Université de Sherbrooke Lettres et sciences humaines École de politique appliquée

17 janvier 2019

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6 mars 1983

Élection en République fédérale d'Allemagne d'un gouvernement dirigé par Helmut Kohl

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Assermentation de Helmut Kohl en tant que chancelier de la RFA
Gouvernement fédéral d'Allemagne

Avec 48,8% des votes exprimés, les chrétiens-démocrates (CDU-CSU) de Helmut Kohl obtiennent 244 sièges au Bundestag et arrivent en tête des formations représentées aux élections législatives. Ils devancent leurs plus proches rivaux, les sociaux-démocrates (SPD) de Hans-Jochen Vogel, qui reçoivent l'appui de 38,2% des électeurs et font élire 193 députés.

À l'automne 1982, une discorde sur des questions budgétaires a mis fin à la coalition de 13 ans entre SPD et libéraux (FDP) et entraîné le renversement du gouvernement dirigé par le social-démocrate Helmut Schmidt. Appuyé par le Bundestag, 256 voix contre 235 et quatre abstentions, le chrétien démocrate Helmut Kohl forme le nouveau gouvernement au sein duquel il fait entrer quatre ministres libéraux. Des élections précipitées sont annoncées pour le 1er mars 1983. Le CDU-CSU obtient alors 244 sièges ce qui, avec les 34 élus libéraux, permet à Kohl de profiter d'une large majorité. Le chancelier, âgé de 52 ans, promet d'adopter un programme d'austérité financière dans le but de redresser l'économie vacillante du pays. Son cabinet est composé de 14 élus du CDU-CSU et de trois libéraux. Kohl aura face à lui une opposition vigoureuse composée de 193 élus sociaux-démocrates et de 27 députés du Parti vert, une première au Bundestag.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Jérôme Dumoulin, «Allemagne fédérale : le grand enjeu»

«...«Le vote du siècle», titre un éditorialiste sans mémoire : il y eut, ici même, des scrutins plus tragiquement décisifs. Mais que le destin de la République fédérale d'Allemagne soit en jeu le 6 mars, beaucoup le pensent et certains le disent (...) En vérité, à la veille du scrutin, le «Bürger», l'«honorable citoyen», pense moins au destin de son pays qu'au sort de sa famille. Et moins à la grande affaire -celle des fusées- qu'aux petites affaires -les siennes. Dans les couloirs de la Baraque, le siège du Parti social-démocrate S.p.d. à Bonn, l'humeur est plutôt sombre : «Nous sommes en train de perdre des électeurs traditionnels dans la Ruhr. Ils sont désormais convaincus que c'est la C.d.u. qui fera repartir l'économie et qui leur permettra de garder leur job.» Le thème des euromissiles, cheval de la campagne social-démocrate, a fait long feu. Une petite minorité des électeurs le considère comme «la question la plus importante». La très grande majorité met en avant le chômage, qui touche aujourd'hui 2 500 000 personnes, plus de 10% de la population active.»

L'Express (France), 11 mars 1983, p. 60.

François Schlosser, «Bonn : une victoire ambiguë»

«...Pour ceux qui considéraient que l'Allemagne était en train de rompre les amarres avec l'Ouest, le vote de dimanche dernier indique, pour le moins, un répit. D'abord parce qu'il rassure l'opinion publique américaine et les gouvernements membres de l'Alliance atlantique, y compris la France. La mauvaise humeur manifestée à Moscou et les avertissements voilés adressés à Kohl par le Kremlin n'en sont que des preuves supplémentaires. C'est évidemment l'U.R.S.S. qui est perdante : avec Kohl à Bonn, les négociations de Genève sur les euromissiles prennent une autre tournure. Les Soviétiques ont désormais moins de chances d'influencer les positions allemandes, ce qui donne aux négociateurs de Reagan un atout qui leur faisait défaut jusqu'à présent. Mais l'euphorie de certains milieux occidentaux devant la défaite des sociaux-démocrates, suspects de neutralisme, ne devrait pas faire oublier que les plaies allemandes, ravivées depuis trois ans par la malencontreuse affaire des fusées, restent ouvertes. Kohl, qui veut guérir l'Allemagne de son malaise, sait très bien que son malade ne supportera pas n'importe quel médicament.»

