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18 juin 1962

Réélection au Canada du Parti progressiste-conservateur de John Diefenbaker

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

John Diefenbaker
Bibliothèque et Archives Canada,

Le Parti progressiste-conservateur de John Diefenbaker remporte les élections législatives avec 37,3 % des voix. Il fait élire 116 députés à la Chambre des communes contre 100 pour ses plus proches rivaux, les libéraux de Lester B. Pearson.

Le Parti libéral et le Parti progressiste-conservateur, au pouvoir depuis 1957, sont au coude à coude en terme de pourcentage des voix avec environ 37,3 %. Une situation économique difficile et des tergiversations du premier ministre Diefenbaker en matière de politique étrangère expliquent en partie la baisse de popularité des progressistes-conservateurs qui avaient reçu l'appui de 53,6% des électeurs en 1958. Cette chute des appuis profite notamment au Crédit social, une formation qui fait élire un nombre record de 30 députés, dont 26 au Québec. Le sort du nouveau gouvernement repose également sur les épaules du Nouveau Parti démocratique (NPD), une formation de gauche, successeur du Co-Operative Commonwealth Federation (CCF), qui a vu le jour en 1961. Le NPD fait élire 19 députés. La rupture de ce fragile équilibre entraînera la tenue de nouvelles élections générales au printemps 1963.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Vincent Prince, « Ne pas brusquer de nouvelles élections »

«...On conçoit difficilement qu'aucun des trois partis d'opposition soit désireux de brusquer une autre élection. Du côté des libéraux, le succès par trop relatif qu'ils viennent d'obtenir ne prouve pas que les électeurs aient tellement hâte de les revoir à la direction du pays. Le NPD pourrait, tout au plus, ajouter quelques comtés à sa liste de conquêtes qui n'impressionne personne. Enfin, les créditistes n'ont remué que le Québec et ne gagneraient sûrement à peu près pas de terrain ailleurs. On pourrait les qualifier de parti québécois. On n'a donc pas le choix. Il faut se résigner à subir un gouvernement minoritaire. Avec tous les inconvénients que cela comporte. Il faudra laisser le temps faire son oeuvre. Dans un an, dans deux ans peut-être, les positions des partis se seront précisées davantage. On verra mieux la différence entre les solutions que chacun propose. Retourner immédiatement devant le peuple ou y retourner dès l'automne ne saurait apporter de résultat beaucoup plus heureux. La confusion qui a amené un vote aussi indécis subsistera encore. »

La Presse (Québec, Canada), 20 juin 1962, p. 4.

Gérard Filion, « Une province pas comme les autres »

«...On se perd en conjecture sur cette montée subite du crédit social. Les uns disent : c'est la victoire de la télévision. Il y a probablement du vrai là-dedans. Ce n'est pas pour rien que les compagnies de savon martèlent l'esprit des gens avec quelques slogans simples : il faut que cela soit rentable. Mais la télévision seule n'explique pas tout. La partie est de la province de Québec fait partie d'une zone de sous développement où l'agriculture et l'industrie sont stagnantes. Le faible niveau de vie et l'incertitude de l'avenir invitent les électeurs à chercher du nouveau. Le Crédit social a tiré parti d'un climat psychologique favorable en les convainquant qu'ils n'avaient rien à perdre en votant créditiste. C'est un fait connu que la démagogie est rentable en politique. Le Crédit social ne s'en est pas privé. Il a promis les choses les plus invraisemblables, notamment un accroissement des allocations sociales et une diminution des taxes, en plus de la disparition de la dette publique. Les esprits simples étant toujours en majorité, ramener la politique à des formules aussi grossières peut conduire à des résultats avantageux. »

Le Devoir (Québec, Canada), 20 juin 1962, p. 4.

S.A., « Deux défaites au Canada »

«...Les deux grands partis traditionnels sont amenés à faire une critique sévère de leur action au cours des quatre ou cinq dernières années. Après avoir gouverné depuis 1958 avec une majorité sans précédent à Ottawa, M. Diefenbaker ne pouvait guère dissimuler les problèmes restés sans solution : un demi-million de chômeurs, une monnaie affaiblie, le coût de la vie en hausse, une politique étrangère assez hésitante et qui, en tout cas, n'a pas le brillant que lui avait conféré l'actuel leader du parti libéral, M. Lester B. Pearson, lorsqu'il était ministre des affaires extérieures. Mais ce dernier n'a pas davantage de raisons d'être satisfait. Le diplomate qui mérita le prix Nobel de la paix et s'est illustré dans de nombreuses conférences internationales a manifesté peu de goût pour les jeux à la fois démagogiques et dérisoires qui font un « bon » politicien. Bien que la gestion de ses adversaires donne prise à de sérieuses attaques, il n'a pas su exploiter une situation qui aurait pu lui garantir la victoire. M. Pearson enregistre ainsi son deuxième échec électoral, et ses amis peuvent songer à lui donner un successeur, ce qui lui laisserait le loisir de revenir à ses véritables amours : la politique internationale. »

Le Monde (France), 21 juin 1962, p. 1.

Peter C. Newman, « The defense plea was the same but the jury's mood changed »

«...His career as an eloquent and often underpaid defender of the underdog in the courtrooms of dusty prairie towns fitted him ideally for the 1957 and 1958 contests, when he cast himself as the angry avenger of Liberal insolence. But 1962 was not 1958, and Diefenbaker was struck playing the backwoods attorney, propounding his personal testament before the voters. As a result, his message aroused nearly as much ridicule as admiration. His undisputed talents as a defense counsel could never really be brought into playing during this campaign, as they had been four years before. For one thing, he was defending not some benighted underdog, but himself. For another, he was trying to breath fire into the same old arguments in the same old way. The trouble was, the mood of the jury had changed. »

Maclean's (Canada), 14 juillet 1962, p. 1.

Denis Smith, « That Uncertain Feeling »

«...If Mr. Diefenbaker's political future is clouded, so is that of Mr. Pearson and Mr. Douglas. There is no unifying national issue in sight by which any one of them can re-create a national party. The outstanding fact of the election has been the reminder that we are not one nation. The returns from the Maritimes, Quebec, Ontario, the Prairies, and B.C. bear only the most tenuous relationship to one another. Social Crediters in Quebec have appealed to peculiar nationalistic frustrations that prosperous English-speaking Social Crediters will not understand. The separation of the Prairies from central Canada is once again reflected in the composition of the House of Commons, with the Prairies now on the side of the status quo. Despite all the efforts of the CBC, the periodical press, and the politicians, there is still a desperate failure of communication in the country. »

The Canadian Forum (Canada), juillet 1962, p. 76.

Gouvernance et gouvernement [ 18 juin 1962 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Canada
ÉlevéGeorges VanierJohn G. Diefenbaker

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1957 - 1967



juin
1957
Élection au Canada du Parti progressiste-conservateur de John Diefenbaker

juin
1957
[Résultats] Élections législatives

mars
1958
Réélection au Canada du Parti progressiste-conservateur de John Diefenbaker

mars
1958
[Résultats] Élections législatives

juin
1962
Réélection au Canada du Parti progressiste-conservateur de John Diefenbaker

juin
1962
[Résultats] Élections législatives

avril
1963
Élection au Canada du Parti libéral de Lester B. Pearson

avril
1963
[Résultats] Élections législatives

novembre
1965
Réélection au Canada du Parti libéral de Lester B. Pearson

novembre
1965
[Résultats] Élections législatives

avril
1967
Ouverture d'une Exposition universelle à Montréal

juillet
1967
Discours controversé du président français Charles de Gaulle à Montréal


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