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31 mars 1958

Réélection au Canada du Parti progressiste-conservateur de John Diefenbaker

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

John Diefenbaker

Le Parti progressiste-conservateur de John Diefenbaker remporte les élections législatives avec 53,6 % des voix. Ils fait élire 208 députés à la Chambre des communes contre 49 pour ses plus proches rivaux, les libéraux de Lester Pearson.

Moins d'un an après l'élection qui leur a permis de former un gouvernement minoritaire, les progressistes-conservateurs établissent un record en remportant 208 sièges à la Chambre des communes. Quelques mesures populaires et le charisme de leur chef, John Diefenbaker, leur permettent même de disposer aisément des libéraux dans leur château fort québécois avec 49,6 % des voix et 50 sièges sur une possibilité de 75. La défaite est particulièrement cuisante pour le Parti libéral et son nouveau chef Lester B. Pearson, récipiendaire du prix Nobel de la paix en 1957, qui doivent se contenter de 49 sièges et de l'appui de 33,6% des électeurs. Le seul tiers parti qui réussit à faire élire des candidats est le Co-operative Commonwealth Federation (CCF). Sa représentation se limitera toutefois à huit députés, soit 17 de moins qu'en 1957.

Pour en savoir plus: Discours inaugural de la campagne électorale au Canada

Résultats du scrutin

Dans les médias...


S.A., «Le Québec a fait le premier pas, c'est maintenant à M. Diefenbaker d'agir»

«...Jamais depuis la Confédération un parti politique n'a reçu un mandat plus explicite que M. Diefenbaker et ses progressistes-conservateurs. Toutes les majorités obtenues dans le passé par les administrations libérales ont été battues. Toutes les provinces ont donné leur appui aux conservateurs. Seuls quelques survivants des chefs libéraux qui avaient tenu le coup le 10 juin dernier ont réussi à surnager. Le chef du parti libéral pourra compter dans l'opposition sur quelques-uns de ses principaux lieutenants et cela grâce à la Province de Québec, où ils se recrutent surtout. Les deux partis qui faisaient la pluie et le beau temps dans les Provinces de l'Ouest, le CCF a été presque balayé de la carte électorale, perdant son chef et les Créditistes n'ont pas réussi à sauver un seul siège aux Communes. Il ne faut pas croire que c'est la fin des tiers-partis, mais c'est un dur coup dont ils auront probablement de la peine à se remettre sur le plan national, ce qui pourrait signifier un retour vers le système des deux partis, un facteur de stabilité politique dont nous avons longtemps bénéficié.»

Le Soleil (Québec, Canada), 1e avril 1958, p. 4.

S.A., «Une victoire sans précédent»

«...La grande surprise est sans doute l'attitude de la province de Québec. Qu'elle ait élu 50 députés conservateurs pour les 75 sièges qui lui sont réservés aux Communes, elle qu'une vieille tradition rattachait au parti libéral, cela doit être rangé dans la catégorie des imprévisibles à la veille du scrutin. Faut-il y apercevoir le désir d'emboîter le pas aux autres régions du pays emportées dans le courant d'une vague de sympathies conservatrices, ou encore celui d'appuyer le parti qui lui paraissait avoir les meilleures chances de recueillir la majorité dans les circonstances présentes ? Quels que soient les motifs à l'origine de ce retournement, il reste qu'il y a là une orientation nouvelle dont les conséquences pour l'avenir sont difficiles à évaluer. En tout cas Québec a donné au parti conservateur une marque de confiance qui l'autorise à attendre mieux, des remaniements consécutifs au scrutin, que ce qui lui a été concédé dans le cabinet de l'an passé.»

La Presse (Québec, Canada), 1e avril 1958, p. 4.

S.A., «Le triomphe des conservateurs au Canada»

«...Parmi les facteurs qui ont contribué à transformer la défaite des libéraux il y a sept mois en un véritable écrasement lundi dernier, il en est deux qu'il convient de souligner : la retraite de M. Saint-Laurent d'abord, qui a privé le parti libéral d'une personnalité dont l'autorité était reconnue dans le Canada tout entier et dont le prestige était tel auprès des Canadiens-Français -qui se reconnaissaient en lui- que la province de Québec n'eût jamais voté pour les conservateurs s'il était resté à la tête de son parti. Il semble cependant que le facteur vraiment décisif, depuis les élections de juin 1957, ait été la récession économique aux États-Unis. Le principal grief que les Canadiens font aux libéraux est en effet d'avoir mis l'économie canadienne dans la dépendance de l'économie américaine. Cette dépendance est restée tolérée par eux pendant aussi longtemps que le Canada a joui de cette prospérité remarquable que l'étranger lui enviait : elle ne leur paraît plus aujourd'hui supportable, étant donné le marasme des affaires et l'accentuation du chômage.»

Le Monde (France), 3 avril 1958, p. 1.

P.W.F., «Electoral Postmortem»

«...we are probably in for a long period of Conservative suzerainty, as formidable in ponderosity as the late Liberal dynasty. This is especially true because Diefenbaker Conservatism is not the old Tory line. Those of the prime minister's opponents who thought so have learned differently to their dismay. Mr. Diefenbaker has converted what was essentially an anachronistic party with a limited appeal to those on the right into a broad middle-of-the-road, middle classe identification symbol which attracts Canadians instinctively. While Mackenzie King did the same thing for liberalism with remarkable success, Mr. Diefenbaker's real triumph is that he has now stolen the ground from under the Liberals and left them almost nowhere to stand. Tapping the sentiment on which King rode to power, Mr. Diefenbaker will likely stay there for the same reasons : moderate welfare policies, a skillful blend of collectivism and free enterprise, promises to all parts of the country, a whiff of nationalism, pious platitudes, and above all respectability and order. This is as Canadian as apple sauce and as popular as the soft ice cream Mr. Diefenbaker enjoys so much.»

The Canadian Forum (Canada), mai 1958, p. 30.

Gouvernance et gouvernement [ 31 mars 1958 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Canada
ÉlevéVincent MasseyJohn G. Diefenbaker

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1953 - 1963



août
1953
Réélection au Canada du Parti libéral de Louis-Saint Laurent

août
1953
[Résultats] Élections législatives

juin
1957
Élection au Canada du Parti progressiste-conservateur de John Diefenbaker

juin
1957
[Résultats] Élections législatives

mars
1958
Réélection au Canada du Parti progressiste-conservateur de John Diefenbaker

mars
1958
[Résultats] Élections législatives

juin
1962
Réélection au Canada du Parti progressiste-conservateur de John Diefenbaker

juin
1962
[Résultats] Élections législatives

avril
1963
Élection au Canada du Parti libéral de Lester B. Pearson

avril
1963
[Résultats] Élections législatives


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