Le Nouvel Observateur (France), 11 mars 1983, p. 38.

Guy Cormier, «L'Allemagne du chancelier Kohl»

«...La victoire impressionnante du chancelier Kohl, chef de la coalition chrétienne-démocrate, est interprétée comme un gain pour Washington et ses alliés et une rebuffade à l'URSS. Personne ne sait, évidemment, quelle politique fera un chef de gouvernement qui, jusqu'ici, a surtout apporté la preuve de ses talents comme chef de parti. Il arrive que les élus font la politique de l'opposition. Il reste que le soulagement éprouvé par les pays de l'Ouest s'explique. Ce serait simplifier outrageusement les choses que de dire que l'homme de Washington l'a emporté sur celui de Moscou. Mais il est certain qu'une victoire de M. Vogel (social-démocrate), surtout si elle avait été ample, aurait pu remettre en cause tout le programme laborieusement mis au point par l'OTAN en vue de l'installation sur le sol européen, à la fin de 1983, des missiles Cruise et des missiles Pershing-II. Attendons maintenant pour la suite.»

La Presse (Québec, Canada), 8 mars 1983, p. A6.

Gilbert Brunet, «Le choix des Allemands»

«...Les électeurs ouest-allemands ont choisi de revenir à une coalition gouvernementale qui les avait mis sur le chemin de la prospérité, de 1949 à 1953, sous Konrad Adenauer. Ils avaient à choisir entre deux conceptions de gouvernement pour relancer une économie chancelante : ils ont nettement opté pour la voie conservatrice. Ils avaient aussi à affirmer du côté de quel grand porte-parole ils se rangeaient dans le débat des euromissiles : 56% d'entre eux ont choisi l'option atlantiste, en accord avec les Reagan, Thatcher, Mitterrand et Trudeau. Les Verts ne vont probablement pas se contenter d'une audience parlementaire, mais leur importance relative a une nouvelle fois été mesurée : ce n'est pas au tapage que l'on évalue un groupe dans une société démocratique. Qu'ils fassent contrepoids aux excès d'un Strauss, les Allemands le leur accordent. Mais qu'ils apprennent à respecter, comme M. Strauss, les règles démocratiques. Les dirigeants socialistes, MM Brandt et Vogel, leur ont donné hier l'exemple en s'engageant à donner un caractère constructif à leur opposition parlementaire. La RFA a choisi la continuité idéologique et le resserrement budgétaire qui passe par l'économie libérale.»

Le Devoir (Québec, Canada), 7 mars 1983, p. 10.

Robert Haeger, «German Election is Over, But Not the Headaches»

«...For Kohl, the Greens pose the biggest question mark about his grip on power. Self-described as an «antiparty party», the Greens are against practically everything the Chancellor stands for. They oppose West German membership in NATO, want to kick U.S. troops out of the country and favor turning West Germany into a neutralist state. Votes had hardly been counted when leaders of the Greens -including Petra Kelly, stepdaughter of a former U.S. army colonel- showed that worries about the movement may be justified. The Greens, they said, may ignore parliamentary rules that displease them, especially those requiring secrecy in committees that cover national security. How much disorder the outnumbered Greens can stir up in the Bundestag is doubtful. But as one analyst notes : «Other parties are nervous about anything that might cause legislative instability or paralysis. Political unrest and deadlock in the last years of the Weimar Republic after World War I paved the way for the rise of Adolf Hitler.»

U.S. News & World Report (États-Unis), 21 mars 1983, pp. 31-32.

Gouvernance et gouvernement [ 6 mars 1983 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Allemagne
ÉlevéKarl CarstensHelmut Kohl

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1978 - 1988



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1980
Élection en République fédérale d'Allemagne d'un gouvernement dirigé par Helmut Schmidt

octobre
1980
[Résultats] Élections législatives

octobre
1981
Manifestation contre les missiles nucléaires en République fédérale d'Allemagne

mars
1983
Élection en République fédérale d'Allemagne d'un gouvernement dirigé par Helmut Kohl

mars
1983
[Résultats] Élections législatives

janvier
1987
Réélection en République fédérale d'Allemagne d'un gouvernement dirigé par Helmut Kohl

janvier
1987
[Résultats] Élections législatives


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