis structurés, modernes, démocratiques, le sentiment qu'un véritable choix est offert, tout concorde à faire de la campagne actuelle la plus discutée, la plus importante depuis les premières élections législatives de l'après-guerre, celles de 1949. Brandt ou Erhard ? Pour vingt pour cent des électeurs allemands, ceux que les sondages appellent les indécis, ceux qui feront pencher la balance, la réponse ne va pas de soi. D'un côté, bien sûr, Erhard, sa rondeur, son cigare, c'est l'image même de la prospérité. Mais l'Allemagne d'aujourd'hui est si évidemment prospère que, pour beaucoup, cette image paraît forcée. Quand on est vraiment riche, on n'a plus besoin d'être gros pour le montrer. On vise même à maigrir, paraître jeune, à afficher des besoins culturels. C'est sur ces aspirations nouvelles de la nouvelle Allemagne que la propagande électorale socialiste a fondé son action.»

L'Express (France), 13 au 19 septembre 1965, p. 24.

Ph. I., «Les élections allemandes ou le socialisme de la sécurité»

«...Chacun des deux partis, en effet, s'est ingénié à faire appel aux mêmes motivations, sans proposer de véritable option. «Pas d'expérience», la C.D.U. est restée fidèle jusqu'à maintenant à cet héritage du vieil Adenauer, qui lui sert de doctrine. Ludwig Erhard s'est contenté, partout où il passait, d'entonner le Te Deum de la prospérité, en réservant particulièrement aux «roquets» de l'intelligentsia sa hargne et sa grogne. Quant aux socialistes, pour couronner leur entreprise de reconversion, ils se sont acharnés à répondre, sur d'immenses affiches murales, sur les calicots qui décoraient leurs salles de réunion : Sicher ist sicher (ce qui est sûr est sûr). Ce slogan en creux, emprunté à l'arsenal de la protection routière, peut-être utile pour modérer les conducteurs du dimanche, s'est révélé parfaitement paralysant pour la théorie et la pratique politiques. À la limite, n'est-il pas d'ailleurs l'expression la plus insolente d'un nihilisme heureux ? La mythologie de la sécurité n'est-elle pas aussi dangereuse que la mythologie de l'aventure ?»

Esprit (France), novembre 1965, p. 1018.

J-M. L., «Une Allemagne prospère garde un chancelier à son image»

«...Une Allemagne de l'Ouest prudente et satisfaite, prospère et joufflue, à laquelle l'Amérique décerne périodiquement des prix de vertu démocratique et d'efficacité, vient de réélire un régime ou, plutôt, de renouveler sa confiance à un homme qui a fait ses preuves et qui rassure. Le chancelier Erhard correspond, nettement plus que son prédécesseur, à l'Allemagne d'aujourd'hui, du moins à l'image que cette Allemagne donne d'elle-même. Une respectabilité retrouvée qui paraît ne devoir jamais cesser, une véritable horreur des aventures dans tous les ordres, une préoccupation mélancolique de la division du pays qui ne va quand même pas -il s'en faut- jusqu'à l'obsession, la crainte persistante d'un «lâchage» de ses alliés que l'on apaise par une fidélité inconditionnelle à l'alliance américaine. Que pouvaient contre cela les tentatives d'une poignée d'intellectuels, y compris les meilleurs écrivains du moment, pour tirer le peuple de sa torpeur, l'élever au-dessus de la quête du confort, et les efforts dérisoires du parti social-démocrate pour démontrer qu'il allait pratiquer en mieux, sur tous les plans, la politique de la coalition démo-chrétienne-libérale.»

Le Devoir (Québec, Canada), 21 septembre 1965, p. 4.

S.A., «West Germany : Besser ist der Ludwig»

«...It was Erhard's first independent campaign since he took over as Chancellor from Konrad Adenauer, and he scored an impressive personal victory over West Berlin Mayor Willy Brandt. Observers had wondered whether Onkel Ludwig's earnest, professorial platform style might not bore the voters. As it turned out, they seemed to lap it up (...) «This election,» said Erhard, «provides a clear and unmistakable mandate to continue with present policies.» In domestic economics, they have already made West Germany the world's third largest economic power. The question now is, as one campaign slogan had it, whether the nation can long continue as a giant in world economics and a dwarf in world politics. Erhard has always been known as a strong supporter of the Atlantic Alliance. With his new endorsement, he may also feel it is time to press for a closer rapport with Eastern Europe, which he has privately endorsed, and new strength for the Common Market, with or without the aid of Charles de Gaulle.»

Time (édition canadienne), 1e octobre 1965, pp. 32-33.

Gouvernance et gouvernement [ 19 septembre 1965 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Allemagne
ÉlevéKarl Heinrich LübkeLudwig Erhard

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1960 - 1970



août
1961
Érection du Mur de Berlin

septembre
1961
Élection en République fédérale d'Allemagne d'un gouvernement dirigé par Konrad Adenauer

septembre
1961
[Résultats] Élections législatives

octobre
1963
Démission du chancelier de la République fédérale d'Allemagne, Konrad Adenauer

septembre
1965
Élection en République fédérale d'Allemagne d'un gouvernement dirigé par Ludwig Erhard

septembre
1965
[Résultats] Élections législatives

décembre
1966
Élection de Kurt Kiesinger au poste de chancelier de la République fédérale d'Allemagne

septembre
1969
Élection en République fédérale d'Allemagne d'un gouvernement dirigé par Willy Brandt

septembre
1969
[Résultats] Élections législatives


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