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30 octobre 1972

Réélection au Canada du Parti libéral de Pierre Elliott Trudeau

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Pierre Elliott Trudeau pendant la campagne électorale de 1974
Bibliothèque et Archives Canada,

Le Parti libéral de Pierre Elliott Trudeau remporte les élections législatives avec 38,5 % des voix. Il fait élire 109 députés à la Chambre des communes contre 107 pour ses plus proches rivaux, les progressistes-conservateurs de Robert Stanfield.

Un contexte économique difficile explique en partie cette chute importante de popularité des libéraux dont les appuis passent de 45,5 %, en 1968, à 38,5 %. L'élection est à ce point serrée qu'il faut attendre le dépouillement de tous les votes avant de confirmer la victoire du Parti libéral de Pierre Elliott Trudeau qui ne devance les progressistes-conservateurs de Robert Stanfield que par deux sièges et 3,5 % du vote populaire. Avec respectivement 31 et 15 députés, le Nouveau Parti démocratique (NPD) de David Lewis et le Crédit social de Réal Caouette détiennent le sort du prochain gouvernement entre leurs mains. Au cours des deux prochaines années, le Parti libéral devra compter sur les votes des députés néo-démocrates pour obtenir la majorité à la Chambre des communes. Cette situation perdurera jusqu'aux élections générales du 8 juillet 1974 qui permettront aux libéraux d'être de nouveau majoritaires à la Chambre des communes, comme ce fut le cas entre 1968 et 1972.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Jean Pellerin, « Les impondérables du scrutin »

«...On se souvient qu'en 1966, la révolution tranquille avait essoufflé les Québécois au point de les amener à reporter l'Union nationale au pouvoir. Il se peut qu'une situation semblable se soi développée sur le plan fédéral. M. Trudeau est peut-être aussi victime de son style, ainsi que du tempo des réformes réalisées. Aux yeux de certains intellectuels, ce style et ce tempo paraissent trop lents, mais c'est encore trop vite pour la majorité. L'image de M. Trudeau avait fasciné au départ. Après quatre ans de travail couronné de réalisations qu'on peut qualifier de généreuses, il semble que cette image a fini par lasser une partie de la population. L'euphorie entretenue par la Commission BB et les réjouissances d'Expo 67 sont en plein processus de dégonflement. Serait-ce la fin du fuseau ? M. Trudeau peut encore faire quelque chose d'original pour le Canada, comme par exemple essayer de former le premier véritable gouvernement de coalition (ou quelque chose d'approchant). Les circonstances s'y prêtent. Les libéraux ont intérêt à poursuivre le travail commencé et le NPD a intérêt à profiter de la balance du pouvoir qui lui échoit. »

La Presse (Québec, Canada), 1e novembre 1972, p. A4.

Gilles Boyer, « La polarisation du vote »

«...Quoi qu'il en soit des raisons profondes qui ont pu inciter les deux communautés linguistiques à se grouper distinctement dans un parti ou dans un autre, le fait existe et entraîne une situation délicate au pays. En prenant le pouvoir, l'un ou l'autre parti risque de faire figure d'instrument voué au service d'un groupe plutôt que de l'autre. C'est encore plus vrai des conservateurs, où la représentation canadienne-française ne s'élève qu'à la moitié de la députation totale du parti. Les dirigeants des deux grands partis, MM. Trudeau et Stanfield, ne sont heureusement pas des hommes politiques propres à se laisser aller au nationalisme ethnocentrique, ni à tenir rancoeur au corps électoral de la situation délicate qu'il vient de réserver à leur parti et, partant, à l'ensemble de la nation. Il faudra à l'un et à l'autre beaucoup de sang-froid, de doigté et sans doute d'abnégation pour manoeuvrer dans ces conditions remplies d'embûches et lourdes à porter pour l'unité nationale. »

Le Soleil (Québec, Canada), 3 novembre 1972, p. 4.

