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22 mai 1979

Élection au Canada du Parti progressiste-conservateur de Joe Clark

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

Joe Clark faisant la couverture du Time magazine en 1976
Bibliothèque et Archives Canada

Le Parti progressiste-conservateur de Joe Clark remporte les élections législatives avec 35,6 % des voix. Il fait élire 136 députés à la Chambre des communes contre 114 pour ses plus proches rivaux, les libéraux de Pierre Elliott Trudeau.

Cette victoire des progressistes-conservateurs met fin à onze années de règne libéral à Ottawa. À sa première élection générale à la tête des « Tories », le chef Joe Clark, un Albertain de 39 ans, réussit à former un gouvernement minoritaire avec 136 députés contre 114 pour les libéraux de Pierre Elliott Trudeau. Ce dernier annoncera son retrait de la vie politique plus tard dans l'année. Pour gouverner, Clark doit composer avec l'appui du Nouveau Parti démocratique (NPD) d'Ed Broadbent qui, avec ses 26 députés, détient la « balance du pouvoir ». Les libéraux subissent un net recul un peu partout au pays, sauf au Québec où 61,7 % des électeurs leur accordent leur confiance. L'autre formation représentée à la Chambre des communes, le Crédit social, passe pour sa part de 11 à 6 députés. L'inexpérience des progressistes-conservateurs jouera un rôle déterminant dans le renversement du gouvernement qui surviendra quelques mois plus tard et qui entraînera la tenue d'une autre élection générale en février 1980.

Résultats du scrutin

Dans les médias...


Michel Roy, « Le double choix des Canadiens »

«...Hors du Québec, il est vrai que le Canada anglais a rejeté, voire répudié les libéraux qui exerçaient le pouvoir depuis 16 ans et M. Trudeau qui en était devenu la vivante incarnation depuis 11 ans. Pourquoi ? Les causes ne sont pas partout les mêmes dans ce pays de communautés si différentes. Certaines sont communes à presque toutes les provinces : usure inévitable d'un régime qui a traversé des épreuves et des crises difficiles; conjoncture économique défavorable dans le monde industrialisé; chômage élevé, dollar affaibli, inflation persistante. (...) Plus à l'Ouest, mais aussi en Ontario dans une certaine mesure, le Canada anglais a manifesté dans son verdict un ressac, parfois inavoué, envers le régime du French Power, non pas toujours pour des raisons linguistiques ou culturelles, mais parce que ce pays, après une décennie avec Pierre Trudeau, recherche un homme moins crispé en matière constitutionnelle, plus attentif aux besoins concrets et régionaux des gens, plus représentatif du vrai Canada, plus respectueux du pouvoir et de la personnalité des provinces. Bref, le Canada anglais, en particulier l'Ontario et l'Ouest, ne se reconnaissait plus dans le gouvernement de Pierre Trudeau... »

Le Devoir (Québec, Canada), 24 mai 1979, p. 4.

Marcel Pépin, « Clark face au défi québécois »

«...Le Québec s'est exclu du pouvoir. Le nouveau premier ministre Joe Clark hérite d'un pays fragmenté qui ne sera pas aisé à gouverner. Son premier défi consistera à apaiser la rancoeur des Québécois, à vaincre leur méfiance et à gagner leur appui. Pour la première fois depuis longtemps, le parti ministériel sera quasi entièrement dominé par les anglophones. Cette situation peut paraître à d'aucuns catastrophique. Mais elle peut aussi s'avérer le point de départ d'une discussion plus sensée entre anglophones et francophones. C'est à M. Joe Clark d'en décider. Dès les premières semaines de son mandat, M. Clark devra manifester des qualités exceptionnelles de leadership pour éviter que la polarisation du vote n'enclenche un processus de durcissement ente le Québec et le Canada anglais. Parce qu'il doit absolument poser des gestes concrets pour rassurer les Québécois, M. Clark devra donc, un peu paradoxalement, négliger ceux qui l'ont porté au pouvoir, pour mieux prouver à ceux qui l'ont rejeté son désir sincère de ne pas couper le Québec du reste du pays. »

Le Soleil (Québec, Canada), 23 mai 1979, p. A4.

