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20 mai 1980

Tenue d'un référendum sur la souveraineté-association au Québec

Texte rédigé par l'équipe de Perspective monde

René Lévesque

Lors d'un référendum qui se tient au Québec, la seule province à majorité francophone du Canada, seulement 40,5 % des électeurs se prononcent en faveur du projet de souveraineté-association que le gouvernement québécois demande la permission de négocier avec le gouvernement fédéral.

Depuis 1976, la province de Québec est gouvernée par le Parti québécois, une formation dont l'objectif premier est la réalisation de l'indépendance politique du Québec. En 1980, un référendum est tenu auprès de l'électorat afin de solliciter un mandat de négocier avec Ottawa une entente basée sur le concept de la souveraineté-association qui donnerait au Québec « le pouvoir exclusif de faire ses lois, de percevoir ses impôts et d'établir ses relations extérieures, tout en conservant une association économique avec le Canada ». Plus de 85 % de la population participe à cette consultation qui se solde par une victoire décisive du Non, 59,5 % contre 40,5 %. Tirant ses conclusions de cette défaite, le premier ministre québécois René Lévesque déclare le soir du 20 mai que « la balle vient d'être renvoyée dans le camp fédéraliste ». Après une période d'accalmie, la question constitutionnelle sera à nouveau au coeur de l'actualité au début des années 90 avec l'échec de l'Accord du lac Meech visant à faire adhérer le Québec à la Constitution canadienne.

Dans les médias...


Marcel Adam, « Réponse sans équivoque des Québécois »

«...Parce que les Québécois ont toujours vécu dans l'insécurité et que celle-ci sera toujours leur lot, quel que soit le type de société politique qu'ils se donneront, ils ne pourront jamais se sentir complètement rassurés et confiants pour l'avenir en prenant une orientation plutôt qu'une autre. En choisissant de demeurer dans la fédération canadienne, les Québécois ont refusé le risque que comportait à leurs yeux l'option péquiste, mais pour prendre un autre risque qui leur semblait moins aventureux en ayant fait l'expérience depuis 113 ans. C'est pourquoi la victoire des tenants du non ne peut procurer une joie sans mélange à ceux qui savent que les Québécois sont destinés à vivre dangereusement. Et à cause de cela des choses doivent changer au Canada et rapidement. M. Lévesque a dit hier soir que la balle est maintenant dans le camp des fédéralistes. Il a raison. S'il y a une chose de certaine dans ce référendum c'est que le Québec veut un changement. »

La Presse (Québec, Canada), 21 mai 1980, p. A6.

Lise Bissonnette, « Ne pas couper le vin »

«...Plusieurs estimeront, et pas seulement parce qu'ils aiment gouverner, que leur attachement à l'idée de souveraineté coûte trop cher dans ces circonstances et qu'il vaut mieux prendre acte du NON et la remiser, au risque que ce soit définitivement. Mais on peut très bien soutenir aussi que la voie de la souveraineté reste la seule qui, à long terme, assure le progrès du Québec. Si le Parti québécois est convaincu, comme il l'a toujours été, que le régime fédéral l'empêche de servir efficacement les citoyens dans les domaines vitaux pour le développement de la province, il pourrait rapidement, même en gardant le pouvoir, se heurter à l'impossibilité de certaines réformes, notamment dans le domaine économique. Ses succès remarquables sur le plan linguistique, ou sur un plan social comme la réforme du code civil, ont pu faire illusion. Mais ils restent limités aux domaines de compétence provinciale sous la présente constitution. S'il fallait que le Parti québécois, une formation forte, démocratique et désormais fort bien enracinée renonce à l'objectif souverainiste, à tenir la porte ouverte sur cette solution, il pourrait donc lui-même condamner le Québec à une impasse. »

Le Devoir (Québec, Canada), 23 mai 1980, p. 8.