Maurice Saint-Germain, « Dualité canadienne »

«...L'image du premier ministre en sort ternie; la « trudeaumanie » de l'élection de 1968 n'ayant pas joué, c'est un gouvernement fragile, au soutien extérieur encore incertain, à qui échoit le pouvoir. Les questions débattues au cours de la campagne électorale : unité nationale, inflation, chômage, disparités régionales, ont gardé la même acuité, et le besoin d'un gouvernement disposant d'un appui plus considérable de l'électorat devrait se manifester dans un terme assez proche. (...) en dépit des sièges obtenus, une certaine désaffection de l'électorat canadien français est apparue au Québec à l'égard du Parti libéral et, par rapport à 1968, son déclin en pourcentage des votes aurait été encore accru s'il n'avait eu le soutien de l'électorat anglo-québécois. L'élection fédérale d'octobre 1972 va-t-elle freiner le mouvement d'indépendance au Québec, puisque Pierre Elliott Trudeau a trouvé encore chez les Québécois le plus solide appui que son parti obtienne au Canada ? Les résultats ont plutôt confirmé l'existence de deux nations au Canada et la difficulté pour les Canadiens français d'avoir un gouvernement de leur choix à Ottawa. »

Esprit (France), janvier 1973, p. 178-179.

John Gray, « The End of a Phony Dream »

«...The sad divisions in the country can be seen in the profound semantic misunderstanding (perhaps wilful by some) of the phenomenon of "French power". In Quebec, the Liberals boasted of their role in Ottawa in an attempt to put down the separatist claim that French Canadians are powerless within Confederation; the Liberals saw their power as a justification, to Quebec, of federalism. But outside Quebec, "French power" was seen not as a bulwark but as a threat. One issue; two interpretations. (...) The fragmentation of voting across the country becomes more alarming when one examines the composition of the two « national » parties. They have evolved through the old game of non-ideological ins-and-outs politics, where one group governs while its indistinguishable alternative waits in the wings for its turn to govern. They have become less political parties than crude coalitions, whose only unifying forces is a desire for power. »

MacLean's (Canada), décembre 1972, p. 7.

Éditorial

«...(Trudeau) He can be expected to give his first priority to tackling economic problems and cutting down the high rate of unemployment, which was a major source of voter dissatisfaction. He also is likely to deal more gently with the new Parliament than he did with the old. Many thought him highhanded and contemptuous during his first term of office. He can hardly afford now to ruffle feathers as he has done in the past. It is cause for concern that the election results seemed to intensify the rift between English-and-French speaking Canada. If he is to recover the ground lost last Monday, Mr. Trudeau must go all out to dispel the image that he is speaking mainly for French Canadians. As far as he is concerned the image is unfair, for he is a convinced believer in Canadian unity on the basis of full equality for the people of both cultures. Monday's rebuff has left Trudeau a chastened man - a different man from the upcoming politician who was swept into power on a wave of euphoria four years ago. Coming months will reveal the effects of this chastening. »

The Christian Science Monitor (États-Unis), 4 novembre 1972.

Gouvernance et gouvernement [ 30 octobre 1972 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Canada
ÉlevéRoland MichenerPierre Elliott Trudeau

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1967 - 1977



avril
1967
Ouverture d'une Exposition universelle à Montréal

juillet
1967
Discours controversé du président français Charles de Gaulle à Montréal

juin
1968
Élection au Canada du Parti libéral de Pierre Elliott Trudeau

juin
1968
[Résultats] Élections législatives

octobre
1970
Déclenchement de la crise d'octobre au Québec

octobre
1972
Réélection au Canada du Parti libéral de Pierre Elliott Trudeau

octobre
1972
[Résultats] Élections législatives

juillet
1974
Réélection au Canada du Parti libéral de Pierre Elliott Trudeau

juillet
1974
[Résultats] Élections législatives

juillet
1976
Boycott des Jeux olympiques de Montréal par des pays africains


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