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8 juillet 1974

Réélection au Canada du Parti libéral de Pierre Elliott Trudeau

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Pierre Elliott Trudeau pendant la campagne électorale de 1974
Bibliothèque et Archives Canada,

Le Parti libéral de Pierre Elliott Trudeau remporte les élections législatives avec 43,2 % des voix. Il fait élire 140 députés à la Chambre des communes contre 95 pour ses plus proches rivaux, les progressistes-conservateurs de Robert Stanfield.

Au début des années 70, l'économie canadienne est affectée par une inflation galopante. Pour gouverner, le Parti libéral de Pierre Elliott Trudeau, qui est minoritaire à la Chambre des communes, doit s'appuyer sur les votes des députés du Nouveau Parti démocratique (NPD). Jugeant sa situation favorable, le premier ministre déclenche des élections en 1974. La stratégie porte des fruits puisque les libéraux récoltent 141 sièges, ce qui leur permet d'obtenir la majorité. Ils devancent le Parti progressiste-conservateur de Robert Stanfield, le NPD de David Lewis et le Crédit social de Réal Caouette qui font élire respectivement 95, 16 et 11 députés. La stratégie d'appui au gouvernement libéral s'est avérée néfaste pour le NPD qui a perdu 15 sièges et pour son chef David Lewis qui a été défait dans sa propre circonscription. Celui-ci quittera bientôt ses fonctions, tout comme le chef progressiste-conservateur Stanfield qui, après trois défaites consécutives, sera remplacé en 1976 par Joe Clark.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Ivan Guay, « Le sondage définitif »

«...Mais le facteur qui jouera le plus contre les libéraux, en ce qui concerne la qualité de leur législation, sera l'absence des néo-démocrates comme aiguillon parlementaire. Redevenus majoritaires, les libéraux ne seront plus obligés de présenter des mesures qui tiennent compte des exigences populaires, telles que les concevaient les néo-démocrates. Il est même fort probable qu'ils reviendront plus ou moins à une certaine arrogance qui a caractérisé leur premier mandat de 1968 à 1972. L'élection d'hier en redonnant au Canada un gouvernement libéral majoritaire met les libéraux à une dure épreuve. Car ils devront faire maintenant la preuve qu'ils méritent la confiance des citoyens. Si les néo-démocrates se sont déconsidérés dans l'esprit des électeurs en provoquant des élections, les libéraux par ailleurs n'auront plus l'excuse de l'obstruction des tiers partis. Au cours des quatre prochaines années ils seront les seuls responsables de leurs carences législatives et administratives. »

La Presse (Québec, Canada), 9 juillet 1974, p. A4.

Oliver Todd, « Un Canadien à deux voix »

«...La partie qui se jouera dimanche au Canada est importante, à l'échelle des deux Amériques et du monde. Ce pays est à des années-lumière du socialisme démocratique. Mais avec Trudeau demeurera une société où les jeux ne seront pas faits, pas fermés comme avec Stanfield. Deux dangers menacent le Canada lundi prochain : si Stanfield l'emporte sans avoir quelques députés au Québec, les conservateurs deviendront un parti totalement anglophone; si Trudeau se maintient en gagnant des sièges au Québec mais en perdant certains anglophones, au coeur de l'Ontario - province clef - , alors les libéraux sembleront être, eux, un parti régionaliste francophone. (...) Une quasi-certitude : il y aura un gouvernement minoritaire. Quelquefois cette tradition canadienne bloque les rouages. Elle a souvent des avantages : elle permet à l'opposition de jouer un rôle, à une fraction de l'électorat de participer, à travers ses élus, au pouvoir. Et s'il y avait aussi un « modèle canadien » ? »

Le Nouvel Observateur (France), 8 juillet 1974, p. 40.

Raymond Dubé, « Une élection utile »

«.­..Le vote d'hier a donné raison à tous les observateurs qui s'entendaient pour dire depuis des semaines que la partie se jouerait dans l'Ontario. Et les libéraux y ont effectué un retour sensationnel probablement bien meilleur qu'ils l'espéraient. (...) Serait-ce la réponse de gens qui ont voulu montrer leur mécontentement pour ces élections générales dont on ne voulait pas et dont on ne sentait pas l'urgence ? Mais ce n'est qu'une facette de la réaction populaire ontarienne, qui a surtout voulu se donner un gouvernement majoritaire et qui, ayant oublié sa crainte du French Power, a choisi le premier ministre et l'équipe qui lui semblait la plus apte à diriger le pays au cours des prochaines années et à apporter une solution efficace aux graves problèmes de l'heure, en particulier celui de l'inflation, avec laquelle les Canadiens se sont habitués à vivre, même s'ils en subissent tous, les inconvénients. Dans la province la plus riche du pays, la crainte du gel des prix et des salaires préconisé par M. Stanfield a eu l'effet d'un boomerang. »

Le Soleil (Québec, Canada), 9 juillet 1974, p. 4.

M.S.C., « The Rainmaker Redeemed »

«...The result is a tribute to Prime Minister Trudeau who fought what was obviously a tough, effective campaign. It was also a supremely cynical campaign, pitched deliberately to say nothing at all to the know-nothings. In 1968, Trudeau's campaign was "love me"; in 1972 it was "I know best"; and this time it was a hard-hitting "What, me worry ?" By avoiding the press except in carefully managed confrontations, by unfolding a raft of goodies and by unleashing Margaret, Trudeau has done it yet again, thus ensuring his hold on office until he hits 60 years of age. The tip-off, in retrospect, that everything was roses for the Grits was the Gallup Poll that showed Trudeau to be the most "sincere" of the leaders. How can you fight the evident sincerity in those squinty eyes that promise goodies (after vowing not to offer them) and that put his family on display (after swearing to keep his private life separate) ? »

The Canadian Forum (Canada), août 1974, p. 2.

Éditorial

«...The Canadian election should cheer governing parties and dismay wage-and-price control advocates everywhere. It reversed the '70's trend of governments succumbing to voter wrath over worldwide inflation. That trend nearly toppled Prime Minister Pierre Elliott Trudeau's Liberals in 1972 and did reduce them to tenuous minority rule. Now he has come back, at age 54 and after six years in office, with a comfortable 140 seats in the 264-member House of Commons, which should be enough to see him through the next five years. Mr. Trudeau came as close as a politician could to campaigning for more inflation. That is, he ran on his record of doing little about it, calling it too big to be handled nationally, and attacking the Progressive Conservatives' program, which closely resembled Phases One and Two of recent American memory. To Canadian voters on Monday, at least, the proposed cure looked worse than the disease. »

The Sun (États-Unis), 10 juillet 1974.

Gouvernance et gouvernement [ 8 juillet 1974 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Canada
ÉlevéJules LégerPierre Elliott Trudeau

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1969 - 1979



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1972
Réélection au Canada du Parti libéral de Pierre Elliott Trudeau

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1974
Réélection au Canada du Parti libéral de Pierre Elliott Trudeau

juillet
1974
[Résultats] Élections législatives

juillet
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1979
Élection au Canada du Parti progressiste-conservateur de Joe Clark

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1979
[Résultats] Élections législatives


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