Franz-Olivier Giesbert, « Québec : un rendez-vous manqué »

«...Parce que, tous comptes faits, elle [La Belle Province] trouve bien des avantages dans le fédéralisme canadien, surtout s'il est renouvelé, comme on le lui a promis. Elle sait que le pétrole de l'Alberta, qui arrive dans les raffineries de Montréal, ne lui revient pas très cher : deux fois moins, en fait, que celui qu'il faudrait acheter, après l'indépendance, au cours mondial. Elle ne peut non plus s'empêcher de se rengorger quand elle songe à Pierre Elliott Trudeau, qui préside avec tant de majesté aux destinées du Canada : un Québécois qui a truffé de francophones les postes clés de son gouvernement, comme la Justice, la Défense ou l'Énergie. Alors... Paradoxalement, les péquistes ont aussi été victimes de leur succès : au pouvoir depuis quatre ans, ils ont prouvé qu'il était possible de changer le Québec sans le sortir du Canada. »

Le Nouvel Observateur (France), 26 mai 1980, p. 34.

Christian d'Epenoux, « Québec : la sanction des urnes »

«...C'est « Québec-Non ». Le vieux rêve a sombré, le 20 mai, balayé par une vague d'une force inattendue : près de 60% de « non ». Non à la « souveraineté-association », prônée par le Premier ministre québécois René Lévesque. Non à cette première étape vers une possible indépendance à long terme. Plus rassurantes ont paru les sécurités de l'amarrage fédéral que l'aventure du romantisme irrédentiste. Nuit de colère et veillée de tristesse : les partisans du « oui » avaient apporté au combat une ferveur quasi religieuse. Ils étaient 7 000, mardi soir, venus célébrer dans une salle de Montréal le Te Deum de la victoire : ils n'ont pu accueillir en serrant les poings que le héros défait de cette croisade à laquelle il avait consacré la moitié de sa vie. Épuisé, bouleversé par l'échec, mais remercié par une longue ovation délirante, René Lévesque n'a pu retenir ses larmes. « Ce soir, dit-il, est le dernier sursaut du vieux Québec. »»

L'Express (France), 31 mai 1980, p. 48.

Éditorial

«...The result was a great victory for Canada but it was not a signal for smugness or complacency. More than 40 per cent of Quebecers were sufficiently discontented with federalism as it exists today, and sufficiently despairing of seeing it improved, to vote to give the Quebec government a mandate to negotiate sovereignty-association. They voted yes for different reasons - because they truly wanted independence or because they thought a yes vote was the only way to bring about the changes they felt necessary. Whatever their reasons, their votes were an expression of honest and deeply-felt belief. Their disappointment today will be real and acute. Among the 60 per cent who rejected that mandate, the vast majority believe that their decision will open the door to changes which will make Canada's political structures better serve the people of Quebec and those of all the regions of Canada. That is an expectation which must not be disappointed if Canada is to survive. »

Winnipeg Free Press (Canada), 21 mai 1980.

Gouvernance et gouvernement [ 20 mai 1980 ]

PaysNiveau de démocratieChef de l'ÉtatChef du gouvernement

Canada
ÉlevéEdward SchreyerPierre Elliott Trudeau

Les informations précédentes renvoient précisement à la date de l'événement. Le niveau de démocratie est établi à partir des travaux de l'équipe de Polity IV. L'indice renvoie à la démocratie institutionnelle. Les noms des gouvernants sont établis à partir de nos bases de données les plus récentes. Là où on ne trouve aucun nom pour chef du gouvernement, il faut conclure que le chef de l'État est aussi, et sans intermédiaire, le chef du gouvernement, ce qui est le cas des systèmes présidentiels classiques (les États-Unis par exemple).

Évolution des composantes du système politique

ProfilGouvernantsDémocratiePartis politiques

Obtenez des informations supplémentaires sur le profil général des pays, les gouvernants, le niveau de démocratie et les différents partis politiques ayant oeuvré sur la scène nationale depuis 1945.
 

Chronologie 1975 - 1985



juillet
1976
Boycott des Jeux olympiques de Montréal par des pays africains

mai
1979
Élection au Canada du Parti progressiste-conservateur de Joe Clark

mai
1979
[Résultats] Élections législatives

février
1980
Élection au Canada du Parti libéral de Pierre Elliott Trudeau

février
1980
[Résultats] Élections législatives

mai
1980
Tenue d'un référendum sur la souveraineté-association au Québec

avril
1982
Rapatriement constitutionnel au Canada

septembre
1984
Élection au Canada du Parti progressiste-conservateur de Brian Mulroney

septembre
1984
[Résultats] Élections législatives


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