Université de Sherbrooke
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9 novembre 1989
Chute du Mur de Berlin

Texte rédigé par l'équipe de Perspective Monde,

Discours de Helmut Kohl le jour de la chute du mur de Berlin
Gouvernement fédéral d'Allemagne

Un climat d'agitation sociale et une recrudescence des départs de leurs citoyens vers la République fédérale d'Allemagne (RFA) poussent les dirigeants de la République démocratique allemande (RDA) à ouvrir la frontière vers l'Ouest. L'événement est souligné par des fêtes auxquelles participent des millions d'Allemands.

Le désir de démocratisation du régime est à l'origine d'une série de manifestations houleuses qui secouent la RDA en 1989. Le gouvernement communiste jette un peu de lest, mais pas assez pour endiguer le flot migratoire vers la RFA qui prend des proportions inquiétantes. Lors des célébrations du 40e anniversaire de la RDA, en octobre 1989, des démonstrations en faveur du changement éclatent à travers le pays. Après le départ du président du Conseil d'État, Erich Honecker, en octobre, c'est au tour du gouvernement de Willi Stoph de démissionner, en novembre. Le 9, la décision est prise d'ouvrir la frontière avec la RFA. En l'espace de quelques heures, les rassemblements populaires se multiplient pour célébrer la nouvelle. Un, hautement symbolique, se tient aux pieds du Mur de Berlin érigé par le gouvernement de la RDA en 1961 pour empècher les Allemands de l'Est de rejoindre l'Allemagne de l'Ouest. La possibilité d'une réunification est vite envisagée, perspective que le chancelier de la RFA, Helmut Kohl, rend plausible le 28 novembre en proposant un plan à cette fin. La chute du Mur de Berlin constitue un point tournant marquant la fin des régimes socialistes en Europe de l'Est. Voir : La fin d'une Europe coupée en deux ainsi que Perestroïka et politique extérieure de l'URSS

Dans les médias...


Daniel Vernet, « De la Réforme à la révolution »

«...L'instauration d'une confédération comme l'Allemagne en a souvent connue au cours de son histoire pourrait répondre à la fois aux voeux et aux possibilités. Tous les récents interlocuteurs allemands de M. Gorbatchev sont unanimes : le chef du Kremlin est prêt à admettre un changement fondamental dans la situation de l'Allemagne à condition que les intérêts stratégiques de l'URSS soient sauvegardés. Le basculement de l'Allemagne de l'Est à l'Ouest est, pour lui, inacceptable, mais pas une RDA, démocratique, liée politiquement et économiquement à la RFA, à condition que, militairement, elle reste l'alliée de Moscou. Il faut une bonne dose d'imagination pour se représenter cette éventualité, mais il en fallait tout autant pour prévoir l'histoire qui est en train de se faire sous nos yeux, et c'est une litote de dire que les Européens de l'Ouest n'en ont pas débordé. (...) La porte de Brandebourg est désormais ouverte; il convient de toute urgence, que l'Europe des Douze organise ses nouvelles relations avec les peuples de « l'autre Europe » et, d'abord, avec ces Allemands de l'Est qui sentent flotter un vent de démocratie pour la première fois depuis...1933. »

Le Monde (France), 11 novembre 1989, p. 5.

S.A., « 1989 à l'Est ? »

«...La violence pacifique de la liberté a donc emporté d'un coup le symbole honteux et grotesque d'un héritage qui est moins celui de Yalta, comme on l'a dit avec une sorte de neutralité de mauvais aloi, que celui de la Révolution de 1917. Même s'ils sont l'épilogue de ce qui se passe depuis des années et des mois en URSS, en Pologne et en Hongrie, la pression pacifique mais invincible de la rue en RDA et la fin du Mur de Berlin ont une portée plus exemplaire, plus forte, plus pure : comme Louis XVI, les dirigeants de RDA, balayés en quelques semaines, ont dû admettre qu'ils n'avaient pas affaire à une réforme, mais à une révolution où le désir de pain et celui de liberté se mêlent inextricablement. (...) la « raison dans l'histoire », comme dirait Hegel, s'est réalisée en 1989 à l'Est. Au nom de la liberté - et de l'égalité ! - , les peuples opprimés depuis des décennies ont renversé l'édifice vermoulu et corrompu des sociétés communistes baptisées « démocraties populaires ». »

Esprit (France), décembre 1989, p. 3.

Albert Juneau, «La "question allemande" »

«...L'ouverture du mur marque non seulement l'échec de la collectivisation forcée à laquelle les Allemands de l'Est ont été soumis durant plus de 40 ans, mais aussi et surtout le début d'un processus de démocratisation, bref la mort du régime. Les frontières vers l'Ouest auraient pu être ouvertes par étape, comme l'ont fait les communistes hongrois qui, en mai dernier, au terme d'une série de mesures d'assouplissement, démontaient dans le calme le rideau de fer séparant le pays magyar de l'Autriche. Mais la décision est-allemande survient au moment où l'ensemble de l'édifice communiste s'effondre en Europe de l'Est. En réalité, avec le mur c'est le régime lui-même qui s'écroule, car ce dernier ne pourra maintenant résister à la vague de mécontentement (...) Le plus étrange de cette révolution - car c'est bien de cela qu'il s'agit - c'est qu'elle ait été sanctionnée par le maître du Kremlin. La question se pose maintenant de savoir s'il pourra lui-même y résister. En d'autres mots, si l'URSS consentira à suivre elle aussi la voie du pluralisme politique emprunté par ses «satellites».»

Le Devoir (Québec, Canada), 11 novembre 1989, p. A10.

Stephen Budiansky, « And the Wall came tumbling down »

«...In one bewildering instant, almost too fast for us to realize what happened, the Wall and everything it had so grimly stood for were simply gone. The refugees - refugees now, not escapees, or corpses - came by the tens of thousands, by train, by car, by taxi even, some carrying no more than a suitcase, some carrying in those suitcases nothing more than their children's toys. They waited in lines that stretched 3 miles; they waited 7 hours in cold rain. (...) But it is not just a story of individuals reaching a long-yearned-for freedom, as astounding as that is. For it is not just a few malcontents who are leaving. It is the nation's lifeblood - shopkeepers, factory workers, hundreds of doctors and nurses. « If they used repressive force now, they would only fuel the exodus », says Ronald Asmus of the Rand Corporation - risking the literal collapse of the society. The departing columns of citizens have ironically forced the hand of the embattled East German government as no invading columns of troops could have. »

U.S. News and World Report (États-Unis), 20 novembre 1989, p. 9.

Gouvernance et gouvernement [ 9 novembre 1989 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Allemagne
TransitionRichard von WeizsäckerHelmut Kohl

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie [1984 - 1994]



1 juillet 1984Richard von Weizsäcker : chef d'État (investiture/assermentation)
25 janvier 1987 Réélection en République fédérale d'Allemagne d'un gouvernement dirigé par Helmut Kohl
25 janvier 1987[Résultats] Élections législatives
23 mai 1989Richard von Weizsäcker : chef d'État (investiture/assermentation)
9 novembre 1989 Chute du Mur de Berlin
3 octobre 1990 Réunification de l'Allemagne
2 décembre 1990 Élection en Allemagne d'un gouvernement dirigé par Helmut Kohl
2 décembre 1990[Résultats] Élections législatives

 Dir: Jean-Herman Guay Faculté des lettres et sciences humaines       Version 9.6 2014    ©Tous droits protégés     Bilan du siècle   Dimension