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8 novembre 1965

Réélection au Canada du Parti libéral de Lester B. Pearson

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Lester B. Pearson
Bibliothèque et Archives Canada

Le Parti libéral de Lester B. Pearson remporte les élections législatives avec 40,2 % des voix. Il fait élire 132 députés à la Chambre des communes contre 97 pour ses plus proches rivaux, les progressistes-conservateurs de John Diefenbaker.

Il s'agit d'un deuxième gouvernement minoritaire consécutif pour le Parti libéral de Lester B. Pearson qui vient à quelques sièges de détenir la majorité à la Chambre des communes. Les résultats de l'élection de 1965 sont à peu près conformes à ceux de 1963, si ce n'est pour le Crédit social qui chute de 24 à 13 députés. Le Nouveau Parti démocratique (NPD) de Tommy Douglas fait pour sa part élire 21 députés à la grandeur du pays. Du côté libéral, la victoire du 8 novembre permettra l'entrée au Parlement de Pierre Elliott Trudeau, Gérard Pelletier et Jean Marchand - les « trois colombes » - , trois hommes politiques originaires du Québec qui joueront un rôle déterminant au sein du gouvernement canadien au cours des années 60 et 70. Tirant des conclusions de cette défaite, les progressistes-conservateurs remplaceront leur chef John Diefenbaker en 1967 par Robert Stanfield.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Claude Ryan, « La position de M. Pearson au lendemain du scrutin »

«...Le principal résultat positif qui se dégage des élections, est dans une sympathie accrue de l'opinion envers le NPD. Si M. Pearson veut vraiment gouverner dans un esprit démocratique, il comprendra sans peine que c'est en direction du NPD (c'est-à-dire d'une politique sociale progressive) qu'il devra chercher son principal appui au prochain Parlement. M. Pearson pourrait, à la rigueur, tenter de pratiquer un jeu d'équilibre entre le NPD et les créditistes du Québec. Il pourrait chercher à se servir des premiers pour faire approuver certaines mesures sociales comme l'assurance-maladie et tenter d'utiliser les seconds pour faire entériner certaines décisions favorables au Québec. Pareil jeu de bascule serait malsain et finirait par nuire à son auteur. Mieux vaut que M. Pearson fasse un choix clair dans le sens du verdict rendu par ses électeurs. Mieux vaut qu'il recherche honnêtement une entente viable avec le NPD. Une telle entente pourrait revêtir plusieurs formes différentes. Bornons-nous pour aujourd'hui à en souligner la nécessité et à rappeler qu'elle serait cent fois préférable, en principe et en pratique, aux savants maquignonnages dont le dernier Parlement fut trop souvent la scène. »

Le Devoir (Québec, Canada), 10 novembre 1965, p. 4.

S.A., « Du pareil au même »

«...Les élections d'hier n'auront servi qu'à accentuer l'instabilité politique et à augmenter la confusion pour une période de temps indéterminée, selon qu'on sera forcé plus ou moins rapidement de faire de nouveau appel au peuple. On peut prévoir cependant que cela ne se produira pas avant quelques mois, le temps nécessaire pour permettre aux partis traditionnels de redéfinir leur idéologie et de se donner de nouveaux chefs. Il est en effet impossible de penser sérieusement que MM. Diefenbaker et Pearson restent bien longtemps encore à la direction des conservateurs et des libéraux. Aucun des deux, n'ayant réussi à mener son parti à une victoire décisive en trois tentatives en l'espace de trois ans, ne pourrait espérer faire meilleure figure advenant de nouvelles élections fédérales. La personnalité du chef a souvent été un facteur déterminant dans la vie politique canadienne. Elle a parfois même été le facteur décisif. Il est évident que MM. Pearson et Diefenbaker n'exercent plus sur la population l'ascendant capable de l'entraîner à leur suite. »

Le Soleil (Québec, Canada), 9 novembre 1965, p. 4.

François Dupuis, « Des élections pour rien »

«...M. Lester Pearson, diplomate de carrière, avait mesuré les conséquences de la renaissance du Québec. Honnêtement, inlassablement, il s'était mis à pratiquer une politique de replâtrage entre les deux communautés. Et, la prospérité économique aidant, il espérait un succès électoral dans l'ensemble du pays. C'était compter sans la lassitude de citoyens qu'on traînait aux urnes pour la cinquième fois en huit ans. La campagne avait à peine débuté que chacun, déjà, s'en détournait. Même à Montréal, la plus grande métropole francophone, fief des libéraux, le manque d'intérêt était général. (...) Sitôt connus les résultats, les Canadiens surent que la stabilité de leur instabilité était maintenue. (...) Non seulement M. Pearson n'avait pas réussi à obtenir la majorité absolue, mais cette élection accentuait encore le clivage entre les deux communautés; le Québec a envoyé au Parlement 55 députés libéraux contre 9 conservateurs. Les autres provinces, à l'exception de l'Ontario, ont élu une majorité conservatrice. »

L'Express (France), 15 au 21 novembre 1965, p. 41.

Donald V. Smiley, « The Canadian Federation after the Unwanted Election »

«...The election results so far as they impinge on the future relations between Central Canada and the peripheries of the country could hardly have been more unfortunate. From the western border of Ontario to the Lower Mainland of British Colombia the Liberals have only two seats, only two in Nova Scotia and none in Prince Edward Island. Thus while almost exactly four-fifths of the Liberal seats are from Ontario and Quebec, nearly two-thirds of the Conservative M.P.s in the new House will be from outside these provinces. (...) The danger here is that so far as the Prairie Provinces, Prince Edward Island and to some extent Nova Scotia are concerned provincial and regional interests will find an almost exclusive outlet through the provincial administrations. With strong and stable governments in power in the other provinces of Ontario, Quebec and British Colombia the election results by decreasing Liberal representation from the Atlantic Provinces and sustaining the Conservative dominance on the Prairies resulted in a dangerous attenuation of federal power. »

The Canadian Forum (Canada), décembre 1965, p. 194.

Gouvernance et gouvernement [ 8 novembre 1965 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Canada
ÉlevéGeorges VanierLester B. Pearson

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

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Chronologie 1960 - 1970



juin
1962
Réélection au Canada du Parti progressiste-conservateur de John Diefenbaker

juin
1962
[Résultats] Élections législatives

avril
1963
Élection au Canada du Parti libéral de Lester B. Pearson

avril
1963
[Résultats] Élections législatives

novembre
1965
Réélection au Canada du Parti libéral de Lester B. Pearson

novembre
1965
[Résultats] Élections législatives

avril
1967
Ouverture d'une Exposition universelle à Montréal

juillet
1967
Discours controversé du président français Charles de Gaulle à Montréal

juin
1968
Élection au Canada du Parti libéral de Pierre Elliott Trudeau

juin
1968
[Résultats] Élections législatives

octobre
1970
Déclenchement de la crise d'octobre au Québec


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