Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

21 janvier 2019

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19 novembre 1972

Élection en République fédérale d'Allemagne d'un gouvernement dirigé par Willy Brandt

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Willy Brandt, chancelier de la république fédérale d'Allemagne de 1969 à 1974
The Nobel Foundation

Avec 45,3% des votes exprimés, les sociaux-démocrates (SPD) de Willy Brandt obtiennent 230 sièges au Bundestag et arrivent en tête des formations représentées aux élections législatives. Ils devancent leurs plus proches rivaux, les chrétiens-démocrates (CDU-CSU) de Rainer Barzel, qui reçoivent l'appui de 44,9% des électeurs et font élire 225 députés.

Un vote de non-confiance tenu le 22 septembre 1972 à l'endroit du gouvernement dirigé par Willy Brandt, force la tenue d'élections législatives précipitées. Elles profitent aux sociaux-démocrates qui obtiennent plus de votes que les chrétiens-démocrates pour la première fois depuis la création de la République fédérale d'Allemagne (RFA), en 1949. Comme ce fut le cas en 1969, le social-démocrate Willy Brandt doit s'appuyer de nouveau sur les députés libéraux (FDP) pour former la majorité au Bundestag. Dans son cabinet, dont il annonce la composition le 15 décembre, il fait entrer cinq ministres libéraux, dont le chef Walter Scheel qui demeure vice-chancelier et ministre des Affaires étrangères. Au cours de la dernière année, le chancelier Brandt a poursuivi sa politique d'ouverture à l'Est (Ostpolitik). Des traités ont été signés avec la Pologne et l'Union des républiques socialistes soviétiques (URSS). Un autre sera conclu avec la République démocratique d'Allemagne (RDA), le 21 décembre. Les efforts de Brandt lui ont mérité le prix Nobel de la paix en 1971.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Henri Ménudier, «Les élections allemandes du 19 novembre 1972»

«...Nous ne pensons pas que ces élections marquent le début d'«une ère nouvelle». Le tournant dans l'histoire de l'Allemagne depuis 1945 s'amorce en 1966, lorsque les sociaux-démocrates participent pour la première fois au pouvoir au niveau fédéral, il se confirme réellement en 1969, avec l'élection à la présidence de la République de Gustav Heinemann (S.P.D.) et le passage dans l'opposition des chrétiens-démocrates, à la tête du gouvernement depuis 1949. Sur le plan de la politique étrangère, 1972 signifie la continuité et non la rupture avec le passé. Dans leurs nouvelles déclarations, les vainqueurs ont surtout souligné leur volonté de poursuivre ce qui a déjà été entrepris sur le plan intérieur et, grâce à quelques innovations importantes, ils espèrent accélérer le processus d'émancipation de la société allemande. L'ère Adenauer a duré quatorze ans. Assiste-t-on au début d'une ère Brandt, avec comme seule différence un renversement dans le rôle des deux principaux partis ? Le jeu des formations politiques, le contenu des problèmes économiques et sociaux et l'environnement international ont trop changé en dix ans pour que des formules aussi simples traduisent toute la complexité de la situation actuelle.»

Études (France), janvier 1973, pp. 34-35.

Joseph Rovan, «L'Allemagne de Willy Brandt»

«...À quelle cause attribuer le succès de la coalition ? Certaines ont été mentionnées plus haut, mais une des plus importantes a été sans aucun doute le prestige personnel de M. Brandt, la sympathie que le premier chancelier social-démocrate a su s'attirer par sa dignité et sa simplicité, par son autorité tranquille. L'Allemagne terrassée de 1949 s'est accrochée à la prodigieuse figure grand-paternelle, gigantesque, dure, précise et bonhomme du vieil Adenauer. Brandt, arrivé au pouvoir par bien d'autres voies et au prix d'une longue patience, Brandt le Résistant, le Maire de Berlin, l'émigré, le «Norvégien», Brandt le fils illégitime, s'est imposé lentement par bien d'autres vertus. Dans un certains sens, l'Allemagne se reconnaît de nouveau dans un «anti-héros»; mais celui-ci, homme d'âge moyen, fils d'ouvrière, ancien socialiste de gauche, plaît à des générations nouvelles. Ce n'est pas un grand-père, encore moins un Führer charismatique ou mystagogue, c'est un chef, un «patron» d'entreprise ou de parti, un chef civil qui inspire confiance sans forcer dans ses retranchements la personnalité de ceux qui sont avec lui, un chef à la fois amical et distant.»

Esprit (France), janvier 1973, p. 224.

Gerard Sandoz, «Il fallait gagner»

«...dans l'ultime mobilisation de toutes les énergies, deux familles se sont regroupées. D'un côté, celle de l'Allemagne conservatrice et prussienne, fermée sur ses ressentiments, hantée par ses sombres fantasmes, au nom de laquelle les chrétiens-démocrates n'ont su brandir qu'un vieux drapeau, celui de l'anti-communisme, et un épouvantail, celui de la grand crise économique de 1929. De l'autre, l'Allemagne de l'ouverture et du changement, dont les multiples courants n'avaient jamais pu s'unir en un si puissant courant. Cette fois, le choix était grave : il fallait gagner. Tous les hommes de gauche s'y sont mis. On a vu les gauchistes rejoindre les réformistes, les intellectuels sceptiques s'engager, les syndicats mobiliser leurs troupes. On a vu surtout Willy Brandt, un homme chaleureux et courageux, devenir le symbole de la paix acceptée, de la dignité retrouvée, d'une Allemagne enfin sortie du cauchemar.»

Le Nouvel Observateur (France), 27 novembre 1972, p. 45.

S.A., «More Power to Brandt»

«...West German Chancellor Willy Brandt and his political allies were far from alone last week in celebrating the outcome of the most significant election in postwar Germany. Both Washington and Moscow drew satisfaction from the re-election of a reliable and predictable partner in the delicate negociations of détente. West Germans themselves could rejoice that they had ended a seven-month political and constitutional crisis and wiped away any lingering doubts about the maturity of democracy in their country. At the same time, the resounding re-election they had accorded Brandt -a test that France's Georges Pompidou and Britain's Ted Heath have yet to face- affirmed the Chancellor's position as the most powerful man in Western Europe.»

Time (édition canadienne), 4 décembre 1972, p. 24.

Gouvernance et gouvernement [ 19 novembre 1972 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Allemagne
ÉlevéGustav HeinemannWilly Brandt

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1967 - 1977



septembre
1969
Élection en République fédérale d'Allemagne d'un gouvernement dirigé par Willy Brandt

septembre
1969
[Résultats] Élections législatives

septembre
1971
Signature d'un traité quadripartite sur la situation de Berlin

septembre
1972
Attentats terroristes pendant la tenue des Jeux olympiques de Munich

novembre
1972
Élection en République fédérale d'Allemagne d'un gouvernement dirigé par Willy Brandt

novembre
1972
[Résultats] Élections législatives

décembre
1972
Signature d'un Traité fondamental entre les deux Allemagnes

septembre
1973
Admission à l'Organisation des Nations unies (ONU)

mai
1974
Démission du chancelier de la République fédérale d'Allemagne, Willy Brandt

mai
1975
Début du procès de la Bande à Baader

octobre
1976
Élection en République fédérale d'Allemagne d'un gouvernement dirigé par Helmut Schmidt

octobre
1976
[Résultats] Élections législatives

septembre
1977
Début de « l'automne allemand » en République fédérale d'Allemagne


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