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5 octobre 1980

Élection en République fédérale d'Allemagne d'un gouvernement dirigé par Helmut Schmidt

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Rencontre entre Helmut Schmidt, chancelier de la RFA, et Jean Paul II
Gouvernement fédéral d'Allemagne

Avec 43,5% des votes exprimés, les chrétiens-démocrates (CDU-CSU) obtiennent 226 sièges au Bundestag et arrivent en tête des formations représentées aux élections législatives. L'appui des libéraux (FDP) aux sociaux-démocrates (SPD) de Helmut Schmidt permet cependant à ces derniers de former à nouveau le gouvernement.

C'est la deuxième élection consécutive au cours de laquelle le parti qui fait élire le plus de députés n'est pas appelé à diriger le gouvernement. Les positions conservatrices du chef des chrétiens-démocrates, Franz-Josef Strauss, sur des thèmes comme la politique extérieure ou la lutte au déficit, favorisent les libéraux qui réalisent leur meilleur résultat -53 sièges avec 10,6% du vote- depuis 1961. Le chancelier Helmut Schmidt, en poste depuis 1974, profite une fois de plus de l'alliance avec les libéraux pour obtenir une majorité de 45 sièges au Bundestag. Avec leurs 218 sièges et 42,9% des intentions de vote, les sociaux-démocrates restent à peu près au niveau de 1976, ce qui leur permet de former à nouveau le gouvernement. Schmidt, maintenant âgé de 61 ans, fait entrer quatre ministres libéraux dans son cabinet.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Gérard Sandoz, «R.F.A. : une élection à la grimace»

«...Cependant, malgré ces déchaînements polémiques, la campagne électorale a reflété le visage actuel de la R.F.A. Quels sont ses traits ? Première constatation : aucune des trois formations politiques, qu'il s'agisse des social-démocrates, des libéraux ou des chrétiens-démocrates, ne se présente plus comme porteuse d'un « grand dessein ». Fini le temps -c'était en 1972 - où Willy Brandt, élevant le débat, demandait à ses concitoyens de « collaborer à la promotion de réformes profondes dans tous les domaines de la vie », où il appelait la jeunesse à « transformer le pays »; et où il osait réclamer « davantage de démocratie ». Schmidt, lui, se référant tantôt au sociologue Max Weber, tantôt à Bismarck, n'a qu'un seul dessein : « Sauvegarder l'acquis. » Il est, disent ses amis, « le gestionnaire du possible ». Sur ce plan, il y a en Allemagne un consensus que les échanges d'injures entre candidats ne peuvent masquer. « Nous sommes, proclame le chancelier Schmidt, les ardents défenseurs de l'économie de marché. » L'ambition des libéraux et des chrétiens-démocrates, sur ce plan, n'est guère différente...»

Le Nouvel Observateur (France), 6 octobre 1980, p. 32.

Henri Ménudier, « Élections allemandes dans la grisaille »

«...La tendance au nivellement des programmes est le résultat de l'évolution des partis et de la société dans laquelle ils s'insèrent. Elle a été un des facteurs importants de la stabilité parlementaire, mais, par voie de conséquence, elle a contribué à l'appauvrissement du débat politique. Les partis se sont profondément renouvelés au cours des années soixante-dix en pénétrant notamment dans les nouvelles classes moyennes, qui jouent un rôle essentiel dans une société de plus en plus axée sur les services. Pourtant, malgré les rapprochements constatés, il ne faut pas tomber dans l'excès inverse et gommer toutes les différences idéologiques et sociologiques. Les partis ne sont pas encore interchangeables ! Ou, pour reprendre la formule d'un journaliste, «les partis sont devenus plus semblables, mais ils ne sont pas semblables.» Le débat politique manquant de substance, le phénomène de personnalisation à outrance de la campagne électorale en a été accéléré, et même facilité d'ailleurs par le fait que les formations politiques elles-mêmes, les média et l'opinion publique identifient volontiers un parti à son chef de file. Par tout ce qui les rapprochait et les séparait, Franz Josef Strauss et Helmut Schmidt offraient une occasion unique de réduire le débat à un duel entre " géants ".»

Études (France), décembre 1980, p. 602-603.

