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25 janvier 1987

Réélection en République fédérale d'Allemagne d'un gouvernement dirigé par Helmut Kohl

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Discours de Helmut Kohl le jour de la chute du mur de Berlin
Gouvernement fédéral d'Allemagne

Avec 44,3% des votes exprimés, les chrétiens-démocrates (CDU-CSU) de Helmut Kohl obtiennent 225 sièges au Bundestag et arrivent en tête des formations représentées aux élections législatives. Ils devancent leurs plus proches rivaux, les sociaux-démocrates (SPD) de Johannes Ray, qui reçoivent l'appui de 37% des électeurs et font élire 186 députés.

Les observateurs qualifient cette campagne de terne et prévisible. Une économie en progrès, malgré un taux de chômage inquiétant de 8,7%, profite aux chrétiens-démocrates et au chancelier Kohl qui garde la tête dans les sondages du premier au dernier jour de la campagne. Comme ce fut le cas en 1983, il doit toutefois compter encore sur l'appui des députés libéraux (FDP) pour obtenir la majorité au Bundestag. Ces derniers ont effectué une remontée significative dans les intentions de vote par rapport à 1983, ce qui se traduit par une hausse de 34 à 46 députés. Face au gouvernement, se dresse une opposition formée des 186 députés sociaux-démocrates et des 42 élus du Parti vert. Les Verts ont récolté 8,3% des intentions de vote, un sommet historique qui leur permet de talonner le FDP et d'occuper une place de plus en plus importante sur l'échiquier politique allemand.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


François Schlosser, « L'homme qui fait trembler le dollar »

«...Avec des pièces aussi disparates, il est difficile de compléter, avant le décompte des urnes, le vrai puzzle électoral. Selon les augures, la coalition sortante des chrétiens démocrates et des libéraux devrait être reconduite. Non pas qu'elle offre de grandes perspectives, mais parce qu'une majorité d'Allemands sont dans l'ensemble plutôt satisfaits de leur sort présent. Ce n'est pas emballant mais cela suffit au chancelier Helmut Kohl, qui a mené la campagne au nom des conservateurs. Il connaît ses ouailles. Depuis l'âge le plus tendre, il ferraille dans la politique locale, puis nationale. Toujours au ras des pâquerettes. C'est son créneau. La politique étrangère ne l'intéresse guère, sauf si elle permet de marquer quelques points à l'intérieur. (...) Pour ces élections, Kohl pense avoir compris d'où venait le vent. Ses compatriotes collectionnent les succès économiques mais ce qui les intéresse, c'est de vivre bien tranquilles, sans qu'on les embête. C'est l'Allemagne à l'heure de son clocher. Roublard, derrière ses airs de grand dadais, Kohl s'intéresse à cette Allemagne-là. Et il célèbre les vertus allemandes, la fierté retrouvée d'être allemand. »

Le Nouvel Observateur (France), 23 au 29 janvier 1987, p. 36-37.

Jérôme Dumoulin, « Allemagne : l'envol d'un supergrand »

«...À la veille d'une deuxième victoire électorale, que tous les sondages prédisent éclatante, la formule peut être élargie à l'Allemagne tout entière : « une force qui va ». Sous l'impulsion du Chancelier ? Ce mot est à la fois trop fort et trop faible. Trop fort, parce que l'on ne trouvera pas, dans la bouche de Kohl, un seul de ces grands discours inspirés, marqués au coin de la morale kantienne, dont Schmidt, l'austère protestant de Hambourg, avait le goût, mal partagé par ses concitoyens. Le ton noble, les références littéraires, l'appel à la conscience, Kohl laisse cela au président de la République, Richard von Weizsäcker, homme de haute culture qu'il ne faut jamais oublier dans le paysage politique de cette nouvelle Allemagne. Pourtant, le mot « impulsion » est aussi trop faible : il rend mal compte de l'étonnante « respiration » qu'a donnée aux Allemands cet Helmut Kohl sans charisme ni brio, mais qui leur a tenu le langage de l'optimisme, des certitudes simples et réconfortantes, à l'heure où les taraudaient encore - suscitées tout à la fois par la crise des euromissiles, les difficultés économiques et le désarroi du Parti social-démocrate - l'angoisse et les pensées noires. »

L'Express (France), 30 janvier 1987, p. 40.

Albert Juneau, « La montée des tiers partis »

«...Mais c'est surtout la percée des Verts qu'il faut mettre en relief, bien qu'ils n'aient attiré que 8,3% de l'électorat. En gagnant 2.1 points de pourcentage, ils démontrent que leur poussée n'est pas accidentelle et qu'ils peuvent continuer à s'imposer graduellement à côté des grands partis. Les ouvertures consenties par le SPD dans les domaines de l'environnement, de la défense et de l'énergie nucléaire n'auront donc pas suffi à arrêter la progression des écologistes. Ainsi, cette élection marque un point tournant non seulement pour les Verts, mais aussi pour les sociaux-démocrates. Incapables de s'engager dans une alliance rouge-verte, le SPD a tenté, sans succès, d'arracher la majorité. Cet objectif était manifestement illusoire, le pays étant gouverné par des coalitions depuis plus de quinze ans. Les sociaux-démocrates paraissent donc condamnés à construire une alliance avec les Verts. L'idée est discutée depuis longtemps, mais elle se heurte encore à trop de résistance d'un côté comme de l'autre. »

Le Devoir (Québec, Canada), 27 janvier 1987, p. 6.

Michael S. Serrill et al., « Candidate for a Confident Time »

«...Few would have thought it possible just six months ago. Chancellor Helmut Kohl was then widely mocked as the most uninspired of politicians. But here he was last week, giving a campaign speech to a shouting, stomping, standing-room-only crowd in the city of Saarbrücken. (...) Still, the applause on the campaign trail is directed less at the sometimes bumbling Kohl himself than at what he represents : a newly proud and prosperous West Germany that looks to the future with more confidence than at any other time since World War II. Indeed, the waning of Germany's postwar angst fits perfectly with Kohl's folksy, optimistic style. « I'm convinced that we can solve any problems with reason, courage and patience, » he told 5,000 beer-drinking backers at a stop in Passau. « All we need is the inner strength to decide that's what we want. » (...) Kohl has openly appealed to this sense of well-being : his warmly nationalistic speeches urge the voters to congratulate themselves for the surging economy. »

Time (États-Unis), 26 janvier 1987, p. 34.

Gouvernance et gouvernement [ 25 janvier 1987 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Allemagne
ÉlevéRichard von WeizsäckerHelmut Kohl

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1982 - 1992



mars
1983
Élection en République fédérale d'Allemagne d'un gouvernement dirigé par Helmut Kohl

mars
1983
[Résultats] Élections législatives

janvier
1987
Réélection en République fédérale d'Allemagne d'un gouvernement dirigé par Helmut Kohl

janvier
1987
[Résultats] Élections législatives

novembre
1989
Chute du Mur de Berlin

octobre
1990
Réunification de l'Allemagne

décembre
1990
Élection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Helmut Kohl

décembre
1990
[Résultats] Élections législatives


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