Philippe Meyer, « Qui veut du Canada ? »

«...La réactivation de l'opposition entre anglophones et francophones, la tendance marquée des provinces riches à préférer leurs pouvoirs et leurs intérêts propres à l'unité canadienne et le danger que représente un Pierre Trudeau organisateur de l'opposition peuvent pousser le gouvernement et le Parti québécois à préciser la date du référendum sur la « souveraineté-association ». Peu de périodes pourront être meilleures. Non seulement le Canada vient de dire qu'il en avait assez du « French power » et de la question du Québec, mais la majorité des provinces a ajouté qu'elle n'était pas prête à supporter trop de Canada. Depuis 1960 et la révolution tranquille de Jean Lesage, cette incompréhension et cette lassitude des Canadians à l'égard des Québécois se résumaient en une phrase : « Que veut le Québec ? » Après l'avènement de Joe Clark, il semble fort que le berger va pouvoir répondre à la bergère : « Qui veut du Canada ? » »

Le Nouvel Observateur (France), 28 mai 1979, p. 68.

Éditorial

«...The election had been so long anticipated that many voters had probably long ago made up their minds to seek a change and the campaign increasingly took over the style of an American presidential election : the sophisticated, city-born, bilingual Trudeau versus the untested boyish Joe Clark. Whatever the complexities of the Canadian election it is difficult to resist arguing that the key lesson to be taken from both the Canadian and British elections by all potential presidential candidates is simply the lesson of Proposition 13 on an international scale : a revolt by angry and frustrated taxpayers against lavish and spendthrift government, a hunger that legislators no longer excuse the indiscrimate use of the taxpayers' hard-earned money with a plea for compassion, a fervent hope that the individual will regain some control over the fruits of hard work and initiative. »

New York Post (États-Unis), 24 mai 1979.

Éditorial

«...Canadians did not vote in Conservative leader Joe Clark with any appreciable enthusiasm and the question is whether he will be able to overcome his inexperience quickly enough to provide stable leadership of the country. His will be a minority government. He will be able to get legislation through the House of Commons only with some supporting votes from the other parties. If he falters and fails to win a vote of confidence on some issue, Canada could well face another election before long. In fact Mr. Clark may seek such an election within the next two years in order to try to increase his party's present slim edge. While the youthful Mr. Clark does not make a dazzling first impression, especially debating against the intellectually brilliant Mr. Trudeau, it is probably prudent to withhold judgment. (...) He managed to bring the Progressive Conservative Party together, a party made up (unlike the Tory party in Britain) of many disparate elements. He learned to speak French. If he can put together a strong cabinet representing the party's different segments (...) and one including Quebeckers he perhaps will be able to pull the country with him and overcome the present political polarization. »

The Christian Science Monitor (États-Unis), 24 mai 1979.

Gouvernance et gouvernement [ 22 mai 1979 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Canada
ÉlevéEdward SchreyerPierre Elliott Trudeau

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1974 - 1984



juillet
1974
Réélection au Canada du Parti libéral de Pierre Elliott Trudeau

juillet
1974
[Résultats] Élections législatives

juillet
1976
Boycott des Jeux olympiques de Montréal par des pays africains

mai
1979
Élection au Canada du Parti progressiste-conservateur de Joe Clark

mai
1979
[Résultats] Élections législatives

février
1980
Élection au Canada du Parti libéral de Pierre Elliott Trudeau

février
1980
[Résultats] Élections législatives

mai
1980
Tenue d'un référendum sur la souveraineté-association au Québec

avril
1982
Rapatriement constitutionnel au Canada

septembre
1984
Élection au Canada du Parti progressiste-conservateur de Brian Mulroney

septembre
1984
[Résultats] Élections législatives


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