J.R., « Sage ou trop sage l'Allemagne ? »

«...La force du courant écologiste et les autres courants « alternatifs » ne débouche pas dans le monde politique, et risque de plus en plus de se constituer en une sorte d'univers politique «bis», fermé sur lui-même, réceptacle pour tous les mouvements d'opinion qui ne trouvent pas d'issue dans la politique « officielle » (...) Malgré les différences indéniables entre les situations nationales on peut redouter un divorce de plus en plus profond, en Allemagne comme en France, entre une majorité modérée très prépondérante, et une minorité de plus en plus séparée, indifférente ou radicale, avec des alternances entre repliement et explosion, une minorité très minoritaire, mais nullement négligeable, même du point de vue numérique, une minorité à la fois une et multiple, et même déchirée. Il ne faut pas pour autant mépriser la sagesse, l'acceptation positive du possible qui marquent la République fédérale, alors qu'elles ont tant manqué à la République de Weimar. Mais on peut souhaiter aussi que MM. Brandt et Schmidt (et surtout Schmidt) découvrent des moyens et des mots pour limiter l'immense perte de forces que représente pour une démocratie l'émigration à l'intérieur d'une partie de sa jeunesse.»

Esprit (France), novembre-décembre 1980, p. 210.

Guy Cormier, « Consécration pour M. Helmut Schmidt »

«...La campagne électorale avait présenté bien des traits qu'on associe habituellement aux styles américains de campagne électorale. C'est ainsi que la personnalité des deux principaux concurrents, M. Schmidt et M. Franz-Josef Strauss, avait été au centre de bien des débats. Ceux-ci ont souvent pris une allure désagréable, ainsi qu'il arrive quand la polémique devient trop personnelle. (...) Prudents, les électeurs ont préféré se laisser convaincre par Helmut Schmidt, comme s'ils s'étaient méfiés de la personnalité imprévisible et parfois trop brillante de M. Strauss. La victoire campe de façon décisive M. Helmut Schmidt parmi les hommes politiques qui comptent. M. Schmidt avant succédé en mai 1974 à M. Willy Brandt, qui constatait pour le déplorer que « l'Allemagne est un géant au point de vue économique, mais un nain au point de vue politique ». C'est un jugement auquel on ne souscrirait pas aujourd'hui. »

La Presse (Québec, Canada), 7 octobre 1980, p. A6.

Stephen Smith et al., « The Politics of Success »

«...With his bulldog shape and brawling style, Franz Josef Strauss was not about to win the West German national election on looks and charisma. Throughout, he had searched for an issue to stir the electorate, something to pinprick the lofty image of his telegenic opponent, Chancellor Helmut Schmidt. But every time Strauss attacked, Schmidt parried, mostly by reminding voters that West Germany had never been so prosperous or so important in world affairs. « I sympathize with Strauss, » said a Düsseldorf banker. « He has been in the impossible position of trying to find fault with success. » (...) Running ahead of his party as usual, Schmidt, 61, had a personal approval rating of 60% going into the election. His image was that of effective head of government, perhaps without peer, and renowned world statesman. No matter that he is reserved, even chilly. West German voters like some distance in their leaders, along with stability, firmness and caution. His government, both at home and abroad, Schmidt pledged, would stay « calculable, predictable and balanced ». »

Time (États-Unis), 13 octobre 1980, p. 47.

Gouvernance et gouvernement [ 5 octobre 1980 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Allemagne
ÉlevéKarl CarstensHelmut Schmidt

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1975 - 1985



mai
1975
Début du procès de la Bande à Baader

octobre
1976
Élection en République fédérale d'Allemagne d'un gouvernement dirigé par Helmut Schmidt

octobre
1976
[Résultats] Élections législatives

septembre
1977
Début de « l'automne allemand » en République fédérale d'Allemagne

octobre
1980
Élection en République fédérale d'Allemagne d'un gouvernement dirigé par Helmut Schmidt

octobre
1980
[Résultats] Élections législatives

octobre
1981
Manifestation contre les missiles nucléaires en République fédérale d'Allemagne

mars
1983
Élection en République fédérale d'Allemagne d'un gouvernement dirigé par Helmut Kohl

mars
1983
[Résultats] Élections législatives


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